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01/01/22 | 15 h 04 min par France-Tibet

Etudiants tibétains torturés 2021 : poème de ROGER Deny (1991) sur la prison de SANGYIP à Lhassa

Sangye Tso, une étudiante tibétaine qui a été arrêtée dans la soirée du 17 février 2021, avec Kansi (un surnom), et un autre étudiant Dradul par la police chinoise à Kyegudo, dans l’est du Tibet, est en très mauvais état après sa libération le 15 décembre 2021.
La police locale a demandé à sa famille de venir la chercher et les membres de la famille les ont emmenés à l’hôpital car elle était en mauvais état et ne pouvait pas respirer correctement en raison des tortures subies en prison.
Selon les médias tibétains en exil, la famille a reçu un appel et on lui a demandé de venir chercher Sangye Tso dès que possible. Lorsque les membres de la famille sont arrivés à l’adresse indiquée, il s’agissait d’une auberge et Sangye Tso était toute seule dans une chambre.
Les trois jeunes étaient les fondateurs d’un groupe WeChat intitulé « Zari Karmoi Gongtsok ». WeChat est une application de messagerie autorisé en Chine et au Tibet, similaire à WhatsApp. Le groupe a été créé par les adolescents avant le Losar, le nouvel an tibétain. Son nom se traduit par « White Rocky Mountain Club ».
Après son arrestation, Dradul a été sévèrement battu et torturé par la police chinoise, ce qui a entraîné son hospitalisation. Ses deux jambes sont cassées à cause des coups reçus et il est actuellement soigné dans un hôpital de la ville de Xining. La famille de Dadul a été convoquée par la police et demandé de ne pas apporter plus de deux membres de la famille et payer 40 000 yuans (environ 5500 euros) à l’hôpital, apparemment pour payer une opération.
On ignore ce qu’il est advenu de Kansi.
Poème écrit en 1991 par ROGER Deny alors que de nombreuses (x) tibétains étaient enfermés dans la prison de SANGYIP à Lhassa

SANGYIP (1)

A SANGYIP la ronde infernale
des hommes aux souliers cloutés
résonne dans les couloirs de l’oubli
bruits secs, bruits lourds, cris étouffés

A SANGYIP on broie, on casse
on étire les corps
On fouille au plus profond du ventre des nonnes
jouissance de la mort

A SANGYIP être bien noté par ses chefs
c’est donner le meilleur de soi-même
épuise toi à la tâche, écrase les dos
déforme les visages, creuse, perce
tords tout ce qui peut l’être

De SANGYIP on ne s’évade pas
car il y’ a deux murs
le premier en béton
le second, la terrible barrière des HIMALAYAS
qui dresse ses miradors jusqu’à frôler le ciel

même les vents glacés du haut plateau
deviennent fou
fou de la folie des hommes
fou de ne pouvoir fuir au loin

On ne reste pas longtemps à SANGYIP

(1) centre de détention et torture LHASA

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