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16/09/15 | 11 h 50 min

L'Histoire contredit la Chine.

Pourquoi le Tibet n’a jamais fait partie de la Chine, par l’Administration Centrale Tibétaine Dharamshala – En réponse au dernier livre blanc sur le Tibet publié par le Parti Communiste Chinois en août,  l’Administration Centrale Tibétaine (CTA) a sorti un document de 21 pages qui rétablit les choses quant à la chronologie historique telle que la Chine la présente. Alors que la Chine a commémoré le 50ème anniversaire de la création de la ‘Région Autonome du Tibet’, un document de 21 pages intitulé ‘Le Tibet ne fait pas partie de la Chine, mais la voie du milieu demeure une solution viable’, a été présenté à la presse par le Sikyong  Dr Lobsang Sangay, accompagné de Sonam Norbu Dagpo et de Tashi Phuntsok, Secrétaires du DIIR (Département de l’Information et des Relations Internationales), ainsi que de Thubten Samphel,  Directeur des politiques. La CTA revient sur les interminables revendications historiques de la Chine sur le Tibet. Elle nous rappelle que « Selon le livre blanc de 2004 sur le Tibet, celui-ci est prétendument devenu territoire chinois au 13ème siècle.’  Mais d’un autre côté,  les intellectuels  chinois de l’ère républicaine affirment que le Tibet est devenu un état vassal de la Chine sous la dynastie Qing (1644-1911). Avec ce dernier livre blanc, la Chine a de nouveau changé  les règles du jeu en déclarant que le Tibet faisait partie intégrante de la Chine depuis ‘l’antiquité’. » La CTA revient sur l’histoire de la région et réfute une à une les prétentions de la Chine. Pour ce qui est de la notion vague  ‘d’antiquité’  avancée maintenant par la Chine,  l’essor de l’Empire du Tibet a eu lieu au 7ème siècle de notre ère, alors que le Roi du Népal et l’Empereur de Chine courtisaient tous deux l’Empire du Tibet et qu’ils avaient offert leurs filles respectives en mariage à l’Empereur du Tibet. Le premier à suggérer que cette revendication sur le Tibet n’avait aucun poids fut l’ex Vice-président du Comité permanent du Congrès national populaire de Chine, qui a réfuté en 1989 les affirmations de son propre gouvernement, déclarant, ‘certains historiens affirment que le Tibet a  fait partie de la Chine depuis l’Antiquité, d’autres disent que cela date du roi tibétain Songtsen Gampo, de par son mariage à une princesse chinoise.  Je ne suis d’accord avec  aucun de ces points de vue. Quand on parle d’antiquité, il n’y a aucune chronologie précise. S’il s’agit du mariage de Songtsen Gampo, nous savons tous que sa première reine était la princesse du Népal, auquel cas le Tibet devrait appartenir au Népal. Comment expliquer cela? » Répondant plus avant à l’affirmation que le Tibet avait été intégré à la Chine au 13ème siècle, l’Administration Centrale Tibétaine revient sur l’histoire du Tibet et de la Mongolie à cette époque. « La dynastie Yuan était une dynastie mongole, et son chef Gengis Khan, puis ensuite ses successeurs,  ont conquis de vastes territoires en Europe et en Asie, y compris en Chine. En 1279, la dynastie  Song, au sud de la Chine, est tombée face à l’avancée mongole. La conquête de la Chine par les Mongols était achevée. De nos jours, la Chine affirme que la Dynastie Yuan était sa propre dynastie, et ainsi revendique toutes les conquêtes mongoles, du moins dans la moitié orientale de l’Empire mongol. » Cependant des relations tibéto-mongoles furent établies en 1240 lors d’une expédition mongole au Tibet  qui ouvrit la voie à un rapprochement religieux entre les chefs mongols et la hiérarchie religieuse tibétaine. Il est bien connu que Kublai Khan a embrassé le Bouddhisme tibétain, en faisant ainsi la religion officielle de son empire. « En gratitude, Kublai Khan offrit en 1254  l’autorité politique sur tout le Tibet à son lama tibétain, et il lui conféra divers titres. Ces relations tibéto-mongoles continuèrent même après la chute de la Dynastie Yuan. » Les dates de ces expéditions, relations et invasions ne correspondent en rien à la chronologie avancée par le gouvernement chinois. « L’année de l’expédition militaire mongole au Tibet en 1240 est antérieure de 39 ans à l’invasion mongole de l’Empire chinois Song en 1279. Ce qui met à mal les revendications de la Chine sur le Tibet sur la base des relations entre l’Empire mongol et les lamas Sakya. » La CTA en conclut que même si, par propriété transitive, toutes les conquêtes mongoles étaient en fait des conquêtes chinoises, les relations tibéto-mongoles précèdent  la chute de l’Empire chinois Song. Enfin, la CTA répond  à  la dernière allégation  de la Chine selon laquelle le Tibet aurait été acquis au cours de la Dynastie Qing,  par une déclaration  du Général Fu K’angan, Envoyé  impérial, Commandant de l’armée mandchoue, au 8ème Dalaï Lama en 1792. Celle-ci montre bien la nature des ‘règles’ appliquées par l’Empereur mandchou après l’aide apportée aux Tibétains pour chasser les Gorkhas du Tibet. En effet, cette déclaration  fait clairement ressortir un contexte de protection ou de soutien de la part de l’Empereur, plutôt que celui d’un souverain donnant des ordres à ses sujets, dans la mesure où elle se termine par, « Les Tibétains peuvent donc décider par eux-mêmes de ce qui est en leur faveur ou pas, ou bien de ce qui est lourd ou léger, et faire leur propre choix. » Qui plus est, en conclusion de tous les arguments historiques utilisés pour faire du Tibet une partie de la Chine, c’est en 1914 que le Tibet a signé la Convention de Shimla, accord bilatéral avec l’Inde Britannique, qui légitimait le statut d’indépendance du Tibet.  Mao Zedong lui-même a considéré, après la Longue Marche, que la seule dette étrangère était envers les Tibétains pour les provisions que nous leur devons. En utilisant l’histoire contre la Chine,  l’Administration Centrale Tibétaine est parvenue à réfuter les boniments selon lesquels le Tibet a fait, à quelque moment que ce soit de son histoire, partie intégrante de la Chine. La CTA  laisse entendre que la toute dernière intrusion dans l’histoire du Tibet est une tentative flagrante du Parti Communiste de trafiquer l’histoire,   et de déformer la vérité afin de légitimer leur occupation  prolongée de la région alors qu’en réalité, l’histoire les contredit. Traduction France Tibet]]>

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