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20/07/15 | 13 h 42 min

KYEGUDO ( TIBET),17 juillet 2015 : Message posthume laissé par Sonam Tobgyal, moine de 27 ans, récemment immolé

Lettre manuscrite de Sonam Topgyal en tibétain, accusant la Chine d'utiliser des mesures juridiques répressives contre le peuple tibétain pour détruire leur identité.

Lettre manuscrite de Sonam Topgyal en tibétain, accusant la Chine d’utiliser des mesures juridiques répressives contre le peuple tibétain pour détruire leur identité.

 Traduction de la lettre posthume de Sonam Tobgyal,  traduite et diffusée par  Tenam de Etudiants pour un Tibet Libre  ( SFT) :    དཔའ་བོ་བསོད་ནམས་སྟོབས་རྒྱལ་གྱི་ཕྱི་ཟླ་༧ཚེས་༡ཉིན་འཁོད་པའི་ཞལ་ཆེམས་ཡིག་གེ། Les derniers mots de Sonam Topgyal, moine de 27 ans, qui s’est immolé par le feu, le 9 Juillet 2015. Testimony of Sonam Topgyal, 27 y.o who self-immolated on 9 July 2015. J’ai 27 ans et je suis le fils de Tashitsang de Nangchen, Yulshul dans la région de Tso.ngon. Je suis actuellement moine, étudiant à l’institut de Dzongsar. Comme les gens à l’intérieur et à l’extérieur du pays sont conscients, le gouvernement chinois ne s’enquiert pas de la situation véritable et réelle des minorités, mais pratique uniquement des politiques dures et répressives sur nous. À une période où le gouvernement mène des politiques visant à éradiquer notre religion, nos traditions, notre culture et détruire notre environnement, il n’y a absolument pas de liberté d’expression pour les gens, et il n’y a aucun recours pour parler de nos situations et déposer notre plaintes. En outre, chaque fois que les gens essaient d’exprimer la vérité au sujet de leur situation et de déposer une plainte, les autorités, au lieu d’apporter des solutions, répondent par la répression et des arrestations. Grâce à diverses politiques trompeuses, le gouvernement empêche également les moines et les nonnes de rejoindre les institutions religieuses. En bref, ils mènent des politiques visant à éliminer complètement les minorités. Notre objectif principal est que Sa Sainteté le Dalaï Lama soit en mesure de rentrer au palais du Potala. Je sacrifie ma vie pour prouver au monde et surtout au peuple chinois et aux autorités chinoises que nous avons absolument aucun pouvoir ou recours pour parler des injustices que nous subissons. Mes frères et sœurs tibétains, qui partageons le même sang, s’il vous plaît ne rester pas distant, comme si vous n’aviez rien vu ou rien entendu. Soyez unis et fort pour travailler dur pour notre juste lutte, pour qu’enfin nous triomphions. Rédigé le 1er Juillet 2015 au levé du soleil; Sonam Topgyal Traduction ETL, France https://www.facebook.com/photo.php?fbid=10152969487577694&set=a.10150112938587694.284473.651572693&type=1&theater ————— Sonam Topgyal qui a protesté en s’immolant sur la place Gesar de Kyegudo (chinois: Jiegu) dans le nord-ouest de la province chinoise du Qinghai le le 9 juillet dernier et décédé le lendemain des suites de ses brûlures, avait laissé une lettre manuscrite en Tibétain, accusant la Chine d’utiliser des mesures juridiques répressives contre le peuple tibétain pour détruire leur identité. La lettre est affichée sur le site de l’Administration centrale du Tibet : Tibet.net, depuis le 17 juillet. La lettre, adressée aux chefs de Gouvernement de la Chine et en particulier aux fonctionnaires des Affaires des Minorités locales, affirme que le Gouvernement chinois ignore les conditions réelles des Minorités et ne compte que sur les mesures juridiques répressives et brutales pour détruire leur religion, leurs traditions, leur culture et l’environnement. Il indique que les Tibétains ne possèdent pas de liberté d’expression ou ne peuvent pas avoir recours à des pétitions pour exprimer leurs plaintes. La lettre poursuit en précisant que certains Tibétains, qui ont publiquement adressé des pétitions aux autorités pour leur expliquer la vérité sur leur situation et tenter de demander des solutions concernant leur bien-être, ont invariablement été soumis à de violentes répressions et des arrestations. Aucune décision, ajoute-t-il, n’est prise en vue de répondre aux désirs et au bien-être de la population en général. Sans compter les manoeuvres illusoires et les mesures qui font que les Centres religieux tournent au ralenti, précise-t-il. Il ajoute que toutes les mesures envisageables qui sont prises ne le sont que dans le seul but d’éliminer l’ identité tibétaine. Sonam Tobgyal indique dans sa lettre que le désir principal de tout le Peuple du Tibet est de voir le Dalaï Lama de retour dans son Palais du Potala. Il poursuit alors en précisant que c’est parce que le Peuple tibétain ne possède pas toute la liberté d’expression qu’il  sacrifie lui même  sa vie pour se porter garant de l’authenticité de son message devant le monde entier et en particulier pour que le Gouvernement et le Peuple chinois entendent la revendication du Peuple tibétain. Enfin, il conclut en exhortant ses frères tibétains à ne pas rester indifférent et insensible à son action, mais à s’unir et à consolider leurs forces et leur travail d’une manière concertée pour la réalisation de la juste cause du Peuple tibétain. Traduction France Tibet lire aussi  

Sonam Topgyal, s’est immolé par le feu le 9 juillet 2015, à Kyegudo

mercredi 22 juillet 2015 par Rédaction , Monique Dorizon

Dans les minutes qui ont suivi l’immolation, entre 17 et 18h (heure locale), le 9 juillet 2015, près de la place Gesar, un grand nombre de membres de la police paramilitaire spéciale est arrivé sur les lieux et a bloqué les rues adjacentes. Depuis, les communications, dont l’Internet, sont étroitement surveillées. Sonam Topgyal est décédé le lendemain dans un hôpital de Xining à la suite de ses brûlures. Sonam Topgyal, moine de 27 ans, est originaire de Nangchen [1]. Il a laissé un testament dans un livre de prières, rédigé le 1er juillet 2015 au lever du soleil, plus tard découvert par sa famille dans son logement. Dans ses écrits, adressés aux dirigeants de la République Populaire de Chine en général et aux dirigeants chinois de la minorité ethnique tibétaine en particulier, il dénonce « la politique brutale et répressive ayant pour but d’éradiquer et d’exterminer la religion, les coutumes et la tradition culturelle tibétaines« . « Les autorités chinoises imposent régulièrement des limitations à la religion tibétaine et à d’autres pratiques culturelles« , dit le document, « et les Tibétains qui pétitionnent pour le bien-être de leur peuple se voient confrontés à la répression et aux arrestations« . « Les Tibétains n’ont aucune liberté d’expression. Il n’y a nulle part où déposer nos réclamations. Les Chinois n’ont jamais montré de considération pour le bien-être ou les désirs du peuple tibétain en faisant part de leur inquiétude« . Les politiques chinoises « conduisent à la destruction de l’environnement » dans les zones tibétaines. « Y compris avec toutes sortes de changements et mesures trompeuses, le fonctionnement des centres religieux et de leurs moines et nonnes est ralenti« . « Toutes les mesures envisageables sont prises dans le but d’éliminer la nationalité minoritaire« . « Le souhait principal de tous les Tibétains est de voir le Dalaï Lama de retour dans son palais du Potala« . Sonam Topgyal poursuit ainsi : « le peuple tibétain ne possédant pas toute la liberté d’expression ou le recours pour exprimer ses griefs, il [Sonam Topgyal] se sentait poussé à se porter garant de l’authenticité de ce qu’il disait devant les peuples du monde en général et en particulier le gouvernement et les gens de la Chine de par le sacrifice de sa vie« . « Je dois sacrifier ma vie pour porter témoignage au monde, et particulièrement au gouvernement et au peuple chinois, que nous n’avons aucune liberté pour exprimer nos doléances, ou dire la vérité« , écrit Sonam Topgyal. Il conclut en pressant ses frères et sœurs tibétains de ne pas rester indifférents et insensibles à son action. « J’appelle mes frères et sœurs tibétains, qui sont du même lignage et du même sang, à trouver le pouvoir de l’unité et de l’harmonie en travaillant à la résolution des problèmes tibétains en un effort concerté« . Après avoir été détenus brièvement par les autorités, le 13 juillet 2015, des membres de la famille de Sonam Topgyal, sont allés nettoyer son logement. Konchog Dondrub, natif de Yushu [2] et actuellement en exil, citant des contacts dans la région, rapporte que c’est là qu’ils ont trouvé un texte manuscrit d’une page, caché dans son livre de prières. Sonam Topgyal est le fils d’un commerçant local détesté des autorités chinoises à cause de son soutien à la culture et à la langue tibétaines. Pendant 7 ans, il a poursuivi des études bouddhistes au monastère de Dzongar, Comté de Dergé [3]. Des personnes croient que Sonam Topgyal s’est immolé car il voulait montrer combien sa famille avait souffert sous la loi chinoise. La maison de la famille de Sonam Topgyal et d’autres biens de valeur avaient été détruits par les autorités chinoises en 2012 à cause d’un projet d’élargissement de route ; après quoi sa famille avait été détenue un temps et son père, Nangchen Tashi, bien connu localement, avait été torturé par la police. Nangchen Tashi a beaucoup fait pour promouvoir la culture, la langue et la religion tibétaines et a souvent donné des subventions pour le soutien et l’éducation de Tibétains pauvres. Bien que la maison, l’hôtel et la boutique de Nangchen Tashi soient sortis indemnes du séisme du 14 avril 2010 à Kyegudo [2], tout ce qui lui appartient a été détruit par les Chinois. Sources : Radio Free Asia, 9 juillet 2015, TCHRD, 10 juillet 2015, The Tibet Post international, 10 juillet 2015,Phayul, 10 juillet 2015, Radio Free Asia, 10 juillet 2015, Tibetan Review, 11 juillet 2015, Radio Free Asia, 15 juillet 2015, Radio Free Asia, 17 juillet 2015, The Tibet Post International, 18 juillet 2015, The Tibetan Review, 19 juillet 2015.
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