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19/05/22 | 8 h 46 min par l'Express

CHINE et PACIFIQUE : comment la Chine avance ses pions

Image aérienne de bâtiments incendiés lors d’émeutes à Honiara, le 25 novembre 2021 aux Iles Salomon afp.com/Robert TAUPONGI

Chine – Etats-Unis : comment Pékin prépare la bataille du Pacifique

Pékin, qui vient de conclure un accord de sécurité avec les Iles Salomon, avance ses pions dans la région. Et rêve d’étendre son réseau de bases militaires.

Eté 1942, un corps expéditionnaire dirigé par les Américains débarque à Guadalcanal, la plus grande des Iles Salomon, en plein océan Pacifique. Pendant six mois, les Alliés mènent une opération militaire pour déloger les troupes japonaises et sécuriser les voies d’approvisionnement entre les Etats-Unis, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. L’opération « Watchtower » allait bouleverser le cours de la guerre. Quatre-vingts ans plus tard, une nouvelle bataille du Pacifique a pour théâtre l’archipel, mais elle oppose cette fois un nouveau rival aux Américains : la Chine.

Le 19 avril, Pékin a signé un accord de sécurité avec les Iles Salomon lui permettant potentiellement d’y prendre pied militairement. Alarmé, Washington rouvre en catastrophe son ambassade locale – fermée depuis 1993. De leur côté, les Australiens s’inquiètent de l’envoi possible de troupes chinoises à 2000 kilomètres de leurs côtes. Et la France, dont la Nouvelle-Calédonie est toute proche, juge la situation « préoccupante ».

La Chine ne compte pour l’heure qu’une base à l’étranger

« Tout ce qui peut affaiblir les positions occidentales est bon à prendre pour les Chinois, explique Sophie Boisseau du Rocher, chercheuse au Centre Asie de l’Institut français des relations internationalesLe Pacifique est un espace qui se remilitarise et devient un champ de rapports de force. Les incursions de la marine chinoise.

 

Pour rappel article de « la dépêche de Tahiti » du 29 juillet 2021 

Emmanuel Macron « flingue » le projet chinois de ferme aquacole à Hao

Selon Emmanuel Macron, le projet de ferme aquacole de Hao, bien que soutenu par le Pays depuis plus de huit ans, n’est « pas une bonne idée ».

Le président du Pays, Édouard Fritch, au côté de Wang Chen lors d'une opération de contrôle des travaux préparatoires réalisés à Hao par le Pays pour accueillir la ferme aquacole : digue de protection, route de contournement… pour un coût estimé proche du milliard de francs.
Le président du Pays, Édouard Fritch, au côté de Wang Chen lors d’une opération de contrôle des travaux préparatoires réalisés à Hao par le Pays pour accueillir la ferme aquacole : digue de protection, route de contournement… pour un coût estimé proche du milliard de francs. (©archives)

La Dépêche de Tahiti

Mon actu

«Je vois parfois des projets oserais-je dire « exotiques », aventureux, aux financements incertains, aux créations d’emplois improbables avec d’étranges investisseurs. Méfiez-vous ! Ça n’est pas une bonne idée. » Ces quelques mots d’Emmanuel Macron, prononcés mardi soir à la présidence lors de sa dernière allocution avant son départ de Tahiti, ressemblent à un enterrement en règle du projet de ferme aquacole de Hao. Le président de la République, sans nommer directement Pékin et ses ambitions dans la région Pacifique, n’a pas caché qu’il considérait toutefois ce projet comme une tentative de la Chine populaire d’avancer des pions en Polynésie française. Un projet pourtant soutenu depuis plus de huit ans par la commune de Hao et le gouvernement local, sans que l’État aie jusqu’alors trouvé à y redire…

Le nouveau langage diplomatique déployé par Pékin sous la présidence de Xi Jinping, beaucoup plus agressif que par le passé, n’est sans doute pas étranger aux déclarations du chef de l’État. « Malheur aux petits, malheur aux isolés, malheur à celles et ceux qui vont subir les influences, les incursions de puissances hégémoniques qui viendront chercher leurs poissons, leurs technologies, leurs ressources économiques » a renchéri le chef de l’État qui assure que le Pacifique est le lieu où « se joue la confrontation entre les deux plus grandes puissances mondiales ». Avant de promettre que la France « protégera » Tahiti et ses îles de ce type d’influences extérieures…

Dans une interview accordée aux médias télévisés, le chef de l’État s’est montré encore plus clair : « Ce projet n’a pas de création d’emplois documentée, a des investisseurs douteux et a fait l’objet de beaucoup de réserve sur la nature de ses financements. Je préfère que l’on déploie une unité nouvelle du RSMA plutôt qu’on aille embrasser des projets sans lendemains où peut-être quelques-uns feront beaucoup d’argent pour de mauvaises raisons. »