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26/10/24 | 7 h 40 min par Wahoub Fayoumi

De la nécessité de faire du TIBET une zone de paix

« Un jour, une carte »: Chine vs Inde, une frontière himalayenne qui attise violemment les convoitises

Une rencontre au sommet s’est tenue ce mercredi entre le Premier ministre indien Narendra Modi et le président chinois Xi Jinping, en marge du sommet des BRICS, qui se tient à Kazan, en Russie.

Les deux dirigeants se sont rencontrés en bilatéral, alors que l’Inde et la Chine sont toujours en conflit sur la détermination d’une partie de leur frontière commune. Cette rencontre va-t-elle enfin sceller un réel apaisement dans un dossier qui empoisonne les relations diplomatiques entre les deux pays depuis plus de 70 ans ? Ce dossier est difficile, mais il semble que le moment est bien à une diminution des tensions. La Chine et l’Inde ont déjà discuté du sujet, lundi, avant l’ouverture de ce sommet, et un accord a été conclu, portant sur des patrouilles dans les zones frontalières disputées entre les deux pays, qui devront se déployer le long de la ligne de démarcation.

Cet accord et la rencontre de ce mercredi représentent des étapes importantes, parce que les avancées sur ce terrain sont au point mort depuis de longues années, en tout cas au moins depuis le mois de juin 2020.
Pendant plusieurs jours, un affrontement sanglant, au corps-à-corps, a eu lieu entre des soldats indiens et chinois, sur cette ligne de démarcation de près de 3500 km, entre la région chinoise du Tibet, et la région indienne du Ladakh. Officiellement, 20 Indiens et 4 Chinois sont morts.
Cet épisode avait très fortement tendu les relations bilatérales entre les deux capitales.
Ainsi, l’Inde a tenté depuis de limiter les investissements chinois, et même d’interdire des applications chinoises telles que TikTok.

Cela fait donc quatre ans que les tensions sont réelles, mais les deux pays ne partageaient pas pour autant des relations conviviales avant cette date. Les deux dirigeants des géants asiatiques ne s’étaient plus vus en tête à tête depuis une visite de Xi Jinping en Inde, en octobre 2019. Ils se croisaient, simplement, comme lors du sommet du G20 en Indonésie en 2022 ou celui de 2023 en Afrique du Sud.

Un problème frontalier vieux de plus d’une centaine d’années

Dans l’Himalaya, deux pans de la frontière indo-chinoise, qui fait près de 3500 km de long, au nord du territoire indien et au sud est du territoire chinois.

La frontière la plus longue constitue une partie du litige. Elle se situe sur le toit du monde, une région désolée, aride et froide, aux confins du Tibet chinois et du Ladakh indien. Cette vaste étendue de plus de 37 000 km carrés, soit plus que la superficie de la Belgique et du Luxembourg réunis, et qui culmine à 5000 m d’altitude, qui s’appelle l’Aksai Chin. Aujourd’hui administré par Pékin, il est revendiqué par New Delhi.

A l’inverse, l’Arunachal Pradesh, toujours situé près du Tibet chinois mais un peu plus au sud, est, lui, administré par l’Inde, mais revendiqué par la Chine.

Ces parties étendues de territoires sont disputées dans les faits depuis le début de la lutte pour la décolonisation de l’Inde en 1914,
l’Inde s’appuyant dans certains cas sur des accords avec l’autorité britannique, la Chine évoquant, elle, des liens historiques centenaires avec les régions concernées.

Depuis la guerre sino-indienne de 1962, qui a vu la défaite des troupes indiennes, une ligne de démarcation, appelée « ligne de contrôle réel« , fait office de limite entre les deux territoires. Mais chaque camp a sa propre interprétation du tracé, et les incidents sont nombreux, et très réguliers.

Pendant des années, les deux pays avaient cependant décidé de mettre ce différend territorial de côté, pour approfondir leurs relations économiques ; jusqu’à l’accrochage meurtrier de juin 2020. Les rencontres de cette semaine constituent donc peut-être la reprise de cette normalisation ; bien que cette frontière, comme beaucoup d’autres de par le monde, n’est pas encore réellement tracée, et surtout acceptée.