Dans une réponse à une députée, la DGSI reconnaît l’existence de neuf « stations » chinoises sur le sol français, utilisées pour surveiller, intimider ou tenter de rapatrier certains membres de la diaspora. Une opération d’influence multiforme, révélatrice des méthodes d’ingérence de Pékin.
Ce n’est pas tous les jours que le ministère de l’Intérieur communique et donne des détails sur les actions de la DGSI contre les ingérences étrangères. La députée Renaissance Constance Le Grip a eu cette chance début juin, après avoir adressé une question écrite à Beauvau, en novembre 2024. Elle y demandait un « point de situation concernant l’opérationnalisation » de commissariats clandestins chinois sur le territoire français. Cette question faisait suite à une tentative de retour forcé du dissident chinois Ling Huazhan.
En mars 2024, plusieurs « agents chinois », directement liés à l’ambassade de Chine, l’avaient escorté à Roissy dans le but de le faire monter dans un Airbus A350 de la China Southern Airlines à destination de Canton. Ling Huazhan avait refusé d’embarquer, après avoir compris que la restitution de son passeport – confisqué par l’ambassade – n’était qu’un piège.
L’opération avait été révélée par Challenges et Envoyé Spécial, qui détaillaient les modes d’action de la police clandestine chinoise sur le territoire français. De quoi attirer l’attention des députés attentifs aux opérations des puissances étrangères sur le sol français. Le ministère de l’Intérieur a mis plus de six mois – un classique quand les questions sont adressées par écrit aux ministères… – pour y répondre, mais en livrant néanmoins quelques éléments intéressants.

