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04/06/22 | 8 h 24 min par Benjamin Chabert

À Hong Kong, les autorités entravent les commémorations du massacre de Tiananmen

Le 04 juin 2021, dernière veillée aux chandelles à Hongkong en mémoire aux victimes du massacre de Tiananmen AFP/Isaac Lawrence

À Hong Kong, les autorités entravent les commémorations du massacre de Tiananmen

Il n’y aura pas de messe pour commémorer le massacre de Tiananmen cette année : l’Église craint le retour de bâton des autorités.

Pour la première fois en trente-trois ans, aucune messe catholique n’aura lieu à Hong Kong en mémoire du massacre de la place Tiananmen le 4 juin 1989 à Pékin, et de ses milliers de victimes. C’est ce qu’a annoncé Martin Ip, aumônier de la Fédération des étudiants catholiques dans la région.

Officiellement pourtant, rien ne l’interdit. Mais l’autocensure s’impose aux ecclésiastiques qui, le cœur gagné par la peur, jurent de « ne pas enfreindre la loi ». Cette loi de « sécurité nationale », a été imposée par Pékin en 2020 au territoire de moins en moins autonome, officiellement pour lutter contre la « subversion » et le « terrorisme ». Elle a accéléré le calfeutrage des libertés et une féroce purge mémorielle.

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En deux ans, les références aux victimes à Tiananmen ont disparu des bibliothèques de nombreuses universités. Les veillées aux chandelles du 4 juin, rassemblant des milliers de personnes, ont été interdites ; le musée Tiananmen a fermé ; les sculptures commémoratives ont été déboulonnées. Ne restaient plus que les offices religieux…

Mi-mai, la brève détention du trop libéral cardinal Zen, nonagénaire et ancien archevêque de Hong Kong, avait envoyé un avertissement explicite, à moins d’un mois des commémorations : la traque aux « agents de l’étranger » par le Bureau du commissaire, représentation de Pékin à Hong Kong, n’épargne pas les religieux.

Enfin, la nomination, le 8 mai, à la tête de l’exécutif de John Lee, porte-flingue de Pékin, zélé exécutant de la loi de « sécurité nationale », a été l’ultime signal d’alerte pour les 400 000 catholiques qui résident à Hong Kong, assignés à éteindre d’un seul souffle cierges et mémoire.