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17/02/22 | 21 h 41 min par Apolline Merle

JO / PEKIN : « le meilleur des mondes » d’Aldous Huxley

Des Pékinois se prennent en photo devant les mascottes des Jeux olympiques et paralympiques, le 12 février 2022. Cette photo a été prise depuis un des bus de la bulle sanitaire des JO. (Apolline Merle / franceinfo: sport)

JO 2022 : caméras thermiques, populations séparées… Bienvenue dans la bulle sanitaire de Pékin, la plus drastique des trois sites olympiques

Des Pékinois se prennent en photo devant les mascottes des Jeux olympiques et paralympiques, le 12 février 2022. Cette photo a été prise depuis un des bus de la bulle sanitaire des JO.  (Apolline Merle / franceinfo: sport)

Si la bulle sanitaire est très stricte sur le site de Zhangjiakou, la situation est encore plus tendue à Pékin.

Depuis le début des Jeux olympiques d’hiver de Pékin, la bulle sanitaire instaurée sur l’ensemble des sites est devenue une routine pour tous les membres qui y ont pénétrée. Les tests PCR buccaux quotidiens, la restriction des déplacements et les masques FFP2 obligatoires définissent le protocole sanitaire mis en place par les organisateurs afin de viser le « zéro covid » lors des JO.

Mais après deux semaines passées à Zhangjiakou (site accueillant le biathlon, le ski de fond, le saut à ski entre autres), les accrédités se rendant à Pékin ne restent pas indifférents à la bulle sanitaire olympique refermant une partie de la capitale sur elle-même. Si celle mise en place sur le site de Zhangjiakou s’avère très stricte, celle de Pékin l’est encore plus.

Une vie sous bulle

En une petite heure, le train à grande vitesse relie Zhangjiakou à Pékin et permet aux membres de la bulle sanitaire de rejoindre la capitale sans en sortir. Une fois débarqués, les accrédités sont invités à suivre un chemin précis, sécurisé tous les 100 mètres par des agents de l’organisation, afin de ne pas croiser le reste de la population chinoise.

Derrière les vitres qui délimitent les zones des accrédités et celle de la population locale, on retrouve un peu de vie. Car dans la montagne de Zhangjiakou ou de Yanqing, les athlètes, les staffs techniques, les organisateurs et les médias vivent dans un entre-soi, de plus en plus pesant.

« On a l’impression d’être dans un aquarium »

Dès la gare de Pékin, on peut observer les Pékinois attendre leur train ou y retrouver leurs proches. « On a l’impression d’être dans un aquarium », lâche un accrédité, quelque peu désabusé après deux semaines dans la bulle de Zhangjiakou. La scène est identique dans les bus reliant la gare au centre média, passage obligé avant de pouvoir rejoindre un autre site olympique. Têtes contre les vitres, les passagers de ces navettes affrétées sont spectateurs de scènes de la vie quotidienne.

On y voit les Pékinois se balader, faire du vélo, se rendre au travail, faire leurs courses ou encore s’amuser dans la neige fraîche tombée la nuit dernière. D’autres s’offrent une petite photo souvenir avec les mascottes des Jeux, installées un peu partout dans la ville. Et parfois, à travers ces mêmes vitres, les regards se croisent entre les accrédités et les Pékinois. Ce seront les seuls contacts entre les deux populations.

 

Des barrières temporaires en métal encerclent les lieux d'hébergement des membres de la bulle sanitaire, le 12 février 2022, à Pékin. (Apolline Merle / franceinfo: sport)

 

Hôtels barricadés

A l’hôtel, l’ambiance est tout aussi cadenassée. Des barrières temporaires en métal, hautes de plus de 2 mètres, barricadent les lieux hébergeant les membres de la bulle sanitaire. A l’extérieur, les portails éphémères ont été recouverts de panneaux verts, avec en guise de « décor », des images à intervalle régulier des mascottes des Jeux olympiques et paralympiques.

Des agents de sécurité contrôlent jour et nuit les entrées et sorties, qui ne sont autorisées qu’en bus ou en taxis faisant partie du parc automobile des JO. Et gare à ceux qui voudraient se défaire de ces restrictions. Un règlement établi par l’hôtel est distribué aux membres de la bulle et détaille les sanctions en cas de non-respect du protocole sanitaire. Parmi elles, le risque de se voir retirer son accréditation temporairement ou définitivement, ou pire d’être expulsé de la bulle sanitaire.

Sur les sites olympiques aussi, la vigilance est accrue. Des caméras thermiques, postées aux entrées des sites, prennent les températures de chaque membre de la bulle. Dans les escaliers du Capital indoor stadium, où ont lieu les épreuves de patinage et de short-track, des panneaux bleus indiquent la mention « Keep walking, no stopping here ». Comprenez donc qu’il est interdit de s’arrêter en pleine ascension. Des interdictions strictes qui ont leur équivalence en salle de presse. « Vous ne pouvez pas manger là, madame. Vous devez aller dans l’espace restauration », indique un membre de l’organisation à une journaliste, installée derrière son plexiglas et dégustant sa barre chocolatée.

A en croire les chiffres officiels, cette politique drastique des organisateurs porte ses fruits. Depuis le 30 janvier dernier, la ville de Pékin n’a jamais recensé plus de cinq nouveaux cas par jour. Dans les faits, plusieurs cas parmi les accrédités ont été détectés et placés à l’isolement dans des hôtels dédiés à leur arrivée en Chine pour une durée de quinze jours. Étant donné la surveillance dont chaque membre entré dans la bulle fait l’objet, il est donc difficile de croire à de pareilles données.

 

 

 

 

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