Le premier site d'actualit? sur le Tibet

www.tibet.fr

09/07/25 | 18 h 15 min par William Molinié

Commissariats chinois clandestins en France : Une honte et un déshonneur au pays des Droits de l’homme…

La DGSI dévoile une partie des activités de la police clandestine chinoise en France

Dans une réponse à une députée, la DGSI reconnaît l’existence de neuf « stations » chinoises sur le sol français, utilisées pour surveiller, intimider ou tenter de rapatrier certains membres de la diaspora. Une opération d’influence multiforme, révélatrice des méthodes d’ingérence de Pékin.

Ce n’est pas tous les jours que le ministère de l’Intérieur communique et donne des détails sur les actions de la DGSI contre les ingérences étrangères. La députée Renaissance Constance Le Grip a eu cette chance début juin, après avoir adressé une question écrite à Beauvau, en novembre 2024. Elle y demandait un « point de situation concernant l’opérationnalisation » de commissariats clandestins chinois sur le territoire français. Cette question faisait suite à une tentative de retour forcé du dissident chinois Ling Huazhan.

En mars 2024, plusieurs « agents chinois », directement liés à l’ambassade de Chine, l’avaient escorté à Roissy dans le but de le faire monter dans un Airbus A350 de la China Southern Airlines à destination de Canton. Ling Huazhan avait refusé d’embarquer, après avoir compris que la restitution de son passeport – confisqué par l’ambassade – n’était qu’un piège.

L’opération avait été révélée par Challenges et Envoyé Spécial, qui détaillaient les modes d’action de la police clandestine chinoise sur le territoire français. De quoi attirer l’attention des députés attentifs aux opérations des puissances étrangères sur le sol français. Le ministère de l’Intérieur a mis plus de six mois – un classique quand les questions sont adressées par écrit aux ministères… – pour y répondre, mais en livrant néanmoins quelques éléments intéressants.

Ingérences chinoises : la DGSI recense officiellement neuf commissariats de police clandestins en France

Les « commissariats » chinois sont bien une réalité en France. La DGSI vient de reconnaître l’existence de « stations de police » implantées sur le territoire national, à travers lesquelles des agents de Pékin contrôlent et surveillent la diaspora chinoise.

Pour la première fois, la DGSI vient de reconnaître l’existence de « stations de police » chinoises sur le territoire français. Autrement dit, des agents de Pékin contrôlent, surveillent et manipulent la communauté chinoise en France, pour s’assurer qu’elle n’oublie pas d’où elle vient, et qu’elle ne se retourne pas contre le Parti communiste chinois.

Il y a ainsi eu, ces dernières années, plusieurs tentatives d’enlèvement au sein de la diaspora.

Neuf structures clandestines

Dans une réponse à une question de la députée Renaissance Constance Le Grip, le contre-espionnage français dénombre pas moins de neuf structures clandestines, appelées « commissariats chinois clandestins ». Les responsables de ces centres ont été convoqués, sommés de mettre fin à leurs activités.

Par ailleurs, ces derniers mois, un responsable du renseignement chinois et deux diplomates ont été reçus par le contre-espionnage français. Depuis, ce système a été mis en pause, constate la DGSI, selon qui des consignes ont même été diffusées par les autorités chinoises pour cesser ces ingérences sur le sol français.