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14/08/15 | 13 h 53 min

Au milieu de la répression, les questions sur la mort de Tenzin Delek persistent

Tenzin_delek

Tenzin Delek Rinpoché, 65 ans est décédé le 12 juillet dernier à la 13ème année de sa peine à perpétuité imposée pour ce que les groupes de défense des droits et des partisans ont décrit comme une condamnation injustifiée, sur des accusations d’attentat à la bombe. Il était largement respecté des Tibétains pour ses efforts visant à protéger la culture tibétaine et l’environnement. Au cours des dernières semaines, les autorités du Comté de Nyagquka (en chinois, Yajiang, d’où était natif Tenzin Delek Rinpoché, ont ordonné aux résidents de cesser de parler ouvertement des circonstances entourant sa mort. «Après sa mort, les autorités chinoises ont commencé à mener des activités de rééducation politiques dans la région, à demander aux Tibétains de ne plus en parler, arguant que cela pourrait conduire à des émeutes», déclarait Yonten, Tibétain vivant en exil, notant que de nombreux résidents locaux sont affiliés au monastère Kham Nalanda Thekchen Jangchub Choling du Rinpoché. «Les autorités ont également essayé de faire comprendre à la population que Tenzin Delek Rinpoché était mort d’une mort naturelle, et avait reçu tous les soins médicaux possibles » Selon Yonten, les jeunes Tibétains dans le comté ont été «forcés à s’engager dans des entraînements et des exercices militaires», tandis que ceux qui ne s’y conforment pas sont «détenus pendant plusieurs jours» et soumis à une rééducation forcée. Les fidèles qui voulaient assister à une prière rituelle en la mémoire du Rinpoché au monastère de Kham Calanda Thekchen Jangchub Choling n’ont pas eu l’ autorisation pour s’y rendre. Les résidents doivent d’ailleurs obtenir un laissez-passer spécial pour se rendre à proximité du site. Un important dispositif des forces armées militaire est toujours déployé dans la région et entour le monastère du Rinpoche. Le 30 juillet dernier les autorités avait libéré la soeur et la nièce de Tenzin Delek Rinpoché, après qu’elles aient été détenues dans un lieu tenu secret pendant deux semaines, nous indique le Tibetan Centre for Human Rights and Democracy (TCHRD). Elles avaient été arrêtées dans la capitale du Sichuan, Chengdu, soupçonnées d’avoir partagé des informations avec l’étranger sur la mort du Rinpoché. TCHRD indique qu’il n’est pas impossible que les deux femmes aient été soumises à des passages à tabac et de l’intimidation, éventuellement de la torture lors de leur détention. Elles sont placées sous surveillance policière depuis leur libération. « Elles sont invitées à ne pas rencontrer et parler avec leurs proches et amis, et ne sont pas autorisées à se déplacer loin de leur domicile.»

Appel à une enquête

Avant d’être arrêtée, Dolkar Lhamo avait lancé un appel aux autorités pour obtenir une explication sur les circonstances entourant la mort de son frère ; elle avait également soumis un résumé de la constitution chinoise qui indique les procédures requises suite à la mort d’un prisonnier appartenant à un groupe de minorité nationale. « Mais les autorités ont refusé de prendre en compte ces réclamations. » Dans sa déclaration la semaine dernière, TCHRD a appelé à une «enquête indépendante et impartiale» sur la mort du moine, indiquant que le Gouvernement chinois a une obligation devant la justice de déterminer si sa mort a été causée intentionnellement ou par négligence. Malgré les protestations de sa famille, le corps du Rinpoché avait été incinéré par les autorités pénitentiaires le 16 juillet dernier. Traduction France Tibet]]>

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