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01/10/16 | 12 h 40 min

LHASSA : Au FC Lhassa, la politique priée de rester au vestiaire

FC

– ‘Dangereux de jouer au foot’ – Le ballon rond est arrivé au Tibet au début du XXe siècle avec l’armée britannique, mais la région était avant le FC Lhassa dépourvue de club professionnel. « Le football explose actuellement ici, avec un nombre croissant de compétitions organisées chaque année », s’enthousiasme Luosang Sanzhu. Le Tibet, grand comme deux fois la France, n’est peuplé que d’environ trois millions d’habitants. A Lhassa, capitale régionale, les Hans sont relativement nombreux, mais ne constituent que 10% des effectifs du club. « Nous avons du mal à recruter parmi eux », admet Cidan Duoji : « Ils pensent que c’est dangereux de jouer au foot ici, à cause du mal des montagnes », contre lequel les Tibétains sont immunisés. Car Lhassa est située à 3.700 mètres d’altitude : avec la raréfaction de l’oxygène, sévissent maux de tête, vomissements ou insomnie, et la pratique sportive est plus difficile. « On veut casser cette image et montrer que le Tibet aussi est une terre de sport », martèle le président du « club de foot le plus haut de Chine ». D’autres Tibétains, ceux de l’exil, se sont déjà attachés à le prouver pour promouvoir leur cause : en 2015, à Berlin, un tournoi féminin amateur a opposé des footballeuses tibétaines originaires d’Inde à des Chinoises de l’Université des sports de Shanghai. Une « sélection nationale du Tibet », non affiliée à la Fifa et émanant du « gouvernement tibétain en exil », hostile à Pékin, a également disputé depuis 2001 plusieurs dizaines de matchs contre d’autres formations non reconnues, s’inclinant face au Groenland (1-4), la Provence (0-22) ou Gibraltar (0-5), mais terrassant le Sahara occidental (12-2). – 78e rang mondial – Officiellement, sur la carte du football mondial, le Tibet est intégré à la Chine, où les autorités ont publié en avril un ambitieux plan de développement qui prévoit d’ici 2020 la création au niveau national de 20.000 écoles de formation, vise les 50 millions de pratiquants et voit la sélection nationale « au top du football mondial en 2050 ». Celle-ci pointe actuellement à une modeste 78e place au classement Fifa, entre Saint-Kitts-et-Nevis et le Guatemala. « Même si ce n’est pas dit explicitement, les grandes entreprises publiques et privées trouvent un intérêt à suivre la direction footballistique montrée par les autorités », explique à l’AFP Christopher Atkins, agent de joueurs basé en Chine. « C’est une manière pour elles d’avoir de meilleures relations avec le gouvernement », souligne-t-il. Plusieurs clubs de CSL, propriétés de grands groupes, ont déboursé en 2016 plusieurs dizaines de millions d’euros pour recruter des internationaux réputés, comme l’Argentin Ezequiel Lavezzi (ex-PSG), l’Ivoirien Gervinho (ex-AS Rome), ou encore les Brésiliens Hulk (ex-Zenit Saint-Pétersbourg) et Ramires (ex-Chelsea). Pas de telle vedette au FC Lhassa, fondé par Pureland, société étatique basée au Tibet et spécialisée dans la vente de produits locaux (eau minérale, farine tsampa, médicaments). « Avoir un club au Tibet, c’est pourtant risqué économiquement : la région compte peu de villes développées et le marché du foot est encore petit », souligne le chroniqueur sportif Jin Shan. « Le retour sur investissement est loin d’être garanti. » >L’actu>Sports|28 septembre 2016, 11h55|0]]>

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