La 9e Conférence internationale des groupes de soutien au Tibet, qui s’est tenue du 22 au 25 février à Bruxelles, n’aurait pas pu mieux se terminer. Après la clôture de la conférence dans un hôtel du centre-ville de la capitale belge, les cent soixante-dix participants venus de quarante-deux pays différents, dont l’Argentine, sont sortis dans la rue pour prendre une photo de groupe. Au même moment, une importante colonne de manifestants en soutien à l’Ukraine défilait dans la rue. Ce fut un moment poignant, avec des groupes de soutien au Tibet criant « Libérez l’Ukraine ! », puis des manifestants en soutien à l’Ukraine répondant « Libérez le Tibet ! »
Une femme de la marche ukrainienne s’est approchée d’une participante à la conférence sur le Tibet et lui a tendu un drapeau ukrainien qu’elle a ensuite reçu en retour une écharpe blanche typique du Tibet. Ce fut un moment magique de solidarité démocratique internationale, où ceux qui réclament la liberté et la souveraineté pour deux territoires envahis par les autocraties – la Russie en Ukraine et la Chine au Tibet – ont convergé vers la capitale de l’Union européenne.
C’est ainsi que se sont achevées trois journées de soutien au peuple tibétain, après avoir abordé, entre autres sujets : la situation actuelle des droits de l’homme au Tibet, par Dukthen Kyi de l’Administration centrale tibétaine ; la surveillance et la sécurité au Tibet par Tenzin Dalha, chercheur au Tibet Policy Institute ; les pensionnats coloniaux au Tibet par le Dr Gyal Lo, militant tibétain et sociologue de l’éducation ; et les changements écologiques et les destructions au Tibet par le Dr Martin Mills, directeur du Centre écossais d’études himalayennes. Gyal Lo, militante tibétaine et sociologue de l’éducation ; et les changements écologiques et les destructions au Tibet par le Dr Martin Mills, directeur du Centre écossais d’études himalayennes. Dolkun Isa, président du Congrès mondial ouïghour, et Joey Siu, chercheur à Hong Kong Watch, ont également participé à la réunion.
L’ouverture de la conférence s’est déroulée en présence du Tchèque Mikuláš Peksa, président du Groupe d’intérêt sur le Tibet au Parlement européen ; l’Allemand Hans Gert Pöttering, ancien président du Parlement européen ; Sikyong Penpa Tsering de l’Administration centrale tibétaine ; et Vincent Metten, directeur de la Campagne internationale pour le Tibet en Belgique.
Le chrétien-démocrate Hans Gert Pöttering a rappelé qu’il n’avait pas accepté une invitation officielle en Chine parce qu’il n’avait pas été autorisé à se rendre au Tibet et aussi son rôle crucial dans le contexte des Jeux olympiques de Pékin 2008.
Pour sa part, Dukthen Kyi, de la Section des droits de l’homme du Département de l’information et des relations internationales de l’Administration centrale tibétaine, a souligné les revendications croissantes sur le Tibet lors du quatrième et dernier examen périodique universel au Conseil des droits de l’homme de l’ONU, qui s’est tenu le 23 janvier dernier. En 2009, quatre pays l’avaient fait, en 2013 il y en avait sept, en 2018 neuf et en 2024 ils en avaient atteint vingt : l’Allemagne, l’Autriche, l’Australie, le Canada, le Danemark, les États-Unis, l’Estonie, la France, l’Irlande, le Japon, la Lituanie, le Monténégro, la Norvège, la Nouvelle-Zélande, les Pays-Bas, la Pologne, le Royaume-Uni, la République tchèque, la Suède et la Suisse.
Comme on peut le constater, aucun pays d’Amérique latine n’a fait de recommandation à la Chine sur le Tibet lors de son récent examen des droits de l’homme à Genève, ce qui montre à quel point la région latino-américaine est loin de s’insérer au niveau international dans la revendication de nobles causes, y compris des pays comme l’Argentine, le Chili et l’Uruguay qui ont vécu de terribles dictatures militaires. Cliquez ici pour en savoir plus.
Et à Pau le 28 février 2022



