Si le Laos, comme la majorité de ses voisins d’Asie du Sud-Est, a été préservé de l’épidémie de Covid-19 avec seulement 22 cas enregistrés dans le pays, la pandémie a amputé son industrie du tourisme de revenus essentiels à l’économie, note The Diplomat. Et le pays se retrouve désormais au bord du défaut de paiement, alerte le site.

En juin dernier, les réserves de change du pays s’établissaient à 864 millions de dollars (731 millions d’euros), une somme insuffisante, remarque The Diplomat, pour faire face au 1 milliard de dollars (846 millions d’euros) de service de la dette que le pays doit verser chaque année.

Une très coûteuse ligne de chemin de fer

“Même avant le Covid, l’expansion de la dette laotienne vis-à-vis de la Chine était une source d’inquiétude. Ces dernières années, le gouvernement laotien a investi fortement dans les projets de barrages, dont de nombreux avec des financements chinois.” Le Laos s’est également endetté pour construire la très coûteuse ligne de chemin de fer à grande vitesse entre sa capitale, Vientiane, et sa frontière avec la Chine.

Le coût de ces travaux est évalué à 6,2 milliards de dollars (5,2 milliards d’euros) pour 417 kilomètres. Le territoire montagneux du Laos explique en partie les sommes nécessaires à la réalisation de cette ligne, qui implique la construction de 198 kilomètres de tunnels et de 61 kilomètres de ponts.

“L’ensemble de ces projets font de la Chine le principal créditeur du Laos. Selon un rapport de 2018 du Centre pour le développement global, un organisme installé à Washington, le Laos est le pays d’Asie du Sud-Est qui risque le plus d’être en défaut de paiement du fait des projets chinois des nouvelles routes de la soie. Selon l’institut Lowy, de Sydney, la dette du Laos envers la Chine représente 45 % de son PIB.”