Claude Arpi, spécialiste du Tibet : « La succession du dalaï-lama n’est pas qu’une question spirituelle, c’est un levier géopolitique »
Alors que le chef spirituel bouddhiste doit fêter ses 90 ans le 6 juillet, l’historien et tibétologue appelle, dans une tribune au « Monde », la communauté internationale à ne pas rester passive face à la mainmise de la Chine sur le Tibet.
Les célébrations pour le 90e anniversaire de Tenzin Gyatso ont débuté cette semaine à Dharamsala, en Inde, et une prise de parole du quatorzième dalaï-lama est attendue mercredi 2 juillet. Figure mondiale de la paix, défenseur infatigable de la non-violence, il incarne depuis plus de soixante ans la mémoire vivante du Tibet libre et la conscience spirituelle de millions de bouddhistes. Mais cet anniversaire symbolique met en lumière une question cruciale et largement ignorée du grand public : sa succession.
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Traditionnellement, le dalaï-lama est reconnu comme la réincarnation d’un bodhisattva – un être éveillé voué à la compassion envers les êtres humains. Sa désignation ne relève ni du hasard ni d’une élection politique, mais d’un processus religieux complexe fondé sur la reconnaissance de signes spirituels. Cette transmission a toujours été assurée par les autorités religieuses du Tibet.
Depuis l’annexion du Tibet en 1950, la Chine n’a eu de cesse de démanteler cette autonomie spirituelle. En 2007, une réglementation officielle du Parti communiste chinois a imposé que toute réincarnation de « bouddha vivant » soit validée par le gouvernement central. Une mesure qui revient à soumettre la foi tibétaine au contrôle idéologique du pouvoir. Plus grave encore, elle nie au dalaï-lama lui-même le droit de se prononcer sur sa propre

