Reconnaissance faciale, classification ethnique, identification de personnes fichées… La réalité effrayante de la ville intelligente à la sauce chinoise transparaît dans des données en ligne que quelqu’un a oublié de protéger.
Ceux qui se demandaient à quoi peut bien ressembler un système de surveillance dans une ville chinoise sont désormais servis. Les données d’un tel système étaient librement accessibles en ligne depuis un navigateur web, sans aucun contrôle d’accès. Elles ont été trouvées par le chercheur en sécurité John Wethington, qui a collaboré avec TechCrunch pour contacter le fournisseur impliqué et publier les informations qui en découlent.
La base de données était hébergée par le géant chinois Alibaba qui a immédiatement contacté son « client », sans toutefois le nommer. Mais au regard des informations qu’elle contenait et que le chercheur a pu analyser, il est très probable qu’il s’agissait d’une agence gouvernementale ou d’une organisation qui collaborait avec une telle entité.
On y trouvait des données de reconnaissance faciale collectées dans un quartier de Beijing, la capitale chinoise. Le système était capable d’évaluer toute une série d’aspects physiques : âge, pilosité, humeur, présence de lunette ou d’un masque, etc. Il permettait en particulier de distinguer certaines ethnies comme les Hans, qui forment la majorité de la population chinoise, ou les Ouïghours, qui sont particulièrement opprimés par le gouvernement.

