En effet, rien ne va plus entre ce pays de 2,8 millions d’habitants et la Chine, depuis que le gouvernement lituanien a autorisé, l’été dernier, l’ouverture dans la capitale Vilnius d’un bureau de représentation de Taïwan. La Chine, qui considère Taïwan comme faisant partie de son territoire, a aussitôt riposté en expulsant l’ambassadrice lituanienne de Pékin, et en rappelant son propre ambassadeur. Par la suite, elle a cessé d’accorder des visas aux ressortissants lituaniens.

Dernier rebondissement, Pékin cherche à modifier le statut de l’ambassade lituanienne à Pékin pour qu’elle devienne un bureau de chargé d’affaires, un changement qualifié de “bizarre et non conforme avec la convention de Vienne régissant les relations diplomatiques” par la conseillère diplomatique du président lituanien Gitanas Nauseda, relaye Verslo zinios.

Selon Gabrielius Landsbergis, le chef de la diplomatie, cité par LRT, un tel changement d’appellation aura “diverses interprétations possibles” pour les diplomates lituaniens, “concernant la prolongation de la validité de leurs cartes d’identité chinoises qui garantissent fondamentalement leur droit de voyager librement, de se déplacer librement dans la ville et le pays”. Il précise néanmoins que le départ précipité du personnel diplomatique “ne signifie pas la fermeture de l’ambassade”, qui sera maintenue “à distance.”

Solidarité tchèque

La République tchèque et Taïwan ont assuré la Lituanie de leur soutien. “Les sénateurs [tchèques] ont encouragé leur Premier ministre à faire preuve de solidarité et à évoquer la question au Conseil européen”, informe le site 15min. Les positions du président du Sénat tchèque à l’égard de la Chine sont aussi très fermes et en faveur d’une coopération plus étroite avec Taïwan.

À l’approche du Conseil européen de ce 16 décembre à Bruxelles, la conseillère diplomatique du président Gitanas Nauseda, citée par Verslo zinios, a indiqué que celui-ci évoquerait l’incident. “Nous pensons qu’il y aura une discussion sur la manière dont l’Union européenne, et plus précisément la Commission européenne, pourra aider la Lituanie dans cette situation”, a-t-elle déclaré.

Marielle Vitureau