Genève, le 8 septembre 2025 : À l’ouverture de la 60e session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, le Haut-Commissaire Volker Türk a lancé un avertissement sévère : les droits de l’homme, fondement de la paix, de la justice et de la dignité humaine, sont confrontés à des menaces mondiales sans précédent. Citant les crises en Ukraine, au Soudan, au Myanmar, en République démocratique du Congo et à Gaza, il a condamné les atrocités, notamment les attentats à la bombe, la torture, les violences sexuelles, les déplacements forcés et la répression politique. Au-delà des zones de conflit, il a souligné le rétrécissement de l’espace civique, le recul du multilatéralisme et la discrimination à l’égard des minorités, des femmes et des communautés LGBTQ+. Malgré ces défis, il a noté des progrès dans la ratification des traités, l’abolition de la peine de mort et les initiatives locales en matière de droits de l’homme, appelant à un renforcement de l’éducation et de l’action collective.
Parallèlement, la Chine a récemment célébré le 60e anniversaire de la Région autonome du Tibet (RAT), célébrant des décennies de croissance économique, de développement des infrastructures et d’initiatives de modernisation. Les rapports officiels présentent ces réalisations comme une preuve des progrès réalisés sous la gouvernance chinoise. Pourtant, des observations indépendantes révèlent une réalité contrastée pour de nombreux Tibétains, qui continuent de faire face à de profondes restrictions sociales, culturelles et politiques.
La liberté religieuse et l’expression culturelle restent fortement restreintes. Des personnes comme Asang ont été arrêtées pour avoir chanté des chants en l’honneur de Sa Sainteté le Dalaï-Lama, illustrant les graves limites imposées aux pratiques spirituelles et culturelles. Les familles souffrent de profonds traumatismes émotionnels, comme l’illustre Gompo Kyi, qui a tenté de se suicider en raison de la détention prolongée de son frère. La mort de Gonjo Tulku Palden Wangyal, détenu en Chine, met encore davantage en évidence les risques auxquels sont confrontés les militants et les chefs religieux tibétains.
Les politiques éducatives et linguistiques ont encore exacerbé la répression culturelle. Les enfants tibétains sont souvent placés très jeunes dans des internats publics, où les programmes privilégient le mandarin et minimisent la culture tibétaine traditionnelle. Des observateurs ont constaté que ces pratiques menacent la transmission du patrimoine tibétain, contribuant à un sentiment croissant d’aliénation parmi les jeunes générations.
Le Haut-Commissaire des Nations Unies et le Bureau du Tibet ont régulièrement soulevé ces préoccupations dans les forums internationaux. Ils font état de restrictions croissantes aux libertés culturelles et religieuses des Tibétains, notamment le contrôle des monastères, l’assimilation forcée des enfants, la détention arbitraire, la surveillance et la criminalisation de l’expression pacifique. De telles mesures, souligne l’ONU, sont contraires aux obligations internationales en matière de droits humains.
À l’ouverture de la 60e session du CDH, le Haut-Commissaire Volker Türk a réaffirmé l’engagement continu du Haut-Commissariat aux droits de l’homme avec la Chine, soulignant l’absence de progrès concernant la protection des droits des Ouïghours et des autres minorités musulmanes du Turkestan oriental, ainsi que des Tibétains dans leurs régions. Il a affirmé que cela restait une priorité pour le dialogue et les efforts de suivi du Haut-Commissariat.
En conclusion de son discours, le Haut-Commissaire a réaffirmé l’universalité et l’indivisibilité des droits de l’homme, soulignant que leur protection est essentielle au bien-être de tous. Il a appelé à une solidarité mondiale renouvelée et à une action urgente pour défendre ces droits, avertissant que le monde se trouve à un tournant décisif où l’inaction pourrait mettre en péril les valeurs qui sous-tendent la paix et la justice.

