Tandis que Jamyang Norbu reçoit des nouvelles inquiétantes de Lhassa, le gouvernement chinois continue de fermer l'accès aux territoires où habitent les Tibétains pour nous raconter une histoire où il est formidable de vivre au Tibet. Apparemment Lhassa sera très heureux cette année.... pour la majorité han de Lhassa car du côté officiel des Tibétains il n'est pas question de célébration alors que les leurs ne cessent de s'immoler par le feu et que la présence militaire est omniprésente



Dans ce compte-rendu, la voix d'un seul homme, se glissent des inexactitudes :
- la cérémonie du Kala Chakra tenue par le Dalaï Lama n'a pas eu lieu en novembre mais du 31 Décembre 2011 au 10 Janvier 2012
- le chiffre de 3 000 " informateurs travaillant pour l'état chinois" est invérifiable
- "7 000 autres ont TOUS été dirigés vers les camps de rééducation" aucune source n'a confirmé le "tous" (rumeur locale?)

potala sous mauvaise guarde



Quelqu'un vient d'envoyer ceci à Jamyang Norbu, c'est très préoccupant :

Compte-Rendu de la situation à Lhassa :


Je suis de retour de Lhassa. Les Tibétains disparaissent, tout le monde est terrifié par le bain de sang qui semble inévitable.
Lhassa, c'est environ 1,2 million de chinois pour 200 000 Tibétains. La majorité de ces Tibétains vivent dans des zones qui sont désormais presque totalement encerclées par les casernes militaires avec des murs entre 3 et 5 mètres de haut, parfois surmontés de fils barbelés. Cet isolement fait songer à ce que le ghetto de Varsovie avait dû être. Dans cet espace fermé, circulent les soldats, les forces spéciales, les patrouilles de police 24h/24. Les sirènes militaires peuvent être entendues tout au long de la journée. Les camions des forces spéciales et des files de 6 à 15 véhiculés blindés et tanks roulent chaque jour dans cette zone. Il y a 3 à 4 soldats au niveau des tourelles dans chaque véhicule, ils sont armés de fusils d'assaut et de mitrailleurs pointés sur les Tibétains.
Tout Tibétain doit tout le temps avoir sur lui sa carte d'identité. Ceux habitant Lhassa doivent se déclarer au poste de police. Il y a environ 134 nouveaux checkpoints dans Lhassa pour la fouille aléatoire des véhicules et des piétons. En plus des casernes dans et autour de Lhassa, à travers la ville ont été disséminés des postes militaires permanents comprenant de 1 à 10 soldats.

En novembre 2011 à Bodh Gaya, Inde, la cérémonie du Kala Chakra tenue par le Dalaï Lama a vu la présence de 10 000 Tibétains venus de Chine. 3 000 étaient des informateurs travaillant pour l'état chinois. Les 7 000 autres ont TOUS été dirigés vers les camps de rééducation lors de leur retour au pays, qu'ils soient revenus par le Népal, l'Inde ou Hong Kong. Séjour minimum : 3 mois.  Les personnes âgées supplièrent pour revenir chez elles le soir à cause du froid mais la permission leur fut refusée. Dans beaucoup de cas, si la famille apportait des couvertures, on leur disait que la personne n'était plus là. Pour les 7 000 Tibétains en camps de rééducation, l'interrogation par la police chinoise est une pratique courante. Ils devaient déclarer leur travail (pour être renvoyé), leur pensions et autres aides, énoncer les noms de membres de leur famille et des personnes qui leur donnaient des informations, incluant adresse et profession. Vérification aléatoire des papiers et fouille des maisons sont faites sur la base de ces révélations et les membres de la famille sont conduits sur place pour interrogatoire.

A la suite d'une accusation, environ 50 nonnes partant pour une retraite en bus ont été arrêtées et détenues pour interrogatoire. L'informateur aurait révélé qu'elles tenaient des propos à l'encontre du gouvernement chinois. A l'heure actuelle, nous ne savons pas où elles se trouvent.
Un artiste tibétain qui peignait un homme regardant vers le ciel en direction d'une horloge au-dessus de leurs têtes a été arrêté pour le message symbolique de la peinture. Il avait intitulé sa peinture : « L'attente ».

On m'a dit que beaucoup de personnes qui ont été conduites par les forces de sécurité de l'Etat ne revenaient pas. Ils disparaissent, tout simplement.
Les checkpoints routiers de la Région Autonome du Tibet (RAT) sont utilisés pour garder les Tibétains n'habitant pas Lhassa, loin de la ville. De plus si un moine ou une nonne se trouve dans un véhicule, les soldat le ou la fera sortir et rentrer à pied vers son monastère. Tous les Tibétains conduisant un véhicule où se trouve un religieux sont fichés. Le Palais du Potala est un lieu de pèlerinage pour les Tibétains, tout particulièrement pendant Losar - le nouvel An tibétain- mais les checkpoints routiers préviennent de l'arrivée des pèlerins et limitent le nombre de Tibétains dans la capitale.

Environ 300 à 400 moines vivaient au Potala, aujourd'hui il en reste 36. Désormais les soldats et du personnel militaire vivent là où vivaient les moines. Bien que le bâtiment soit classé Patrimoine Mondial, le gouvernement chinois l'utilise comme un poste militaire comprenant un vaste complexe militaire. Le monastère des nonnes situé à proximité fait désormais office de bunker.

Le monastère du Jokhang accueille une telle densité militaire en son sein et à ses alentours qu'il faut être attentif pour ne pas se cogner à un soldat ou un policier d'autant plus qu'ils envahissent les rues du marché avoisinant quand c'est l'heure de la patrouille.

Le monastère de Drepung abritait entre 7 000 et 10 000 moines, il en reste 500 à 700. Il s'y tiendrait une grève de la faim.

6 000 moines habitaient le monastère de Sera, maintenant ils sont entre 200 et 300. Le monastère est encerclé par les postes de police et les casernes militaires. Les soldats et la police patrouillent sans cesse à l'intérieur du monastère, y compris là où débattent les moines.

Le Palais de Norbulingka abrite 6 à 10 moines au lieu de 300. Les animaux du palais ont été vendus à un businessman chinois et un frais d'entrée supplémentaire est demandé pour la visite bien que tout le site soit classé par l'Unesco.

S'il vous plaît, envoyez ce compte-rendu à quiconque peut aider, tout particulièrement les membres du gouvernement américain, les journaux, les organisations humanitaires, etc.
Traduction FranceTibet, 20 février 2012

By Jamyang Norbu
Tuesday, Feb 21, 2012


Someone I know who has just returned from Lhasa sent this to me. It is deeply troubling.
Jamyang Norbu

* * *
Report from Lhasa: February 18, 2012 in Rangzen Alliance

I have just returned from Lhasa. Tibetans are disappearing; everyone is terrified about the bloodshed which seems inevitable.

Lhasa consists of approximately 1.2 million Chinese and approximately 200,000 Tibetans. The majority of these Tibetans live in an area which is now almost entirely enclosed by military compounds with walls between 10-16 feet; some with barbed wire. This isolation gives the impression of what the Warsaw Ghetto was like. Inside the “enclosed” area groups of armed soldiers, S.W.A.T. teams, and police patrol the streets 24 hours a day. Military drill songs can be heard throughout the day. S.W.A.T trucks and rows of 6 to 15 armored vehicles and tanks come through the area on a daily basis. Each vehicle has 3 to 4 soldiers at the opening turret, armed with assault rifles or machine guns aimed at the Tibetans.

All Tibetans must carry identification at all times. Tibetans residing in Lhasa are required to register with the police. There are approximately 134 new Police station checkpoints in Lhasa for random searches of pedestrians and vehicles. In addition to the military compounds in and around Lhasa, permanent military posts holding 1-10 armed soldiers have been established throughout the city.

The Kala Chakra Ceremony in November 2011, held in Bodh Gaya, India by His Holiness the Dalai Lama, was attended by approximately 10,000 Tibetans from China. Among these were reportedly 3000 Government informants. The remaining 7000 Tibetans from China, on returning to Tibet via India, Nepal, Hong Kong, etc. were ALL brought to reeducation camps for a minimum of three months. Elderly people begged to go home in the evenings due to the cold, but they were not allowed. In many instances when family members brought blankets for their elderly family, they were told they were no longer there and the authorities didn’t know where they were. Among the 7000 Tibetans in reeducation camps, interrogation from the Chinese police was common practice. Tibetans are made to disclose their jobs (from which they are fired), loose pensions or other such benefits, disclose names of relatives and their contact information, including addresses and professions. Random identification checks and House searches are done; family members are brought in for “questioning”.

Approximately 50 nuns going to a retreat on a bus, were detained and held for questioning after an informant accused them of speaking against the government. Their whereabouts are presently unknown.

A Tibetan artist who painted a Tibetan looking upwards towards a clock above their head, titled “Waiting” was arrested for the symbolism used in the painting.

I was told that many people were taken away by the State Security and don’t come back. They just disappear.

Roadside checkpoints in the Tibetan Autonomous Region are used to keep Tibetans that are not residents of Lhasa, away from the city. In addition, if a monk or nun is in a vehicle the police/soldiers will make them return to their monasteries on foot. All Tibetans riding in such vehicles will have their full identification listed. The Potala Palace is a place of pilgrimage for Tibetans, especially during Losar (Tibetan New Year) but the roadside checkpoints prevent this and limit the number of Tibetans in Lhasa.

Approximately 300-400 monks previously resided at the Potala Palace; today the number is around 36. Soldiers and other military personnel now live in the rooms where the monks used to reside. Although it is listed as a World Heritage site, the Chinese government now uses the Potala as a military post. A large Military complex is situated within several blocks. The nunnery, located across from grounds before the Potala Palace, now has Military bunkers.

Jokhang Monastery has such a large military presence in and around the area that you have to be careful not to bump into soldiers and police as they crowd the streets of the surrounding market when they go on patrol.

Drepung Monastery was home to 7 to 10,000 monks now has only between 500-700. A hunger strike of 100 monks is said to be underway.

Sera Monastery once had approximately 6,000 monks now has 200-300 monks. Sera Monastery is surrounded by police stations and military compounds. Soldiers and police constantly patrol the grounds of the monastery, including where the monks debate.

Norbulingka Palace has between 6-10 monks from almost 300 in the past. The Dalai Lama’s small personal menagerie has been sold to a Chinese businessman and a separate admission is charged to see the animals, although the entire Norbulingka park is listed as a World Heritage site.

Please send this report to anyone who can help, especially US government officials, newspapers, humanitarian organizations, etc.

Thank you for your help!