Lettre ouverte et appel pour le Tibet aux dirigeants des Nations Unies, aux États membres et aux personnes de conscience du monde entier,
Je m’appelle Thepo Tulku. Je suis un lama tibétain vivant en exil.
En 1959, suite à l’occupation militaire illégale de ma patrie par le gouvernement communiste chinois, ma vie a basculé. Séparé de mes parents à l’âge de cinq ans seulement, je ne les ai jamais revus et ils sont décédés depuis.
Ma douleur est partagée par des millions de mes compatriotes. Sous le régime de Pékin :
Plus d’un million de Tibétains ont perdu la vie, victimes directes des politiques chinoises, de la famine et des camps de travail, dont plus de 160 000 ont été exécutés.
Plus de 170 Tibétains ont choisi l’immolation par le feu, au Tibet et à l’étranger, offrant leurs corps en sacrifice pour éveiller la conscience de l’humanité.
Aujourd’hui, la menace qui pèse sur notre survie s’est intensifiée de façon alarmante. Le 1er juillet 2026, Pékin a mis en application sa Loi sur l’unité et le progrès ethniques. Cette loi est un instrument explicite visant à accélérer juridiquement l’effacement complet de notre langue, de notre religion et de notre identité culturelle tibétaines uniques.
La communauté internationale reconnaît ce danger. Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a appelé à l’abrogation de cette loi, et huit titulaires de mandats spéciaux des Nations Unies ont averti qu’elle établirait des obligations contraignantes à l’échelle nationale qui anéantiraient l’autonomie des Tibétains, des Ouïghours et des Mongols du Sud. Pourtant, la direction des Nations Unies garde le silence.
Poussé par cet effacement insupportable et l’indifférence du monde, le soir du 2 juillet 2026, un Tibétain de 52 ans nommé Lobsang Palden – que nous connaissons sous le nom de Lobga Rangzen – s’est immolé par le feu devant le siège des Nations Unies à New York.
Rangzen signifie indépendance. En s’immolant par le feu aux portes de la plus haute instance diplomatique mondiale, Lobga lançait un ultime message désespéré : ne détournez pas le regard du Tibet.
Pourtant, interrogé sur cette profonde tragédie, le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, s’est contenté de remarques vagues sur le « respect des minorités ». Réduire notre lutte existentielle pour la survie à une simple question administrative d’harmonie entre minorités, c’est occulter la réalité fondamentale : le Tibet est une nation occupée, victime d’un génocide culturel.
Notre confiance envers les Nations Unies ne date pas d’hier.
Le 7 novembre 1950, le gouvernement tibétain s’adressait directement à l’ONU, déclarant : « Nous confions le problème du Tibet, dans cette situation d’urgence, à la décision ultime des Nations Unies, espérant que la conscience du monde ne permettra pas la destruction de notre État par des méthodes dignes de la jungle.»
En 1959, Sa Sainteté le dalaï-lama interpellait le secrétaire général Dag Hammarskjöld, ce qui aboutit à trois résolutions de l’Assemblée générale affirmant notre droit à l’autodétermination. Depuis 1965, soit six décennies, aucune mesure concrète n’a été prise. Pourtant, lors de chaque manifestation à travers le monde libre, les Tibétains continuent de scander : « ONU, nous voulons justice ! »
Notre combat s’appelle Bodhon dhentha selwa – l’effort pour faire éclater au grand jour la vérité ultime de la cause tibétaine. Comme Sa Sainteté le Dalaï Lama nous l’a enseigné, ce combat oppose le pouvoir de la vérité à celui des armes. Les armes peuvent sembler puissantes aujourd’hui, mais la vérité triomphera à long terme.
L’espoir a préservé l’engagement de notre mouvement envers la stricte non-violence. Mais lorsque l’espoir se heurte à un silence persistant, le désespoir s’installe. Le Tibet ne doit pas être ignoré simplement parce que son peuple choisit la paix plutôt que la violence.
J’appelle les Nations Unies et le monde libre à entreprendre une action diplomatique immédiate et proactive en faveur du Tibet. La cause du Tibet ne concerne pas seulement notre liberté ; c’est un principe fondamental pour la paix mondiale et la pérennité de la justice internationale.
Avec mes prières pour la paix et pour SAUVONS LE TIBET.

