Mise en garde contre les immolations et les liquides inflammables lors du Festival de courses de chevaux de Machu
vendredi 24 août 2012 par Rédaction , Monique Dorizon
Des centaines de membres des forces armées, en particulier de la police armée populaire, ont été déployées au Festival de courses de chevaux immensément populaire dans le Comté de Machu [1], le 12 août 2012, alors que les autorités locales appréhendaient l’organisation par des Tibétains de manifestations et d’immolations lors de cet événement public.

En plus de la présence sans précédent de personnel de sécurité armé, les autorités locales ont également publié un avis public qui contient 11 points, essentiellement pour demander aux Tibétains de s’abstenir de profiter de l’événement annuel pour exprimer leurs griefs en public.
L’avis, publié en tibétain et en chinois, interdit à quiconque de transporter des objets "inflammables" ou "toxiques" et de s’engager dans des activités de protestation sur le lieu de l’événement, et il ajoute que la violation des règles énumérées dans l’avis attirerait une punition allant de la "détention" à "des poursuites devant les tribunaux".

- Le point n° 5 interdit à quiconque d’amener des documents et dépliants ayant trait aux questions politiques, religieuses, culturelles ou économiques sans l’autorisation préalable des autorités compétentes.
- Le point n° 6 liste les objets interdits tels que "pétards, liquides inflammables, arcs et flèches, des épées et autres objets en fer, ainsi que des substances toxiques".
- Dans le point n° 10 du document, il est dit que des activités telles que "manifestations, protestations, appels, auto-mutilation, suicide, auto-immolation" et celles de "battre, écraser et piller" ont été jugées "illégales" et donc interdites lors de l’événement.
- Dans le dernier point figurent les punitions de ceux qui violent les règles : ceux qui commettent une "infraction de portée moyenne" seraient mis en "détention" alors que ceux qui participent à une infraction pénale plus forte seraient poursuivis en justice et condamnés en conséquence.

L’avis, qui s’applique à la fois aux participants et aux spectateurs de l’événement, déclare en outre que quiconque enfreint les règles serait exclus de la fête dans le futur et des mesures correspondantes seraient prises conformément à la loi du gouvernement.

Les courses de chevaux du Festival de Machu sont l’un des événements les plus populaires et les plus importants de la Province tibétaine de l’Amdo. Fréquenté par des milliers de personnes venant de tout le Tibet et de Chine, l’événement n’a pas eu lieu depuis plusieurs années, depuis les nombreuses protestations ayant éclaté en 2008 au Tibet. [2]

"Dans le document, la Chine a dit plusieurs choses, mais le principal problème est qu’ils ont peur que les Tibétains protestent contre le gouvernement et ils nous mettent en garde de ne pas nous mettre le feu ou de protester contre le gouvernement" a déclaré Dolkar Kyab, originaire de Machu et membre du Parlement tibétain en exil au Centre Tibétain pour les Droits de l’Homme et la Démocratie (TCHRD). [3]

En mars 2012, dans les huit Comtés de la Préfecture, les autorités chinoises de Kanlho ont publié un avis public, qui décourage tout type de manifestation anti-gouvernementale, et encourage plutôt le grand public à signaler en secret à la police toutes les activités "illégales" visant à nuire à la "stabilité sociale et à l’unité nationale".

Source : Tibetan Centre for Human Rights and Democracy, 20 août 2012.

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[1] Machu (en chinois Maqu, 玛曲县) est un district administratif de la Préfecture de Kanlho (Gannan ou 甘南藏族自治州 en chinois), dans la région tibétaine de l’Amdo, actuellement province chinoise du Gansu, qui peut être localisé sur cette carte.

[2] Voir l’article "Escalade de la violence au Tibet - Historique", du 14/03/2008.

[3] Dolkar Kyab est membre du XVème Parlement tibétain en exil.Fearing protests, China issues notice barring self-immolations at horse racing festival
Phayul[Tuesday, August 21, 2012 01:27]



Chinese armed forces in full riot gear deployed during the Machu horse racing festival in eastern Tibet on August 12 to deter public protests. (Photo/TCHRD)
DHARAMSHALA, August 21: Chinese authorities issued a notice barring Tibetans from setting themselves on fire and deployed hundreds of armed forces during a recently concluded horse racing festival in eastern Tibet.

With the wave of self-immolations continuing to burn across Tibet, local Chinese authorities took stringent measures ahead of the annual horse racing festival at Machu (Chinese: Maqu) in Kanlho, Gansu on August 12 to prevent public protests.

The Dharamshala based rights group Tibetan Centre for Human Rights and Democracy in a release Monday said that in addition to deploying an unprecedented number of People’s Armed Police personnel at the popular festival, local Chinese authorities also issued a 11-point public notice asking Tibetans to refrain from using the annual event to express their grievances in public.

“The notice, issued in both Tibetan and Chinese language, barred anyone from carrying 'flammable' and 'poisonous' objects and engaging in protest activities at the event venue, and added that violating the rules listed in the notice would attract punishment ranging from 'detention' to prosecution in the courts,” TCHRD said.

In pictures obtained by the group, Chinese armed forces in large numbers can be seen patrolling the gathering of Tibetans.

TCHRD has also released copies of the notice, in both Chinese and Tibetan languages, issued at the festival.


Point number ten of the notice states that activities such as demonstrations, protests, appeals, self-injury, suicide, self-immolation and beating, smashing, and looting are deemed illegal and thus banned at the event.

While point number six bans objects such as fire crackers, flammable liquids, bows and arrows, swords and other objects made of iron, as well as poisonous substances from the festival, point number five bans anyone from carrying documents and leaflets relating to political, religious, cultural and economic matters to the venue without prior permission from the relevant authorities.

“The notice, applicable to both participants and spectators at the event, further stated that whoever violated the rules would be barred from the festival in future and corresponding actions would be taken according to the law of the government,” the release said.

Attended by thousands of people from all over Tibet and China, the Machu horse racing festival was not held for a few years after the widespread 2008 Tibet uprisings.



The deepening crisis inside Tibet has witnessed large scale anti-China protests and a series of self-immolations that has now seen 50 Tibetans set themselves on fire, since 2009, demanding freedom and the return of the Dalai Lama from exile.

In March this year, Chinese authorities in the same region had issued public notices encouraging the general public to secretly report to the police any “illegal” activities aimed at harming “social stability” and “national unity”.

The notice issued in all eight counties of Kanlho, labeled participation in “illegal” organisations and “fabricating and disseminating rumors on social networking sites,” as acts “endangering national security” and “harming social stability.”