Le premier site d'actualit? sur le Tibet

www.tibet.fr

04/04/16 | 13 h 51 min

Lutte interne déguisée contre Xi Jinping : une lettre anonyme en ligne révèle de plus en plus de dissidence au sein du Parti.

« Le droit de parler librement doit être protégé.» Lui et d’autres, comme le magnat de l’immobilier Ren Zhiqiang, qui comptait 37 millions d’adeptes sur les réseaux sociaux, ont mis en garde que le gag de M.Xi sur les commentaires « déloyaux » au sein du Parti signifie que les erreurs politiques seront prises. L’interview de M. Jiang a été supprimée et les comptes sociaux de M. Ren ont été fermés. Durant ses trois années au pouvoir, M. Xi s’est fait beaucoup d’ennemis. Pour consolider son pouvoir, Xi a utilisé une campagne de lutte contre la corruption, bien que la lettre et des membres du Parti critiquent généralement la campagne. Au lieu de cela, la révolte naissante de l’élite du Parti repose sur la position de M.Xi, loin du centralisme démocratique, alors que les décisions devraient être prises par consensus et après un débat ouvert au sein de la direction. Le débat remonte aux efforts de Deng Xiaoping pour réformer et ouvrir le Parti après la Révolution culturelle de Mao Zedong presque détruit. Deng définit les lignes directrices internes du Parti pour assurer qu’aucun futur leader pourrait monopoliser le pouvoir comme Mao l’a fait. Les préconisations  comprenaient le leadership de consensus au sein du « Politburo », la fin du culte de la personnalité et la séparation du Parti et du Gouvernement. Deng engageait également  la Chine dans une politique étrangère modérée, respectueuses des règles internationales. M. Xi a commencé à gruger les  préceptes de Deng. Les médias d’Etat encouragent l’adulation du Premier couple, l’oncle Xi et Mama Peng. Une chanson récente est intitulée « Si vous voulez vous marier, Marry Someone Like Oncle Xi.» Début mars, les délégués tibétains à l’Assemblée législative portaient des badges à l’effigie de M.Xi, un retour à la « Mao badges » que tous les Chinois étaient tenus de porter en 1960. Certaines délégations désignaient ainsi M.Xi  : « le noyau du leadership », un dernier titre accordé à Jiang Zemin après les manifestations de 1989 de Tiananmen. Au sein du Parti, M.Xi a également pris le contrôle sur « les grands groupes centraux », ceux  qui définissent la politique. Le Parti « micromanage » les entreprises d’État, les ministères à Pékin, ainsi que les Gouvernements provinciaux. En conséquence, la qualité de la gouvernance a diminué et les fonctionnaires sont paralysés par la peur. M. Xi a également utilisé la puissante croissance de la Chine pour bafouer les normes internationales à l’étranger et exploiter le sentiment nationaliste, ce qui provoque les pays voisins pour renforcer les liens avec les Etats-Unis. L’ironie est que M.Xi a soutenu et a conquis le pouvoir incontesté pour qu’il puisse pousser les réformes économiques après une décennie de luttes de factions qui avaient paralysé la prise de décision. Jusqu’à présent, il n’a que peu accompli sur le front de la réforme, malgré une certaine rhétorique impressionnante. Au lieu de cela, il concentre la majeure partie de son énergie à écraser les « discussions inadéquates » au sein du Parti. La résilience du Parti Communiste, après le bouleversement de 1989, a été le résultat de la croissance économique, mais aussi un équilibre de la répression politique contre la nécessité d’ une plus grande ouverture et de professionnalisme dans la prise de décision. M.Xi a bouleversé cet équilibre, les cadres le craignent et ne prennent pas le risque de parler. M.Xi peut vaincre ses adversaires du Parti, mais ce jeu contre lui signifie que la Chine fait face à plus de turbulences politiques. Traduction Laetitia Fromenteau pour France Tibet  Dernière minute : suite à  » Panama Papers  »  En Chine, les proches du président Xi Jinping (centre) et de l’ex-membre du Comité permanent du Bureau politique Jia Qinglin (gauche) sont impliqués dans l’affaire des « Panama papers », qui contiennent la liste des personnalités ayant créé des sociétés offshore au Panama. Copie d’écran de Quartz, le 4 avril 2016. L’Asie et les Panama Papers On l’évoque comme la plus grande fuite de données de l’histoire du journalisme. L’affaire des « Panama papers » a éclaté dans la nuit d’hier dimanche 3 à aujourd’hui lundi 4 avril. Pas moins de 107 rédactions de 76 pays ont eu accès aux archives du cabinet de conseil panaméen Mossack Fonseca, spécialisé dans les sociétés offshore. Au total, 11,5 millions de fichiers ont été épluchés – et parmi eux ont émergé des noms asiatiques de chefs d’Etat, de célébrités et d’anonymes. Chine : Xi Jinping et l’élite chinoise ébranlés par les révélations des Panama Papers Quartz – La presse chinoise est restée volontairement muette ce lundi 4 avril. Et pour cause, les « Panama papers » n’ont pas épargné la classe dirigeante du pays. Au moins 8 hauts fonctionnaires seraient concernés, mais les noms de seulement 4 d’entre eux ont été révélés : Deng Jiagui, beau-frère de Xi Jinping à la tête de deux sociétés dormantes domiciliées aux Îles Vierges britanniques (BVI) ; Li Xiaolin, fille de l’ancien Premier ministre Li Peng (1987-1998), propriétaire avec son mari d’une fondation au Liechtenstein elle-même seule actionnaire d’une entreprise offshore aux BVI ; Jasmine Li, petite-fille de Jia Qinglin (membre du Comité permanent du Bureau politique du PC de 2002 à 2012), unique actionnaire de l’entreprise Harvest Sun Trading Ltd. domiciliée aux BVI depuis 2009 ; la fameuse Gu Kailai, épouse de Bo Xilai (aujourd’hui en prison), qu’un architecte français a aidé à implanter une société immobilière aux BVI en 2000. Force est de constater que la campagne anti-corruption de Xi Jinping n’empêche donc pas l’évasion fiscale, conclut Quartz. En 2014 déjà, une enquête du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ, à l’origine des « Panama papers ») pointait du doigt les proches de certains dirigeants pour leurs placements financiers dans des entreprises offshore. Malaisie : le fils du Premier ministre concerné par les Panama Papers Malaysiakini – La corruption et les montages fiscaux seraient-ils une affaire de famille en Malaisie ? Pas forcément – toujours est-il que le nom du fils de Najib Razak, Premier ministre malaisien, est sorti dans l’affaire des « Panama Papers ». Mohd Nazifuddin Mohd Najib a en effet dirigé deux sociétés offshore domiciliées aux Îles Vierges britanniques : Jay Marriot International et PCJ International Venture Limited. L’intéressé a exercé son droit de réponse auprès du Consortium international des journalistes d’investigation, expliquant qu’aucune des deux entreprises n’avait enregistré d’activité commerciale, ce pourquoi il s’est retiré de leur direction. Plus de 500 Indiens liés à des entreprises offshore citées dans les Panama Papers The Indian Express – Plus transparente, la presse indienne ne se retient pas de relayer les dernières informations des « Panama papers » concernant ses ressortissants. Au total, ce sont plus de 500 Indiens qui seraient liés à des entreprises offshore ayant traité avec le cabinet Mossack Fonseca. Parmi les noms les plus célèbres, The Indian Expresscite les stars de Bollywood Amitabh Bachchan et Aishwarya Rai, les hommes d’affaires K P Singh (Delhi Land & Finance) et Sameer Gehlaut (Indiabulls), les politiciens Shishir Bajoria (West Bengal) et Anurag Kejriwal (Delhi). La plupart de leurs montages fiscaux auraient été opérés en toute illégalité, selon le quotidien indien, qui reprend les informations diffusées en infographies. Pakistan : la famille de Nawaz Sharif dans la tourmente des Panama Papers The Straits Times – Certes, Nawaz Sharif ne dirige pas de société offshore d’après le cabinet Mossack Fonseca. Mais le fait que quatre de ses enfants soient nommés dans l’affaire des « Panama papers » soulève des questions, relève le président du Centre indépendant du Journalisme d’Investigation au Pakistan cité par le Straits Times. Hussain Sharif s’est défendu de ses opérations, déclarant qu’elles étaient « légales du point de vue du droit britannique », et qu’elles visaient à « éviter des taxes superflues via des sociétés offshore ». Il a en effet quitté le Pakistan en 1992, ce qui lui permet de ne plus déclarer ses avoirs, et réside désormais au Royaume-Uni. Les autres enfants ne se sont pas encore exprimés. Au total, note le quotidien singapourien, ce sont plus de 200 Pakistanais dont les noms ont été diffusés, dont certains avocats, parlementaires et membres de la magistrature.]]>

+ Vues