Le lent réveil de la France face aux menaces de l’espionnage chinois
LA CHINE À L’ASSAUT DU MONDE. Paris s’éveille lentement au danger de l’espionnage de Pékin, découvrant ingérences, piratages, infiltrations et « kompromats » à répétition. Enquête.
Chez nous, c’est trop souvent le Palais des vents de Jaipur. » En cet hiver 2023, le directeur de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), Bernard Émié, est inhabituellement franc du collier. Il briefe à huis clos les députés de la commission d’enquête sur les ingérences étrangères. Et, après avoir évoqué le cas russe, bien connu, il n’hésite pas à forcer le trait pour dépeindre des « menaces chinoises sur la recherche scientifique ».
Objectif : tirer la sonnette d’alarme sur le risque d’espionnage chinois. En cause, le déni d’une partie des chercheurs aux idéaux iréniques de coopération scientifique « universelle » avec des savants chinois – si bien intentionnés soient-ils – toujours cornaqués par le Parti et l’armée. Et Émié de comparer ainsi sans ambages les universi…

