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24/08/15 | 16 h 50 min par France Tibet

Des années d’espionnage de l’Inde et des groupes pro-Tibet par des hackers chinois

lepandacker

Un spécialiste de la cybersécurité a annoncé que des hackers installés en Chine ont ciblé pour au moins 4 ans L’Inde et les Tibétains en exil, un fait nié depuis longtemps par Pékin

publié le vendredi 21 Août 2015, 10:30am

écrit par James Griffiths pour le South China Morning Post

james.griffiths@scmp.com @jgriffiths

Une équipe [ de hackers ] chinoise s’est concentrée sur des organisations en Inde dans le but de voler des informations en relation avec la querelle frontalière – (indo-chinoise) et les groupes de Tibétains en exil.

Le piratage a été détecté lors du voyage diplomatique d’avril en Chine du Premier Ministre Indien Narendra Modi, et FireEye suspecte que les hackers soient toujours actifs.

« Au cours de ces quatre dernières années, ce groupe de hackers a ciblé plus d’une centaine de victimes, dont environ 70 % d’entre elles en Inde. » «  Il a aussi pris pour cible des activistes dans la région du Sud-Est asiatique, avec un intérêt particulier pour les organisations gouvernementales, diplomatiques, scientifiques et scolaires. »

Depuis la fuite du Dalaï Lama en Inde en 1959 et la création de l’Administration Centrale du Tibet à Dharamshala (plus connu sous le terme de gouvernement en exil du Tibet), Pékin considère avec suspicion les groupes Tibétains de l’Inde.

Au cours des Jeux Olympiques de 2008 à Pékin, les agitations dans la région autonome du Tibet ont mené les autorités chinoises à la répression, qui conduisit aux manifestations des Tibétains en Inde, en Europe, en Amérique du Nord, s’ensuivit aussi une série d’auto-immolations qui conduisit à une nouvelle intensification de la répression en 2012.

La Chine avait déjà été accusée d’espionner les organisations tibétaines pour tenter de mettre fin aux agitations au Tibet.

En avril, FireEye, se faisant l’écho de McAfee, avait reporté l’action d’un autre groupe chinois de hackers, l’APT30 team, qui espionnait depuis 10 ans sans interruptions les gouvernements et les entreprises du Sud-Est asiatique et de l’Inde.

Du côté officiel, la Chine dénie tout lien avec ces opérations de piratage information. « Le gouvernement chinois s’est fermement opposé aux cyber-attaques, sa position est ferme et claire, » déclarait en avril le porte-parole du Ministère des Affaires Etrangères, Hong Lei.

Pourtant, la Chine est accusée de longue date d’espionnage sur les groupes Tibétains, y compris le gouvernement en Exil et le Dalaï Lama. En 2009, une ONG canadienne, Information Warfare Monitor et ses chercheurs, accusait des groupes de hackers chinois d’avoir pénétré les ordinateurs du gouvernement tibétain en exil à Londres, New-York et Dharamshala.

D’après le Citizen Lab de l’université de Toronto, qui surveille la question de la cyber-sécurité, «  les attaques de malwares contre les minorités ethniques, dont les Tibétains et les Ouïghours, et les groupes religieux tel le Falun Gong, remontent au moins à 2002. »

Les Ouïghours sont une minorité ethnique appartenant au groupe de langues turco-mongoles vivant dans la province chinoise d’extrême-ouest du Xinjiang. Certains se plaignent d’être victimes de discrimination au profit des Han. D’autres ont été accusés d’activités « terroristes » par Pékin. La Chine avait ainsi déclaré que l’explosion d’une Jeep remplies de couteaux et de bâtons, ayant fait 5 morts sur la place Tiananmen, était l’œuvre des terroristes ouïghours.

Tandis que pointer du doigt les coupables d’une cyber-attaque donnée peut être vraiment compliqué, FireEye a déclaré qu’en ce qui concerne les dernières campagnes de hacking, tous les indices mènent vers la Chine, que les hackers ont « de bonnes ressources et des objectifs au long terme, » et qu’ils conduisent des opérations 24h/24. Ceci indique un très haut niveau de discipline et de financement. Le Malware indique aussi des liens avec la Chine.

Pour Bryce Boland, responsable du pôle technologie pour le secteur Asie-Pacifique : « La collecte d’information d’État reste l’objectif principal des groupes APT basés en Chine. Ces attaques sur l’Inde et ses voisins reflètent un intérêt croissant des relations internationales de l’Inde. »

 

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