Aung San Suu Kyi achève ce vendredi sa tournée européenne. Pendant les trois jours passés en France, l'opposante birmane a reçu tous les honneurs réservés aux chefs d'Etat. De l'Hôtel de ville à la Sorbonne passant par le Sénat, l'engouement était partout.

Après avoir vécu avec mes amis birmans ces 2 jours intenses en "compagnie" de Aung San Suu Kyi , comment ne pas lui consacrer rien qu'à ELLE la revue de presse du jour ?!
En la voyant, tellement digne que je n'ai même pas pensé à pleurer mais je ne puis retenir mes larmes de joie en voyant mes compagnons de route birmans, les militants français qui ont tant donné pour cette cause.
J'ai une pensée émue pour eux qui depuis des années n'ont pas hésité à descendre dans les rues qu'il pleuve ou qu'il neige pour manifester, crier tout haut pour qu'on n'oublie pas Aung San Suu kyi et les autres prisonniers de conscience.
En même temps, je ne peux m'en empêcher d'avoir une pensée pour tous ces moines , et jeunes tibétains qui se sont immolés , une pensée pour mon peuple, pour ces jeunes catholiques vietnamiens qui sont emprisonnés et qui espèrent aussi que CE grand jour arrivera bientôt (?)
Quelque part,leur effort a été récompensé.Mais l'avenir reste à construire .

Aung San Suu Kyi va quitter la France pour continuer sa route , elle va laisser un grand vide mais nous sommes persuadés que nos routes vont se croiser (de nouveau) un jour puisque nous continuons avec conviction et détermination à oeuvrer pour le respect des droits humains.


Aung San Suu Kyi a prononcé des centaines de discours durant son parcours en Europe avec une sensibilité, fermeté, humour qui n'appartiennent qu'à elle, mais je retiens que ces 3 phrases qui vont rester en ma mémoire à tout jamais.

Aung San Suu Kyi: “C'est vous qui m'avez donné la force de continuer !”

La liberté , la solidarité sont des valeurs universelles, si nous lui avions donné la force de continuer , savait-elle qu'à travers son courage, nous aussi nous avons SA force pour nous battre contre "les moulins à vent" et persévérer dans notre mobilisation ?



"Sans foi dans l'avenir, sans la conviction que les valeurs démocratiques et les droits fondamentaux de l'Homme sont non seulement nécessaires mais possibles dans notre société, notre mouvement n'aurait pas pu continuer"
Aung San Suu Kyi à Oslo: “Je m'engage à poursuivre mon combat non-violent pour la démocratie ! '”

Son combat est digne et noble


«Un prisonnier d’opinion est un de trop. […] S’il vous plaît, souvenez-vous d’eux et faites tout ce qui est en votre pouvoir pour parvenir au plus tôt à leur libération.» L’opposante birmane Aung San Suu Kyi.

Partout où elle est passée, elle est acclamée à corps et à cris.Mais il reste encore dans le monde des milliers de prisonniers de conscience dont personne connait vraiment leur nom mais ils ont payé de leur vie au nom de la liberté et de la démocratie pour leur patrie . Alors NE les oublions pas !

OUI Aung San Suu Kyi restera dans l'histoire de l'humanité le symbole du combat contre une dictature à tous égards caricaturale, du courage et de la résistance à l'oppression...avec un sourire désarmant.




Le message spirituel d’Aung San Suu Kyi

Aung San Suu Kyi, opposante historique à la junte birmane
Mardi 26 juin, au palais de l’Élysée

« Aujourd’hui, il faut se concentrer sur la compassion qui met en action »
« Pour nous, Birmans, la démocratie et les droits, ce sont des sujets pratiques, pas des idées abstraites. C’est le droit de se protéger des lois injustes; le droit de ne pas aller en prison s’il n’y a pas eu de jugement équitable; c’est le problème des enfants soldats; celui du travail forcé; des personnes déplacées« .
Joyeuse et élégante dans une veste de satin vert olive, Aung San Suu Kyi a délivré son premier message à la France depuis le palais de l’Élysée, mardi 26 juin en début de soirée. L’opposante historique à la junte birmane, libérée en novembre 2010 par les militaires et élue député le 1° avril, a été reçue par François Hollande juste après son arrivée en TGV en provenance de Londres. Elle a tenu avec son hôte une conférence de presse où elle évoqué l’importance de la compassion et de la dimension spirituelle de l’homme.
« Merci d’avoir pensé à moi »
« Merci d’avoir pensé à moi tous les jours« , a-t-elle répondu à un journaliste qui l’avait rencontrée en 1995 à Rangoon. « Je suis persuadé que les pensées des autres nous parviennent et nous aident, quel que soit le combat dans lequel nous nous sommes lancés. Et c’est la base même de la compassion : si vous comprenez la souffrance des autres, c’est le début d’une véritable compassion ».
« Œuvrer avec sagesse et compassion »
« À l’école du bouddhisme, il est nécessaire de toujours s’attacher à la sagesse et à la compassion« , a-t-elle poursuivi. Sans compassion, vous ne ferez jamais rien pour ceux qui souffrent. Sans sagesse, vous ne saurez pas que faire pour eux. Il s’agit d’une compassion volontariste, qui met en action. C’est ce que nous essayons de faire dans notre pays lorsque nous parlons de démocratie et de droits de l’homme. À moins que l’on ait cette compassion, cette empathie pour tous ceux et celles qui ont été privés des droits les plus fondamentaux, qui donnent la sécurité et la liberté, on ne peut pas dire dire que l’on pratique la compassion ».
« La démocratie, c’est un équilibre entre sécurité et liberté«
« C’est ce que veut dire la démocratie pour nous : un équilibre entre la sécurité et la liberté. Nous voulons les deux. Trop souvent, les gouvernements autoritaires se concentrent sur la sécurité et nous privent de la liberté. Mais il faut les deux. Et il faut s’attacher aux deux sur la base de la compassion« .
« L’aspiration spirituelle, une faculté essentielle »
« Le rôle des religions dans l’existence est important« , a souligné Aung San Suu Kyi, qui est de religion bouddhiste et qui a souvent expliqué avoir puisé des ressources dans cette tradition spirituelle durant ses 13 années passées presque sans discontinuer en prison ou en résidence surveillée. « L’élément spirituel, le développement de l’esprit, sont des facettes essentielles de l’être humain« .
« Le plus déterminant, c’est la révolution de l’esprit »
« J’ai dit qu’une véritable révolution était une révolution de l’esprit et c’est pourquoi je tiens autant à Victor Hugo, car il a comprend que toute véritable révolution part de l’intérieur« , a-t-elle poursuivi. En Birmanie, « il faut que ceux qui ne se sont pas encore impliqués en faveur des réformes le comprennent : une révolution en eux-mêmes est le meilleur moyen d’améliorer la situation du pays. La religion pour moi signifie cultiver son esprit. Bien sûr, le rapport à une religion doit se vivre dans la tolérance« .
« Tous les Birmans doivent redresser les routes »
« Les routes de Birmanie doivent être bâties, redressées, aplanies, viabilisées par les gens eux-mêmes« , a-t-elle insisté, reprenant un thème souvent développé lors de sa longue campagne de printemps pour les élections législatives. « On doit tous y travailler« . Une façon d’appeler les Birmans à se prendre en charge et à ne pas tout attendre de l’État ou d’elle-même.
« Se concentrer sur l’état de droit »
Aung San Suu Kyi appelle les acteurs politiques d’opposition, la communauté internationale et les multinationales à « se concentrer sur l’état de droit« . Les investisseurs internationaux comme Total doivent notamment veiller à la transparence et fonder leur engagement sur le respect des droits de l’homme et les meilleurs pratiques environnementales. » Je n’accepte pas tous les investissements« , a-t-elle lancé. « Je veux qu’ils soient en phase avec la démocratie et les droits de l’homme« .
« La France, de Victor Hugo à la soupe à l’oignon »
L’opposante formée dans sa jeunesse à Oxford et mariée à un Britannique aujourd’hui décédé a également fait part de son attachement pour la culture française. « La France évoque pour moi beaucoup de choses, de Victor Hugo à la soupe à l’oignon« , a-t-elle dit dans un petit rire. « C’est tellement de choses que je ne peux tout dire en quelques phrases« .
« La France, championne de la liberté »
« La France est l’un des tous premiers champions de la liberté dans le monde« , a-t-elle poursuivi. « L’esprit révolutionnaire français a toujours été important pour moi dans la lutte politique« .
« Un peu de français chaque jour »
« J’aime écouter la langue française. L’étude du français m’a absorbée pendant que j’étais en résidence surveillée. J’ai passé des heures pour comprendre un livre en français. Et aujourd’hui, la France et la culture française, ce ne sont pas des passe-temps vers lesquels je me tourne occasionnellement. J’essaie de lire un peu de français chaque jour. Je suis donc en permanence en contact avec la France, les idées, les pensées qui ont fait de la France un des tout premiers champions de la liberté dans le monde« .
François Hollande a souligné l’élévation des propos d’Aung San Suu Kyi et rendu hommage à l’auteur des Misérables. « Victor Hugo a été capable de concilier le poing levé et le souffle spirituel« , a analysé le président français. « Son parcours a été celui de la confluence entre une passion pour la liberté, qui a pu passer par les voies du romantisme et de la foi, et les aspirations démocratiques« .
« Je ne suis pas une icône »
À un journaliste qui lui demandait si elle se voyait en « Che Guevara féminine du 21 ° siècle », en « icône démocratique pour les jeunes », Aung San Suu Kyi a écarté cette perspective. « Je suis comme je suis« , a-t-elle souri. « Je ne souhaite pas promouvoir un culte de la personnalité. En général, les gens se rassemblent autour d’un mouvement lorsque celui-ci s’incarne dans un visage humain. Je crois que je représente ce mouvement pour la démocratie en Birmanie. Il faut que cela reste ainsi. Et les icônes, en général, elles ne font pas grand-chose. Moi, je travaille très dur, vous savez« .

DASSK & Burmese at Paris
http://www.youtube.com/watch?v=15Wb5NXcL6E&feature=share