Depuis lundi 1er février, les autorités provinciales à fixer des quotas pour les centrales thermiques et les entreprises énergétiques peuvent s’échanger des droits de polluer.
L’objectif de ce marché carbone, qui devait être initialement lancé en 2017, est de faire baisser les émissions polluantes en les rendant plus coûteuses pour les sociétés qui les génèrent. Compte tenu de la taille de l’économie chinoise, ce système devrait détrôner celui mis en place en 2005 dans l’Union européenne pour devenir au niveau mondial le premier système d’échanges de quotas d’émissions (ou ETS selon les initiales tirées de l’anglais). Les amendes prévues pour les entreprises qui dépassent les quotas d’émissions sont « trop basses pour être dissuasives » Selon les nouvelles règles, les quelque 2 000 centrales qui émettent plus de 26 000 tonnes de gaz à effet de serre par an sont concernées. Une fois à son rythme de croisière, le nouveau système devrait couvrir le tiers des émissions de gaz carbonique en Chine, d’après le Partenariat international d’action sur le carbone.
ENFIN, un premier pas… pourrions-nous dire, depuis les accords de Paris de la COP 21, en 2015. Pékin, si prolixe à arrêter ses lanceurs d’alerte, tel le docteur Li Wenliang, n’a pas les mêmes soucis de transparence et de rapidité en ce qui concerne ses taux d’émissions de CO2/kwh d’électricité produit.
Partout dans le monde la construction de centrales à charbon a reculé de 84% entre 2015 et 2018, de 39% en 2018.
Bien sûr, la Chine fait exception à la règle, alors qu’elle représente la moitié des capacités de centrales à charbon dans le monde. En 2019, le Conseil de l’électricité chinois, représentant les installations électriques du pays, avait même appelé à augmenter la capacité des centrales à charbon nationales jusqu’à 1 300 gigawatts d’ici à 2030, soit 30% de plus que les niveaux actuels !
Ce nombre de centrales et leur capacité restent donc incompatibles avec les objectifs de l’accord de Paris. Donc en contradiction totale avec une signature même non-contraignante !
S’agit-il de la seule responsabilité de la Chine ?
Quid de la France ? Bien qu’elle soit le pays au plus bas taux d’émission de CO2*, la France a importé en 2020 pour 52 millards€ de produits « made in China », soit une augmentation de 5%/an. Notons qu’il s’agit de près de 425 milliards € pour toute l’Union Européenne.
En conséquence, en France donc, nous citoyens et consommateurs français, nous devons nous considérer, indirectement et inconsciemment, complices du plus gros pollueur mondial, alors que nous sommes les premiers à nous offusquer des conséquences pratiquement irréversibles du réchauffement climatique : fonte des pôles, montée des eaux, transfigurations des montagnes *, migrations climatiques etc…
Il devient urgent que l’Union Européenne instaure une taxe carbone à ses frontières.
*en mixte énergétique de production électrique
* »transfiguration des montagnes » : Le Monde
illustration : electricity map du 01er février 2021 17h30:
C’ était … Le mot du bureau

