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05/01/24 | 7 h 30 min par Stéphane Lagarde

CHINE : « Nuits des longs couteaux » en 2023 : purge massive

Chine: purge record de hauts responsables du parti

En Chine, l’appareil de surveillance et de répression de la corruption n’a pas chômé en 2023. C’est même une année record pour la destitution de responsables accusés d’avoir dérogé avec les règles du parti. Et les retraités ne sont pas épargnés.

Avec notre correspondant à Pékin,

Les retraités ne sont plus à l’abri ! Ce sont même les plus représentés parmi les hauts fonctionnaires démis de leur fonctions l’an passé, dans le cadre de procédures anti-corruption en Chine. Selon le décompte du South China Morning Post, 2023 a vu s’accélérer la chasse aux « tigres » avec des enquêtes lancées contre 45 hauts cadres des institutions centrales. Considérés comme des « ripoux » du parti, ces derniers sont directement placés sous le coup de la justice interne de l’appareil politique chinois, à savoir la Commission centrale de contrôle de la discipline.

Cadres nus et retraités sous surveillance

Aussi puissante que l’inquisition, l’institution dispose de millions d’inspecteurs sur tout le territoire. Des agents capables de remonter dans les archives. Vingt-sept de ces 45 « cadres nus » – autrement dit qui ont perdu leur statut de membre du parti – étaient à la retraite quand ils ont fait l’objet d’une surveillance disciplinaire. L’histoire la plus médiatisée étant celle d’un grand-père, ancien haut fonctionnaire, trahi par les posts de sa petite fille sur les réseaux sociaux. « L’énorme richesse de notre famille a été fournie par le travail de nombreux Chinois, je dépense en un seul jour tout l’argent qu’une personne qui me critique a gagné en un an », écrivait cette dernière attirant les soupçons. Le grand-père en question a, lui aussi, fait l’objet d’une enquête seize ans après avoir quitté son poste : « Cela montre que les éléments corrompus ne peuvent pas dormir confortablement même après leur retraite, et que la corruption finira par être démasquée », affirmait en octobre le Quotidien du Peuple.

Guerre aux corrompus au sein de l’armée

Une focalisation sur les retraités qui montrent que davantage de fautes concernent des faits antécédents à l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping. Depuis 2013, le président chinois a fait de la lutte contre la corruption son cheval de bataille et un outil pour purger ses adversaires. Une guerre aux corrompus qui est moins médiatisée lorsqu’il s’agit de l’armée. Samedi dernier, neuf généraux ont été limogés. Cinq faisait partie de la « rocket force » affectée par un scandale qui, en 2023, a peut-être contribué à faire tomber Li Shangfu, l’ancien ministre de la Défense.

Lutte contre le formalisme et la bureaucratie

Cette lutte contre la corruption s’inscrit également dans la campagne de « grande renaissance » de la nation et donc du parti pour le président chinois. Une purge en avant qui concerne tous les échelons de l’appareil. Au-delà des « tigres » corrompus, le travail de « rectification » entend modifier les comportements jugés inefficaces. « Le formalisme et la bureaucratie, voilà l’ennemi », dit en substance le règlement révisé sur les actions disciplinaires du Parti communiste chinois publié le 27 décembre. Le texte prévoit de punir « les actions lentes et les fausses actions qui nuisent aux intérêts des masses », ainsi que la fraude statistique et « l’abus de responsabilité ». La Commission centrale du contrôle de la discipline doit entamer sa troisième séance plénière lundi prochain. Purge must go on !