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09/02/22 | 21 h 58 min par Frédéric Bobin

SENEGAL / CHINE : risque de révoltes de la population sénégalaise dû au pillage et surpêche incontrôlées des ressources halieutiques par des chalutiers chinois

Au Sénégal, la pêche artisanale fragilisée par l’arrivée des chalutiers chinois

Assis sur la tranche de sa pirogue de couleurs vives fichée dans les sables de Mbour, à 70 km au sud de Dakar, Ousseman Diop a l’air dubitatif. Le jeune homme d’une trentaine d’années rentre juste d’une sortie au large, horizon laiteux où mer et ciel se marient dans les brumes hivernales. « Je n’arrive plus à subvenir à mes besoins », soupire-t-il devant l’indigence de ses prises. En écho, un peu plus loin, un autre pêcheur, flottant dans sa combinaison orange, s’accable du « déclin » de l’activité ces dernières années. « Je pêchais avant 50 kg par jour, précise-t-il. Aujourd’hui, j’arrive à peine à 10 kg. »

La complainte est lancinante sur ces rivages de Mbour à l’heure où la petite armada de pirogues regagne la terre ferme. Une file de porteurs sanglés de plastique, caisse sur la tête, immergés jusqu’au torse, progresse lentement vers les plus grosses barques tenues à distance du bord en raison de leur tonnage. Ils apportent des blocs de glace et des jerricans d’essence avant de repartir chargés de poissons : mérous, carangues, maquereaux ou sardinelles.