« Auparavant les guerres étaient des guerres de territoire, aujourd’hui elles sont causées par l’énergie comme nous le montrent les guerres au Moyen-Orient. Toutefois, beaucoup d’experts pensent que dans le futur, les guerres seront menées pour le contrôle de l’ eau. De Maharashtra à toute l’Inde, la situation en eau douce est critique. » « La Chine représente 19% de la population mondiale, mais détient seulement 11 à 12% d’eau douce, ce qui signifie que 7 à 8% de la population chinoise, soit autour de 400 millions de personnes sont face à une pénurie d’eau. En Asie du Sud, Inde, Pakistan et Bangladesh, la situation est encore pire. La question des suicides des fermiers est intrinsèquement liée à la pénurie d’eau. » « Dans un tel contexte, l’Himalaya et le plateau tibétain ont une importance vitale car après les deux Pôles, la troisième plus grande réserve de glace se trouve en Himalaya et sur le Plateau tibétain avec 46 000 glaciers et 150 000 km carrés de glace. » Cependant, Sikyong déplorait que les réserves de glace du Plateau tibétain soient aussi en train de fondre rapidement en raison du réchauffement climatique qui pourrait entraîner de graves répercussions. « 50% de la glace et des glaciers himalayens et du Plateau tibétain ont déjà fondus durant ces dernières années. Selon la Nasa, d’ici 2050, les 50% restants des glaciers du Plateau pourraient fondre. Les glaciers au Tibet et sur le Plateau tibétain sont la principale source d’eau douce pour beaucoup des grands fleuves d’Asie, le Bhramapoutre, la Yamuna, le Gange, l’Indus, le Mekong, le Salween, l’Irrawady, le fleuve jaune, etc. » déclarait le Sikyong, à cet égard que va t-il arriver à tous les fermiers et pécheurs qui dépendent de ces rivières pour leur subsistance. Le Sikyong a également évoqué l’intérêt grandissant, particulièrement en Inde du Nord Est, concernant la construction de barrages par la Chine sur les rivières du Tibet. « Je me suis rendu à Guwahati il y a 3 ans. Quand j’en ai parlé, j’ai reçu des réponses assez tièdes. Toutefois, quand j’y suis retourné l’année dernière, les locaux étaient très intéressés par ce que j’avais à dire. Parce que ce dont j’avais parlé il y a 3 ans était devenu réalité. La quantité d’eau du fleuve Bhramapoutre a commencé à diminuer en raison des barrages et des projets hydroélectriques au Tibet. [ réalisés par Pékin, ndlr] » Reconnaissant la nécessité de la mondialisation, le Sikyong a appelé à la modération dans notre utilisation quotidienne de ressources afin de diminuer notre empreinte carbone sur la planète. Sikyong a mis l’accent sur l’adage « Pense globalement et agis localement » afin de rappeler à chacun ses devoirs dans le but de sauvegarder l’environnement pour la santé et la durabilité de la Terre. « Si nous n’agissons pas maintenant, la mondialisation ne sera pas seulement un obstacle, mais sera également la cause du réchauffement climatique dans le monde entier et particulièrement en Asie et en Inde » a t-il conclu. Parmi les intervenants de ce Conclave, il faut citer le lauréat du prix Nobel Kailash Satyarthi, le ministre de la Défense, Manohar Parrikar, le fondateur d’Infosys Naranyan Murthy, le champion olympique Abhinav Bindra, la présidente de Pepsico Indra Nooyi, le joueur de tennis indien Leander Paes, ainsi que Kiran Bedi *. Suite à son engagement à Pune, le Sikyong s’est rendu à Calcutta où il s’est adressé à l’Organisation des Entrepreneurs (EO) pendant une réunion intitulée « Activité d’apprentissage avec Lobsang Sangay » le 30 janvier. L’EO est un réseau de plus de 11 000 dirigeants d’entreprises de 48 pays. Traduction France Tibet
- ndlr :Kiran Bedi est une femme politique indienne qui a aussi été joueuse de tennis et première femme à rejoindre l’Indian Police Service et participe au mouvement anti-corruption de 2011

