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12/01/21 | 18 h 32 min par Hélène David

BRUMATH / HUAWEI en ALSACE : Jean-Louis Fullsack, ingénieur en Télécom met en garde contre l'implantation de Huawei.

Implantation de Huawei  à Brumath en Alsace: les mises en garde d’un spécialiste.

Le projet d’installation du géant des telecoms Huawei en Alsace, commencerait-t-il à défrayer la chronique ? Cette surprenante installation a été aussi soulevée par Monsieur Jean-Louis Fullsack[1], directeur adjoint honoraire de France-Telecom au travers d’un mémorandum d’une quinzaine de pages. Il nous est apparu nécessaire de vous faire partager un article publié dans le quotidien régional « les Dernières Nouvelles d’Alsace » de ce 9 janvier 2021[2], dont nous partageons pleinement les propos :  » une erreur à la fois éthique et stratégique « . Nous vous rappelons notre article, sur ce même sujet, paru dans Alternatives Pyrénées du 2 janvier 2021[3] : « La naïveté en général est mortelle« . Nous n’aurons jamais de cesse de répéter la première phrase de la Constitution française du 4 octobre 1958 : « Le peuple français proclame solennellement son attachement aux droits de l’Homme et aux principes de la souveraineté nationale tels qu’ils ont été définis par la Déclaration de 1789 … ». Et c’est bien le cas de notre souveraineté nationale et européenne qui est soulevée dans cet article. Question de souveraineté, nous sommes servis avec la crise du covid19 !  Le bureau de France-Tibet  

Les Dernières Nouvelles d’Alsace du 9 janvier 2021

Directeur adjoint honoraire de France Télécom, l’Alsacien Jean-Louis Fullsack a adressé aux institutions européennes et collectivités locales un mémorandum réclamant l’abandon de l’implantation de Huawei en Alsace. Ingénieur en télécommunication expert pour les Nations Unies, ce spécialiste retraité émet d’importantes réserves d’ordre éthique et économique et propose une « alternative européenne ». « On ne peut se prévaloir des valeurs européennes et de l’humanisme rhénan et faire rentrer en notre sein le plus intime, celui des télécommunications, un tel prédateur. » Pour Jean-Louis Fullsack, directeur honoraire de France Telecom qui fut expert des télécommunications des Nations unies, cela ne fait pas un pli : la future implantation du chinois Huawei en Alsace, relève de l’erreur, à la fois éthique et stratégique. Dans un  mémorandum d’une quinzaine de pages adressé – avant que le choix ne soit officialisé- à la Commission européenne, au Parlement européen, à l’Euro métropole de Strasbourg et à la Région Grand Est, cet expert souligne avec inquiétude la  » conduite hégémonique » de l’industriel « instrumentalisé par un Etat-parti« . Pour ce spécialiste, l’apport technologique de Huawei est au service d’une gouvernance autoritaire de la Chine, qui, estime-t-il « représente une menace majeure quant aux droits de l’homme, au respect de la vie privée et à la sécurité des communications. » Il insiste sur l’usage des technologies de vidéosurveillance et de reconnaissance faciale dont Huawei est le premier constructeur mondial. Risque pour la souveraineté européenne. Voilà pour l’argument éthique. Mais Jean-Louis Fullsack appuie également son développement sur un aspect économique et stratégique, celui de la souveraineté européenne en matière de technologies numériques. Il estime « qu’offrir à Huawei une espace au cœur de l’Europe » revient à  » signer la condamnation des deux seuls groupes européens lui résistant encore : le suédois Ericsson et le Finnois Nokia. L’Europe abandonnera ainsi sa souveraineté dans le domaine stratégique des technologies de l’information et de la communication qui interférent dans tous les secteurs d’activité et conditionnent l’évolution de la société » alerte l’expert qui milite en d’autres termes pour un protectionnisme européen. Rappelons qu’un certain nombre d’Etats européens, parmi lesquels la France, ont d’ores et déjà opté pour un bannissement des équipements Huawei dans les réseaux 5G, équipements qui devraient notamment être produits à Brumath. Mais « ne fantasmons pas les pouvoirs des autorités de régulations« , met en garde Jean-Louis Fullsack qui prédit qu’à moyen terme,  » la régulation pourra être contournée. Dans un marché ultralibéral, les régulateurs n’ont d’autres choix que de tenir compte des lois du marché », considère-t-il. Alors que la première pierre de l’usine de Brumath devrait être posée au deuxième semestre de cette année après la signature d’une promesse de vente en décembre dernier, l’ingénieur retraité espère encore l’abandon de ce projet industriel. Et propose une « alternative respectant les intérêts économiques et les valeurs éthiques et démocratiques de l’Union européenne« . Pour la création d’un « pôle européen des technologies numériques » à Strasbourg. Il recommande la création au sein du Parc d’innovation D’Illkirch-Graffenstaden, d’un « Pôle européen des technologies numérique » qui associerait Ericsson et Nokia, en synergie avec les institutions et établissements locaux (parmi lesquels Alcatel-Lucent Entreprise, Altran Technologies, ou Telecom Physique Strasbourg). « Ce pôle pourrait être un établissement de conception et/ou de fabrication de composants, d’équipements et de logiciels, voire être doté d’un centre de recherche et développement associé », plaide le spécialiste. Seule destinataire à avoir donné suite à cette missive, la vice-présidente exécutive de la Commission européenne, Margrethe Vestager, ne répond pas sur les inquiétudes liées à l’implantation de Huawei mais insiste, dans un courrier daté du 23 décembre, « sur sa conviction quant au besoin urgent d’investissement dans le numérique en Europe, qui sont vitaux pour garantir la compétitivité de l’écosystème européen des télécoms« . Hélene David DNA   [1] http://jlfullsack.eu/wp/presentation-du-blog/biographie/ [2] https://www.dna.fr/economie/2021/01/10/implantation-de-huawei-les-mises-en-garde-d-un-specialiste [3] https://alternatives-pyrenees.com/2021/01/02/la-naivete-en-general-est-mortelle/    ]]>