C’est le plus grand procès politique dans l’histoire de Hong Kong. 45 militants pro-démocratie ont été condamnés le 19 novembre à de sévères peines de prison. En cause, leur rôle joué pendant l’immense vague de contestation qui avait saisi l’ancienne colonie britannique jusqu’à l’imposition en 2020 d’une loi sur la sécurité nationale qui a sonné le glas des libertés publiques.
Il est considéré par les autorités comme le cerveau de cette contestation inédite à Hong Kong. Benny Tai Yiu-ting (戴耀廷) a été condamné à la peine la plus lourde : dix ans de prison. Joshua Wong Chi-fung (黃之鋒), l’un des plus jeunes militants prodémocratie, a, lui, écopé d’une peine de quatre ans et huit mois. Condamnés aussi Claudia Mo Man-ching (毛孟靜), ancienne reporter de l’Agence France-Presse, à quatre ans et deux mois, Gwyneth Ho Kwai-lam (何桂藍), ancien journaliste, à sept ans et Leung Kwok-hung (梁國雄), connu sous son surnom de « Long Hair », a six ans et neuf mois.
Souvent baptisé le « groupe des 47 », ces activistes avaient été 47 à être inculpés. Aujourd’hui au nombre de 45, ils avaient été arrêtés les uns après les autres lorsque, à la demande insistante des autorités de Pékin, l’exécutif de Hong Kong avait décidé de réprimer ces manifestations qui avaient réuni jusqu’à deux millions de contestataires dans les rues de l’ancienne colonie britannique où vit une population de 7,2 millions d’âmes. Ceux-ci manifestaient leur opposition à la mainmise qu’ils estimaient de plus en plus lourde et envahissante du gouvernement central de Pékin sur cette ville à qui l’ancien dirigeant chinois Deng Xiaoping avait pourtant promis cinquante années de libertés publiques en vertu du concept dont il était l’inventeur, « un pays, deux systèmes ». Un concept dont l’imposition en juin 2020 d’une « Loi sur la sécurité nationale » avait prononcé l’acte de décès.
Rien, sans doute, ne peut mieux illustrer la situation tragique dans laquelle se trouve Hong Kong actuellement que le sort de Claudia Mo Man-ching. Élue après son départ de l’AFP députée au LegCo (Conseil législatif, le parlement hongkongais), elle s’était illustrée par son vibrant combat pro-démocratie, montrant un courage qui lui avait valu respect et admiration dans la population de la cité. Elle le paie cher aujourd’hui. Arrêtée le 6 janvier 2021, elle avait été incarcérée pour « sédition » et « intelligence avec des forces étrangères ». Mobile de ce double « crime » : avoir dénoncé en public les exactions commises par la police contre des manifestants et, plus généralement, l’emprise de Pékin sur l’ancienne colonie britannique.
Le 4 juin 1989, Claudia Mo avait été témoin du massacre de la place Tiananmen à Pékin, envoyée par l’AFP sur les lieux. « J’ai alors vu des flaques de sang tout le long de l’avenue Chang’an [au centre de Pékin] et j’entendais le bruit sourd des convois de chars qui s’approchaient de la place », confiait-elle à son retour à Hong Kong au South China Morning Post, quotidien de langue anglaise qui à cette époque n’était pas encore contrôlé par la propagande de Pékin. Ces événements changèrent sa vie. Ce jour-là, des centaines de manifestants, autour de 2 700 selon plusieurs sources crédibles, qui réclamaient davantage de démocratie, ont été froidement abattus par des soldats de l’Armée populaire de libération sur l’ordre de Deng Xiaoping.
Élue au parlement hongkongais, Claudia était devenue une activiste connue, engagée pour le respect des droits humains. Le 6 janvier 2021 à l’aube, une bonne dizaine de policiers s’étaient présentés devant son appartement et s’étaient mis à frapper furieusement à sa porte. « Ils se sont comportés comme des sauvages » en entrant dans l’appartement, raconte un témoin de la scène, cité par le Financial Times.
Claudia avait alors 64 ans et son mari, le Britannique Philip Bowring, 79 ans. Les deux s’étaient connus au Club de la presse étrangère à Hong Kong, lui travaillant alors pour le Financial Times. Ils ont deux fils, Simon et Gavin. Elle avait pendant son procès plaidé coupable et sa peine lui permet d’espérer une libération début 2025.
« J’aime Hong Kong, Bye Bye »
Le sort de Claudia Mo n’est qu’une illustration parmi beaucoup d’autres de la chape de plomb qui s’est abattue sur l’ancienne colonie depuis sa rétrocession à la Chine, en 1997, à la suite de l’accord signé 13 ans plus tôt entre la Première ministre britannique de l’époque Margaret Thatcher et son homologue chinois Zhao Ziyang. L’emprise de Pékin s’est accélérée à partir de 2019, conséquence des manifestations monstres de jeunes militants qui défilaient pour exiger davantage de démocratie. Jusqu’à 2 millions d’habitants ont manifesté en juin 2020, un record dans l’histoire de la cité.
Dans la « déclaration commune » conclue avec Margaret Thatcher, le régime chinois promettait aux habitants de Hong Kong cinquante ans d’un mode vie inchangé et de libertés qui, sans être à proprement parler démocratiques, leur permettraient de bénéficier d’un climat ouvert sur les plans politique, social et culturel. En 1984, Deng Xiaoping avait expliqué à la Première ministre britannique venue le rencontrer à Pékin qu’il n’était pas question que le Royaume-Uni conserve Hong Kong mais que la ville resterait quelque peu maîtresse de son destin pendant cinquante ans en vertu de son concept « un pays, deux systèmes ».
Ce concept, Pékin espérait aussi l’utiliser pour convaincre la population de Taïwan d’accepter sa « réunification » avec le continent, terme régulièrement utilisé par la propagande chinoise mais impropre puisque le Parti communiste chinois n’a jamais administré l’île depuis son arrivée au pouvoir en 1949. L’imposition par les autorités chinoises de la « Loi sur la sécurité nationale » en juin 2020 a réduit ce rêve à néant. Tout acte jugé contraire à cette loi peut désormais valoir la prison à perpétuité à quiconque à Hong Kong est jugé coupable de « sédition », « séparatisme » ou « intelligence avec des forces étrangères ».
« Personne ne peut s’engager dans des activités illégales au nom de la démocratie en espérant se soustraire à la justice », a déclaré le 19 novembre un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères à Pékin, qui s’est dit « opposé aux pays occidentaux qui sabotent l’État de droit à Hong Kong ».
Ces jugements étaient attendus depuis plusieurs mois mais leur sévérité a surpris. S’il était difficile pour les familles des condamnés d’exprimer publiquement leur tristesse au risque d’aggraver la situation de leurs proches, des militants pro-démocratie ont fait part de leur désarroi. « Nous sommes profondément consternés et leurs familles dont dévastées », a ainsi déclaré Emily Lau, ancienne présidente du Parti Démocratique de Hong Kong, citée par la BBC, précisant qu’elle n’avait pas pu entrer dans la salle d’audience qui était déjà pleine à son arrivée.
Avant le début de l’audience, une femme âgée, Regina Fung, citée par la BBC, s’est mise à chanter « Tout le monde est concerné, tenez-vous au côté de Hong Kong », avant de déclarer : « C’est très triste, même le temps est misérable aujourd’hui. » À la fin de l’audience, Joshua Wong, 28 ans, s’est adressé à la foule présente en déclarant : « J’aime Hong Kong, Bye Bye », avant d’être conduit vers la sortie. Il avait lui aussi plaidé coupable en espérant la clémence des juges. Sa peine s’ajoute pour lui à plusieurs autres pour des manifestations en 2019 et 2020, pour lesquelles Wong avait déjà été condamné à près de 2 ans au total, principalement pour participation à des manifestations interdites.
Né en 1996, un an avant la rétrocession, Joshua Wong avait été avant même sa majorité l’une des principales figures des lycéens et étudiants mobilisés à partir de 2011 contre des réformes du système scolaire introduisant la propagande du Parti communiste chinois dans les programmes. Ce programme n’était que l’un des nombreux signes de l’emprise croissante de Pékin dans les affaires de Hong Kong.
« Se présenter à des élections et tenter de gagner est maintenant un crime qui peut conduire à une décennie en prison à Hong Kong »
Benny Tai a reçu la peine la plus lourde, les juges estimant qu’il s’était montré « en faveur d’une révolution ». Professeur de droit à l’époque, il avait, en compagnie d’autres militants pro-démocratie, organisé des primaires aux élections législatives locales prévues à l’automne 2020 dont les sondages auguraient pour eux une possible victoire. Ce scrutin avait alors été reporté, les autorités prétextant les risques liés à la pandémie de Covid-19 avant d’arrêter début 2021 les meneurs de la contestation qui, pour la plupart, ont été ensuite inculpés au titre de la loi de sécurité nationale pour « conspiration en vue de commettre une subversion » et de renverser le gouvernement en place.
Né en 1964, Benny Tai, juriste respecté dans la cité, avait théorisé l’action des démocrates hongkongais depuis 2014 et le rassemblement « Occupy Central », lors duquel des manifestants avaient campé devant le siège du gouvernement, faisant des parapluies les symboles de la contestation hongkongaise. « Je pense que personne ne devrait passer un seul jour en prison sur la base de fausses accusations », a quant à elle déclaré Chan Po-ying, l’épouse de Long Hair, au quotidien japonais Nikkei Asia. Philip Bowring, l’époux de Claudia Mo, a pour son part expliqué qu’elle était « de bonne humeur » et qu’elle était « une femme forte ». « Nous avons attendu si longtemps », a-t-il expliqué, précisant qu’elle et lui ne pensaient pas quitter Hong Kong lorsqu’elle sera libérée.
« Se présenter à des élections et tenter de gagner est maintenant un crime qui peut conduire à une décennie en prison à Hong Kong, a souligné Maya Wang, directrice adjointe pour la Chine de l’ONG Human Rights Watch. Ces jugements sévères de dizaines d’activistes prodémocratie reflètent à quel point les libertés civiques à Hong Kong, l’indépendance de sa justice ont chuté au cours des quatre dernières années, depuis que le gouvernement chinois a imposé cette Loi sur la sécurité nationale draconienne sur la ville. »
Les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Union européenne ont dénoncé ces peines de prison, des réactions qui si elles étaient attendues n’étaient que de pure forme. Elles ne changeront rien à la situation de Hong Kong depuis 2020 où toute contestation publique est désormais quasi impossible au risque pour leurs auteurs d’être immédiatement arrêtés et sévèrement châtiés.
« Les peines prononcées aujourd’hui sont une démonstration claire de l’usage par les autorités de Hong Kong de la Loi sur la sécurité nationale pour criminaliser toute dissidence politique », a ainsi estimé le gouvernement britannique, soulignant que les accusés n’avaient en réalité qu’exercé « leurs droits à la liberté d’expression, d’assemblée et de participation à [la vie] politique ». Les États-Unis ont estimé que ce procès et son issue étaient « motivées politiquement » tandis que l’Australie a formulé de « graves objections ».
De nombreux activistes de Hong Kong s’étaient mêlés à la foule de quelque 400 personnes qui s’étaient massés devant le bâtiment du tribunal et dont seule une minorité a été admise dans la salle du prétoire. Bobo Lam, qui avait été lui aussi été arrêté en vertu de la loi sur la sécurité nationale, a déclaré à la BBC qu’il était venu en signe de solidarité avec ses amis en prison, et « pour leur faire savoir que nombreux sont encore ceux à Hong Kong qui ne les ont pas oubliés ».
La publicité donnée par les autorités de la ville à ce procès et aux jugements prononcés illustre leur volonté de s’en servir pour dissuader les habitants de Hong Kong de toute idée de dissidence à l’avenir. « Les autorités centrales utilisent ce procès pour rééduquer la population de Hong Kong », a expliqué à la BBC John P. Burns, professeur émérite à l’université de Hong Kong. La leçon que doivent en tirer les habitants de Hong Kong est que « la sécurité nationale est la première des priorités du pays et le message : ne cherchez pas à nous défier sur ce sujet ».
Dans un communiqué, Amnesty International a dénoncé une « purge impitoyable » : « Aucune des 45 personnes condamnées n’a commis un crime reconnu par le droit international ; elles sont incarcérées simplement pour avoir exercé leurs droits fondamentaux. » Pour Stephan Ortmann, professeur associé dans une autre université de la cité, les peines prononcées le 19 novembre « impriment un précédent sur la sévérité des punitions à l’encontre de la dissidence politique. L’autocensure est désormais la norme » à Hong Kong, ancienne place financière en Asie. Mais pour Sunny Cheung, un activiste qui s’était présente aux primaires en 2020 et qui a fui la ville pour se réfugier aux États-Unis, les choses ne sont pas aussi simples : « Ils [les autorités] pourraient se féliciter d’une certaine façon car la totalité de l’opposition a été éliminée […] mais ils n’ont plus la confiance du peuple. »
En cas de victoire électorale à ces primaires, le mouvement pro-démocratie avait à l’époque fait savoir que les élus dans leurs rangs comptaient mettre leur veto durant les débats budgétaires du conseil législatif, ce qui aurait pu forcer à la démission la dirigeante pro-Pékin de Hong kong à l’époque, Carrie Lam, une menace qui avait sonné l’alarme au sein de l’exécutif hongkongais pro-chinois.
La lourde peine pour « Long Hair » (« cheveux longs » en anglais) Leung Kwok-hung, sanctionne l’engagement précurseur de ce militant radical, qui avait été pionnier dans les actions publiques pacifiques, dès les années 2000, pour dénoncer l’autoritarisme croissant du gouvernement hongkongais sous l’influence de Pékin. Long Hair paie de fait pour ses 24 condamnations passées, davantage que pour son rôle dans les primaires et les élections de 2020.
Ligne rouge
Aujourd’hui à Hong Kong, toute forme de dissidence est donc bâillonnée. Les militants pro-démocratie sont en prison ou en exil. La peur, sinon même la terreur, règne dans la ville. Le raidissement idéologique se poursuit inlassablement. Pour beaucoup de journalistes locaux, la grande difficulté est de savoir où se situe la ligne rouge.
À l’occasion d’un récent séjour à Paris, le dissident hongkongais Nathan Law s’était confié au magazine Le Point : « La promesse donnée par Pékin de démocratie et de liberté [lors de la négociation de la rétrocession en 1984] a été violée. Hong Kong est devenue un État autoritaire et policier. Donc, même si [le président] Xi Jinping le voit comme un triomphe, le reste du monde le voit comme une honte pour lui. »
Le 19 novembre, Anna Kwok, directrice générale de l’ONG basée à Washington Hong Kong Democracy Council, citée par le Nikkei Asia, a appelé la communauté internationale à manifester sa solidarité avec l’opposition hongkongaise. « La communauté internationale devrait répondre à l’intensification de la répression politique avec des actes proportionnés » tels que des sanctions du gouvernement américain contre les responsables hongkongais de cette répression, a-t-elle dit. Pas sûr que ce soit véritablement le cas car, comme dans les années qui suivirent le massacre de la place Tiananmen, les affaires, le commerce et l’argent font que la plupart des pays occidentaux songent à renouer des liens forts avec la direction communiste chinoise.
C’est ainsi que le président français Emmanuel Macron a annoncé son intention de se rendre à nouveau en visite d’État en Chine à l’issue de ses entretiens avec son homologue chinois en marge du G20 à Rio. Le jour même de l’annonce à Hong Kong de ces peines de prison, Emmanuel Macron a affirmé « partager » avec Xi Jinping « la volonté d’une paix durable » qui soit « respectueuse » de la Charte des Nations Unies en Ukraine, 1000 jours après le début de l’invasion russe.
S’exprimant au début de leur rencontre, Xi Jinping a relevé que la situation internationale avait enregistré « plusieurs changements nouveaux au cours des six derniers mois » et que « plusieurs risques et défis » avaient « continué de croître ». Face à lui, Emmanuel Macron, tout sourire, a insisté sur la « communauté de vues » entre la France et la Chine devant un monde « fait d’instabilités, de tensions, de guerres croissantes ». Ces propos tranchent singulièrement avec la réalité avérée d’une Chine qui s’est considérablement rapprochée de la Russie depuis l’invasion de l’Ukraine et dont l’aide multiforme qu’elle lui apporte lui permet, selon l’administration américaine, de poursuivre son agression contre son voisin ukrainien.
Conséquence de la chappe de plomb qui s’est abattue sur elle depuis 2020, Hong Kong est toutefois confrontée désormais à un exode sans précédent. Près de 90 000 résidents ont quitté la ville pendant la seule année 2021 et ce phénomène s’est accéléré depuis. Son statut de place financière a lui aussi été considérablement érodé, la ville enregistrant tout comme l’ensemble de la Chine une fuite des capitaux inédite dont profitent d’autres cités, surtout Singapour considérée comme plus sûr par les milliardaires chinois.
Irréversible réalité
Un autre procès a repris le 20 novembre à Hong Kong : celui du principal porte-drapeau du mouvement démocratique, Jimmy Lai, qui s’était ouvert le 18 décembre 2023. Tandis qu’un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères l’a accusé le même jour d’être « un agent et un pion des forces antichinoises », l’accusé a démenti tout lien séditieux avec l’étranger.
Lai Chee-ying (黎智英) de son vrai nom, 76 ans, est un homme d’affaires hongkongais de nationalité britannique et taïwanaise. Fondateur de la chaîne de magasins de vêtements Giordano, de la société de médias Next Digital et du journal très populaire à Hong Kong aujourd’hui fermé Apple Daily, sa fortune était estimée en 2008 à 1,2 milliard de dollars.
Apple Daily incarnait les « valeurs fondamentales du peuple de Hong Kong [..], l’État de droit, la liberté, la défense de la démocratie », a témoigné l’homme d’affaires le 20 novembre, en s’exprimant pour la première fois depuis son arrestation en 2020. « Plus on est au courant, plus on est libre, a ajouté celui qui avait investi le monde des médias dans l’ancienne colonie britannique pour, a-t-il soutenu, « contribuer à la défense de la liberté ». Il était devenu l’un des principaux contributeurs du camp pro-démocratie de Hong Kong, en particulier au Parti démocratique. Ses entreprises sont aujourd’hui interdites en Chine. Cible d’attaques clandestines contre son domicile, il avait été arrêté à plusieurs reprises pour « rassemblement illégal ».
Les autorités de Hong Kong ont l’intention d’utiliser ce procès pour convaincre la population des liens séditieux du magnat de la presse avec les États-Unis, pointés du doigt pour avoir cherché à semer le chaos dans la mégapole. Mis sous les verrous le 10 août 2020, sa libération sous caution lui a été régulièrement refusée. Officiellement placé en détention le 3 décembre 2020 au secret dans la prison de Stanley, il a déjà été condamné à 14 mois de prison en avril 2021 puis, peu après, à cinq ans et neuf mois supplémentaires pour « fraude ».
Ces procès mettent en lumière une irréversible réalité. Hong Kong était jusqu’à il y a peu l’une des grandes villes lumière d’Asie, un lieu de fermentation intellectuelle et artistique. Aujourd’hui, elle n’abrite plus que des vies brisées et le désespoir.
Par Pierre-Antoine Donnet

