Le premier site d'actualit? sur le Tibet

www.tibet.fr

01/08/25 | 11 h 15 min par Déposé par l'ONU, l'UE et le Bureau des droits de l'homme, Section de défense du Tibet, DIIR

Destructions de centaines de stupas bouddhistes au Tibet : Le sac du Tibet comme le sac du Palais d’été. Quelle différence?

DERNIÈRES NOUVELLES : Les autorités chinoises détruisent des centaines de stupas bouddhistes et la statue de Padmasambhava à Karze, au Tibet ; elles imposent des restrictions sévères aux Tibétains locaux.

Dharamshala : Dans une grave attaque contre le patrimoine religieux tibétain, les autorités chinoises ont démoli plus de 300 stupas bouddhistes et une statue vénérée du gourou dans le comté de Drakgo (Ch : Luhuo), préfecture autonome tibétaine de Karze (Ganzi) dans la province traditionnelle tibétaine de Kham le mois dernier, rapportent des sources du Tibet dans un contexte de restrictions accrues dans la région.

La destruction a eu lieu fin mai ou juin 2025 à Lungrab Zang-ri (ལུང་རབ་བཟང་རི།), près du monastère de Janggang (འཇང་སྒང་དགོན་པ།), où les forces chinoises ont rasé des centaines de stupas tibétains de taille moyenne et trois stupas bouddhistes plus grands. Dans un acte de vandalisme culturel éhonté, les autorités ont également détruit une statue récemment construite de Khenpo Jigme Phuntsok, l’abbé fondateur défunt de l’Institut bouddhiste Serthar, ainsi qu’une statue sacrée de Guru Padmasambhava, généralement appelé Guru Rinpoché (qui signifie « précieux maître » en tibétain). De tels actes ont profondément traumatisé les Tibétains et la communauté locale.

Black-out de l’information et arrestations massives

Suite aux démolitions, les autorités chinoises ont imposé un rideau de fer sur la région. Quiconque tenterait de partager des informations, voire de parler des destructions avec le monde extérieur, s’exposerait à une détention immédiate pour « divulgation de secrets d’État ». Toute la zone entourant le site de démolition a été bouclée, et personne n’est autorisé à y entrer ou à en sortir.

Les autorités chinoises ont cyniquement justifié la destruction en affirmant que les stupas avaient été construits sur des « terrains gouvernementaux » et violaient des réglementations non spécifiées. Les débris de pierre des structures sacrées ont été entièrement nettoyés, effaçant toute trace de ces symboles religieux séculaires.

Annihilation culturelle systématique

Cette dernière attaque représente ce que des sources tibétaines au Tibet appellent la « deuxième phase de la révolution culturelle », une campagne délibérée visant à « siniser » le bouddhisme tibétain et à l’éradiquer systématiquement.

Identité culturelle tibétaine. Cette destruction s’inscrit dans la stratégie plus vaste de génocide culturel menée par la Chine au Tibet, visant à effacer la culture tibétaine en alignant de force les pratiques religieuses sur le programme politique du Parti communiste chinois.

« La répression s’est intensifiée suite au décret n° 22 publié par le Bureau national des affaires religieuses le 1er décembre 2024, qui impose à tous les monastères de fonctionner sous un contrôle gouvernemental strict à compter du 1er janvier 2025, par la mise en œuvre de l’article 43 du Règlement sur la gestion des monastères », a déclaré la source.

Règne de terreur contre les chefs religieux tibétains

Les autorités chinoises ont instauré un régime de terreur contre les chefs religieux, les érudits et les dirigeants tibétains influents. Les Tibétains qui refusent de se soumettre aux campagnes assimilationnistes de « rééducation » du gouvernement chinois sont soumis à des détentions arbitraires sur la base d’accusations forgées de toutes pièces, à des peines d’emprisonnement de longue durée et à une exclusion sociale systématique. Dans les cas les plus graves, ils ont disparu ou ont été secrètement exécutés.

La persécution s’est intensifiée lorsque Tulku Hungkar Dorje a été interrogé à plusieurs reprises et faussement accusé d’avoir refusé d’accueillir le Panchen Lama imposé par la Chine, d’avoir composé des prières de longue vie pour Sa Sainteté le Dalaï Lama et d’avoir résisté aux politiques chinoises dans son travail éducatif à Golog, dans l’Amdo. Contraint de se cacher au Vietnam, il a été retrouvé mort en garde à vue chinoise le 28 mars, à la suite d’une opération secrète menée conjointement par les autorités chinoises et vietnamiennes. Malgré les appels internationaux à la transparence, les deux gouvernements sont restés silencieux, dissimulant la vérité par des black-out d’informations et des funérailles secrètes.

En vertu du nouveau règlement des monastères, aucun lama, chef religieux ou tulkou réincarné tibétain ne peut exercer librement ses activités religieuses. Certains chefs religieux sont assignés à résidence. Cette répression systématique a créé un climat de peur et de désespoir au sein de la communauté bouddhiste tibétaine.

La répression s’est étendue au-delà du comté de Drakgo. En juin, les autorités ont imposé de sévères restrictions dans la région de Karze en raison de la démolition. En juillet, alors que le monde célèbre le 90e anniversaire de Sa Sainteté le Dalaï-Lama et ses enseignements à travers le monde, les autorités chinoises ont interdit tout rassemblement public dans la région de Karze et ses environs jusqu’au 23 juillet 2025.

Khenpo Tenga (བསྟན་དགའ།) du monastère de Janggang, qui a participé à la construction des stupas et des statues de Lungrab Zang-ri, est privé de ses déplacements et de ses activités religieuses, notamment de ses rencontres avec ses fidèles. De même, les monastères de la région d’Amdo, au Tibet, se voient interdire de permettre à plus de cinq moines de voyager ensemble pendant la période entourant les célébrations de l’anniversaire de Sa Sainteté le Dalaï-Lama.

(Sur la photo) Cérémonie religieuse organisée devant une statue de Bouddha de 99 pieds de haut à Kham Drakgo avant sa démolition

Modèle de destruction

Cette attaque suit un schéma inquiétant. En décembre 2021 et très précisément le 10 décembre 2021 lors de la journée internationale des Droits de l’Homme de l’ONU, sur ordre du secrétaire du Parti du comté de Drakgo, Wang Dongxin, les autorités ont fermé l’école du monastère de Drakgo Gaden Namgyal Ling. Le 12 décembre, elles ont démoli deux grandes statues près du monastère et détruit 45 roues de prière.

Au même moment le 10 décembre 2021 à Pau en France, une terrible tempête s’abattait au centre de cette ville sur le Boulevard des Pyrénées déchirant en deux le drapeau chinois réduisant en loque le drapeau chinois qui ne tenait plus que par un fil.

Le 1o décembre est aussi le jour de la commémoration de la remise du Prix Nobel de la Paix au Dalai Lama le 10 décembre 1989 à Oslo.

 

La dernière destruction à Lungrab Zang-ri de Janggang représente une escalade de la guerre de la Chine contre le bouddhisme tibétain, avec des centaines de stupas et de statues sacrées réduites en décombres lors d’une seule opération dévastatrice.

La suppression de l’information continue

Des sources rapportent qu’il reste extrêmement difficile d’obtenir des informations détaillées sur la situation en raison du black-out total des communications imposé par les autorités chinoises, ce qui met en évidence la nature systématique de la campagne menée par la Chine pour faire taire les témoins de sa destruction culturelle au Tibet.

Cette histoire en développement représente un nouveau chapitre dans l’assaut mené par la Chine depuis des décennies contre l’identité religieuse et culturelle tibétaine, alors que Pékin poursuit sa campagne incessante visant à effacer l’héritage spirituel du Tibet.