Des volontaires russes, parfois sans aucune expérience militaire, prêts à faire la guerre à leur propre pays. Voilà le destin du « bataillon sibérien », dont la cinquantaine de soldats recrutés par l’Ukraine pourrait très bientôt rejoindre de l’armée de Kiev sur le front.
Note du bureau de France Tibet:
Du 18 au 24 avril 1955 s’est tenu la Conférence de Bandung ou la Conférence à l’autodétermination des peuples à disposer d’eux mêmes, réunissait pour la première fois les représentants de 29 pays africains et asiatiques menés par Nasser pour l’Egypte, Nehru pour l’Inde, Soekarno pour l’Indonésie et Zhou Enlai pour la Chine.
Pour le soixante dixième anniversaire de cette conférence des pays à décoloniser, les minorités ethniques du monde entier à décoloniser vont-elles se rassembler à Paris du 18 au 24 avril 2025 dont celles de Russie colonisés par l’empire Russe des Tzars : Bouriates, Yakoutes, Ingouches, Dagestan qui rejoindront les Tibétains, Ouïghours du Turkestan Oriental, Mongolie Intérieure, HongKong, Taïwan, Miao du Yunan et Guizhou, Zhuang du Guanxi, Mandchous…les Touaregs du Mali et d’Algérie, les Kabyles … les Papous de « l’Ouest d’Irian (Nouvelle-Guinée Occidentale) » (sic) § D) Problèmes des peuples dépendants (communiqué final de la Conférence de Bandung)…?
Guerre en Ukraine : le « bataillon sibérien », ces opposants russes qui combattent contre leur pays
Kiev a confirmé la formation d’un « bataillon sibérien » au sein de son armée régulière, constitué d’une cinquantaine de volontaires russes prêts à s’engager contre le régime de Poutine jusque sur le front.
Ce n’est pas la première fois que des Russes combattent aux côtés de l’Ukraine contre leur pays d’origine. Deux groupes indépendants, le Corps des volontaires russes, proche de l’extrême droite nationaliste, et la Légion de la liberté de la Russie, s’étaient notamment illustrés pour avoir mené des incursions dans la région russe de Belgorod. Mais avec ce « bataillon sibérien », c’est bien la première fois que des combattants de Russie sont directement intégrés sous contrat avec l’armée régulière ukrainienne. Ces derniers viennent ainsi grossir les rangs de la Légion internationale ukrainienne, qui regroupe les volontaires étrangers.
Sous couvert d’anonymat, le porte-parole de la Légion internationale n’a pas précisé à l’AFP comment ces volontaires russes parvenaient à entrer en Ukraine, même si ces combattants transitent souvent par des pays tiers avant de pouvoir l’atteindre. Un processus qui commence à prendre forme : ce même porte-parole a pu assurer à l’AFP qu’il ne s’agissait « pas de passages illégaux » ni de prisonniers de guerre forcés à aller au front. Avant d’ajouter, non sans ironie, qu’il ne faisait pas venir ses recrues russes « dans des coffres de voiture ».
Des minorités ethniques sibériennes
Les profils hétéroclites de cette cinquantaine de soldats témoignent de la diversité de ceux prêts à s’opposer au Kremlin jusque sur le front. Au sein de ce « bataillon sibérien » figurent ainsi des opposants de longue date au régime de Poutine, à l’image d’Ildar Dedin, opposant historique déjà emprisonné par le passé en Russie, ou encore Alexeï Makarov, un ancien responsable du Parti national-bolchévique, interdit en Russie en 2007. On peut également retrouver des citoyens russes plus communs, à l’image de « Gandhi », un homme de 41 ans originaire de la région de Moscou, qui a expliqué à Bloomberg avoir « eu le sentiment qu’en tant que Russe, j’étais responsable de cette situation. Je sais que je peux être tué au premier combat, mais pour moi, il est beaucoup plus effrayant de penser que je suis complice du mal qui vient de mon pays. »
Mais ce bataillon est surtout composé de nombreux volontaires originaires de groupes ethniques minoritaires de Sibérie, comme les Iakoutes ou les Bouriates. Leurs habitants, proportionnellement très ciblés par la mobilisation en Russie, sont nombreux à avoir quitté le sol russe depuis le début de la guerre en Ukraine. Rejoindre l’armée ukrainienne représente alors pour eux l’occasion de lutter contre « l’impérialisme russe » avec l’espoir, en cas de victoire de Kiev, de pouvoir également ensuite gagner leur indépendance. « Depuis la Russie tsariste, lorsque nous avons été colonisés, ils ont détruit notre culture, notre langue et nos traditions. C’était de la russification pure et simple », a raconté à Reuters Gennadiy, un jeune homme de 29 ans. Ce dernier a choisi le nom « Buryat » : une référence à son pays d’origine, la Bouriatie, sur les rives du lac Baïkal en Sibérie.
« Nous devons libérer l’Ukraine »
Un autre combattant de ce nouveau bataillon, se faisant appeler « Gretcha », a également raconté à l’AFP son parcours. Né en Crimée, péninsule ukrainienne annexée par la Russie en 2014, il a surtout vécu à Moscou, où il était auxiliaire médical. « Nous devons libérer l’Ukraine, la patrie où je suis né en Crimée, c’est mon rêve », dit l’homme dont les opinions politiques sont « plus libérales qu’en Russie actuellement ». Celui qui combat désormais pour l’armée de Kiev avait quitté la Russie en 2022, et alors cherché à entrer en Ukraine. « Au début, il n’y avait aucune organisation, il n’y avait aucune information sur la manière de faire », raconte-t-il aujourd’hui. Après être resté dans des pays sans visa pour les Russes, vivant souvent sous une tente, il a finalement trouvé une organisation appelée Conseil civique, dont le site Internet recrute pour le Bataillon sibérien, à Varsovie.
Dans un ravin sablonneux près de Kiev, ce nouveau bataillon a pu bénéficier d’un entraînement intensif de l’armée ukrainienne, là où une vingtaine de journalistes internationaux ont pu aller à leur rencontre. Ce ne sont bien sûr pas 50 soldats qui vont faire basculer le conflit sur le front. Mais ils sont un atout majeur pour Kiev pour exposer au monde une certaine déliquescence de la Russie, dont les propres citoyens n’hésitent désormais plus à rejoindre l’armée ennemie.
Autre article Sud Ouest du 28 octobre 2023 : Guerre en Ukraine : les opposants russes de Poutine prennent les armes pour Kiev

