Et un titre de plus ! Déjà Président de la république, secrétaire général du parti communiste, président de diverses commissions de haut niveau, quitte à passer par-dessus les ministères régaliens et, enfin, président de la commission militaire centrale, Xi Jinping vient encore de prendre du galon. Le leader chinois est également « commandant en chef » du centre de commandement conjoint de l’armée populaire de Chine, l’APL. Les médias officiels viennent de l’annoncer, ou plus exactement viennent de le désigner ainsi, pour la première fois, en relayant sa visite dans le centre en question
En tenue de camouflage, chaussé des bottes réglementaires, mais sans décoration ostentatoire, Xi Jinping, dont la propagande dit qu’il admire Qi Jiguang – un héros de la lutte anti japonaise du XVIe siècle – et qu’il rêvait d’être soldat étant jeune, a profité de sa visite pour rappeler (si besoin en était) au gratin des officiers présents leur devoir de loyauté (envers le parti). Mais aussi l’impératif d’efficacité qui doit guider leurs actions, ce qui demande de penser différemment pour s’adapter aux exigences de la guerre moderne. « Tout doit être fait avec pour but ultime d’améliorer les capacités du centre de commandement », a déclaré le « commandant en chef », rappelant qu’en la matière, le juge de paix de l’efficacité ne souffre pas de doute : il s’agit bien de pouvoir remporter une guerre.
Pour Song Xiaojun, spécialiste militaire, cette désignation officielle est avant tout un signe de « transparence ». Non seulement le centre de commandement existe depuis 2014, mais en plus la ligne est claire : Xi Jinping est le chef de l’armée et l’armée dépend du parti. « Avant, on ne l’avait pas dit ouvertement, mais cela toujours comme cela », explique-t-il aux « Echos ». A un peu plus d’un an du renouvellement du comité permanent du bureau politique, le président montre ainsi, pas médias officiels interposés, qu’il détient tous les leviers de direction du pays. Certains spécialistes estiment qu’il faut remonter à Deng Xiaoping et Mao pour constater pareille puissance.
Xi Jinping a annoncé l’année dernière une grande réforme de l’armée chinoise pour l’adapter aux impératifs de la guerre moderne qui font la part belle aux opérations de projection air-mer-terre conjointes, et à la numérisation croissante du champ de bataille. Cette réforme, qui a fait grincer des dents en interne, s’accompagne de la suppression de 300.000 postes sur les 2,3 millions que compte l’APL. Elle s’applique alors que la campagne anti-corruption lancée en 2012 n’épargne pas les rangs. Ex-plus haut gradé du pays, le général Guo Boxiong en sait quelque chose puisqu’il a attend de connaître son sort après avoir été convaincu d’avoir touché environ 80 millions de Yuans de pots de vins, soit un peu plus de 11 millions d’euros.
La Chine compte 1,373 milliards d’habitants, et même un peu plus
« Sept cent millions de chinois, et moi, et moi, et moi… » S’il lui venait à l’esprit de relancer sa célèbre chanson, écrite et composée en 1966, Jacques Dutronc serait obligé de remanier le refrain. La Chine comptait en effet 1,373 milliards d’habitants début novembre, selon les chiffres du Bureau national des statistiques, soit 33,77 millions de plus qu’en 2010, date du dernier recensement. Conséquence du développement économique mais aussi de la politique suivi par le gouvernement, les Chinois désertent de plus en plus les campagnes : le dernier comptage en date montre que 767,5 millions d’entre vivent en villes, soit 55,88% de la population, contre 49,7% en 2010. Autre fait notable : le vieillissement puisque les plus de 60 ans représenteront plus du tiers de la population en 2050, contre 16,5% aujourd’hui. C’est à cette échéance que la Chine atteindra son pic de population rappelle « Reuters », que les démographes estiment à 1,45 milliards d’habitants. Soucieuse de ralentir cette tendance, la Chine a mis fin l’année dernière à sa politique de l’enfant unique en vigueur depuis les années 70.Pékin fait le ménage dans la finance en ligne chinoise
Opération vérité dans la finance en ligne chinoise. Décidées à faire le ménage dans un secteur qui a explosé ces dernières années mais plombé par de nombreux scandales, les autorités chinoises ont suspendu sine die l’enregistrement de toute entreprise financière, le temps de passer au crible celles qui existent déjà, selon le très sérieux magazine « Caixin ». Sont concernés par la suspension toutes les entreprises d’investissements, de prêts sur Internet, de financement participatif ou encore les fondations. Celles qui sont déjà établi vont devoir passer par les fourches caudines des gouvernements locaux à qui la banque centrale et plusieurs ministères ont demandé de vérifier la réalité de leurs affaires.Une liste négative des canards boiteux sera établie. Le ménage est censé durer un peu moins d’un an. Les plateformes de « Peer to peer » qui mettent directement en relation emprunteurs et investisseurs et de « crowdfunding » (financements participatifs) seraient particulièrement dans le colimateur.

