Cette opération contre les avocats se caractérise par l’arrestation massive de nombreux avocats ou par leur convocation au commissariat [au moins 233 personnes ont été inquiétées, 14 ont été placées en détention criminelle, 6 ont disparu]. Elle a été lancée simultanément et de façon coordonnée par les forces de police sur tout le territoire. Elle donne lieu à un déchaînement d’articles accusateurs dans la presse officielle dans tout le pays. Plusieurs prévenus ont été forcés à avouer leurs fautes sur la chaîne de la télévision centrale, avant même de comparaître devant les tribunaux, afin de faire un exemple et d’intimider. De leur côté, les sites officiels du ministère de la Sécurité publique et de la Cour suprême ont publié des articles condamnant sans jugement des personnes, en affirmant qu’elles appartenaient à des “bandes criminelles”.
 Dénigrement, censure, purge
On assiste également à une campagne de dénigrement et à des tentatives de salir en public l’image morale de certaines personnes. En l’espace de quelques jours, des commentateurs “sur commande” d’articles sur Internet ont publié sur différents sites et médias des messages “révélant” ou “dénonçant” les “atteintes à la morale” (telles qu’une vie sentimentale débridée, la fréquentation de prostituées ou des escroqueries financières) des individus mis en cause. Enfin, il a été procédé à de nombreuses fermetures de comptes Internet, suppressions de messages ou interdictions de s’exprimer. Toutes les opinions évoquant une remise au pas des avocats à travers ce mouvement ont été censurées, tandis que les commentateurs du web à la solde du pouvoir accablent d’injures et de propos vexatoires les auteurs des articles s’interrogeant sur de telles pratiques, notamment les avocats et les chercheurs. En conséquence, je considère qu’il ne s’agit pas d’une action ordinaire d’application de la loi, mais bien d’une purge politique qui vise les avocats.

Pourvu que j’aie tort !

Quand l’on pourra me garantir que la police agit en toute légalité en respectant 6 principes élémentaires – à savoir : 1) permettre, comme le prévoit la loi, à une personne arrêtée d’avertir immédiatement ses proches et l’autoriser à voir un avocat ; 2) ne pas forcer un prévenu à reconnaître ses torts devant les caméras de télévision, ou du moins permettre qu’un avocat l’assiste ; 3) ne pas orchestrer sur Internet de vastes campagnes de dénigrement moral (en particulier avec des dénonciations utilisant des expressions dignes de l’époque de la Révolution culturelle, comme “avocat pourri”, “juriste véreux”, “traître à la Chine”, “vendu”, ou encore des accusations très belliqueuses inspirées de citations de Mao Zedong) ; 4) accorder aux personnes visées par des articles accusateurs dans la presse officielle un droit de réponse ; 5) ne recourir à aucune forme de torture pour extorquer des aveux ; 6) rendre publics l’ensemble des pièces juridiques justifiant cette campagne nationale ainsi que toutes les circulaires donnant des instructions en la matière –, alors, et alors seulement, je reconnaîtrai avoir eu tort en qualifiant ce mouvement de purge politique digne de la “campagne anti-droitistes” [vaste mouvement de répression qui a fait des centaines de milliers de victimes en 1957] ou de la Révolution culturelle [1966-1976], et je me livrerai à la justice pour expier mes fautes et demanderai sincèrement pardon à tous les lecteurs de cet article ! Note : Fan Zhongxin est professeur à la faculté de droit de l’Ecole normale supérieure de Hangzhou, directeur de thèse, président exécutif de l’Association chinoise d’histoire du droit. Ce texte diffusé sur les réseaux sociaux a été rapidement censuré, comme beaucoup d’autres réactions du monde des avocats. Lire aussi :

 

 

Chinese Human Rights Lawyers Face Systematic Government Crackdown 

The World Movement for Democracy strongly condemns the mass arrests and harassment of human rights lawyers and activists in China, and joins the international community in demanding that the Chinese government immediately stop the systematic crackdown on civil society in the country.

Photo credit to credit to 巴丢草
 

From July 10 to 17, more than 222 human rights lawyers, law firm staff, and activists in China were detained, arrested, or summoned by the local police across the country. To date, nine lawyers and two activists have been criminally detained or put under residential surveillance, and it is feared that these lawyers and activists will face police brutality. In addition, four lawyers and eleven other activists are still incommunicado, and more than 179 persons have been temporarily detained or forcibly summoned by police.

The list of those targeted includes Wang Yu, a prominent human rights lawyer who works for Fengrui Law Firm in Beijing, her husband and their 16-year old son, as well as her co-workers. Other renowned lawyers, such as Li Heping and Sui Muqing, were also taken by the police in Tianjin and Guangzhou, respectively. As of today, Li is still detained, Sui is under residential surveillance, and both have been threatened with the charge of « picking quarrels and provoking troubles. »

In other areas of China, lawyers who have previously participated in human rights cases, or openly criticized officials for violating human rights, were also summoned and questioned by local police. Xie Yang, a lawyer based in Hunan,was taken away on July 11,soon after he signed a public statement with 101 other lawyers to show solidarity with Wang Yu on July 9.

On July 1, a new national security law was passed by the National People’s Congress, which allows the authorities to take official actions against potential threats to national security. Legal experts fear that the passage of this new law, with its vague provisions, will be used to justify more restrictions and control of civil society.

The World Movement for Democracy is very concerned that repressive measures will continue against human rights defenders in China. Please show your solidarity with the repressed lawyers, activists, and their families by sending a message to the Chinese Ministry of Foreign Affairs that the global community is watching and condemns the crackdown against human rights lawyers.

Please share this message on Twitter and Facebook:

I urge #China to release detained human rights lawyers & activists, and end its crackdown on civil society! #SetThemFree

 

Other statements in support for human rights lawyers and activists in China:

  1. Amnesty International
  2. Freedom House
  3. U.S. Department of State
  4. European Union
  5. The Office of the United Nations High Commissioner for Human Rights (OHCHR)
  6. China Human Rights Lawyers Concern Group
  7. International Services for Human Rights
  8. Christoph Strässer (Federal Government Commissioner for Human Rights Policy and Humanitarian Aid)
  9. Front Line Defenders
  10. Congressional-Executive Commission on China
  11. Taiwan Association for Human Rights
  12. Initiatives for China
  13. Committee to Support Chinese Lawyers
  14. China Human Rights Defenders
  15. Progressive Lawyers Group
  16. The Federation for a Democratic China (FDC) (in Chinese)
  17. Chinese Human Rights Defenders
  18. Human Rights Now (in Chinese)
  19. The Legal ECs
  20. The Foreign Correspondents’ Club, Hong Kong
  21. Law Council of Australia
  22. The Law Society
Consulter : http://www.initiativesforchina.org/