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11/01/22 | 23 h 08 min par Vincent Metten

Jeux olympiques d’hiver en Chine : souvenez-vous de Mohamed Ali !

De nombreux pays n’enverront pas de diplomates assister aux Jeux. Des millions de victimes de l’oppression chinoise voudraient que les Jeux soient déplacés ou annulés. Ne vous faites pas instrumentaliser par le Parti communiste chinois.

Par Vincent Metten, directeur des Affaires européennes – International Campaign for Tibet

Alors que les Jeux olympiques d’hiver débuteront à Pékin dans moins d’un mois, j’imagine un athlète montant sur le podium, refusant la médaille et déroulant à la place une bannière arborant le mot « Vérité ». Le monde du sport ne manque pas de tels modèles de courage ; on se souvient par exemple de Mohamed Ali, un des plus grands sportifs de tous les temps qui a refusé d’être enrôlé dans une guerre qui n’était pas la sienne.

« Sportswashing »

Les Jeux olympiques de notre époque sont empreints d’un bon nombre de contradictions, entre les nobles valeurs qu’ils cherchent à promouvoir, et leur trahison ; les nationalismes exacerbés, et les tentatives de les dépasser ; leur beauté, et leur laideur. Ils sont finalement un parfait reflet de leur époque. Pour les officiels, ils représentent avant tout un business à plusieurs milliards de dollars ; pour les pays organisateurs, une opportunité de se placer sur le devant de la scène internationale ; et pour les tyrans, une chance de camoufler leurs crimes – un procédé aussi connu sous le nom de sportswashing.

Et l’Europe ?

Les États-Unis, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Royaume-Uni et le Canada ont décidé de ne pas envoyer de diplomates assister aux Jeux. Espérons que d’autres gouvernements en Europe ainsi que l’Union européenne prennent une décision similaire, comme l’a d’ailleurs proposé le Parlement européen dans une résolution en 2021.

Des Jeux déplacés ou annulés

À l’approche des Jeux d’hiver, Dhondup Wangchen – un militant et réalisateur tibétain – tente désespérément d’interpeller les gouvernements, les fédérations sportives nationales et le Comité international olympique (CIO) sur la réalité de la situation sur place au Tibet. Pour avoir osé exposer les crimes commis dans son pays natal en amont des Jeux olympiques d’été en 2008, il a passé six ans dans un camp de travail. Aujourd’hui, comme des millions d’autres victimes de l’oppression chinoise, il voudrait que les Jeux soient déplacés dans un autre pays ou annulés. Mais cet espoir s’amenuise de jour en jour.

Piètres Thomas Bach et CIO

Le rôle du président du CIO Thomas Bach dans cette affaire n’est pas brillant et mérite d’être épinglé. Non seulement il est resté silencieux face aux violations des droits humains commis par le gouvernement chinois, mais il est en plus accusé de complicité avec les dirigeants de Pékin responsables de la disparition de la joueuse de tennis Peng Shuai. Il faut ici applaudir la courageuse décision du président de l’Association des joueuses de tennis, Steve Simon, de suspendre les tournois de tennis en Chine et à Hong Kong.

Les athlètes, les héros ?

Il reste à espérer que les athlètes qui participeront aux Jeux olympiques d’hiver de Pékin feront mieux que leur grand patron. Ne vous faites pas intimider, ne vous faites pas instrumentaliser par le Parti communiste chinois. Marchez dans les pas des vrais héros !