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06/05/26 | 8 h 36 min par France-Tibet

DOMINIQUE DE VILLEPIN : le haut parleur de Pékin…

VERSION FRANÇAISE

DOMINIQUE DE VILLEPIN, DU VERBE À L’INFLUENCE

Quand la parole d’un ancien Premier ministre épouse les intérêts de Pékin, histoire d’un haut-parleur ! 

Tashi Delek,

À vous qui refusez la domination et les politiques coloniales du Parti communiste chinois, à vous qui restez attentifs aux formes nouvelles de l’influence dans nos démocraties, il faut aujourd’hui regarder les choses en face.

L’influence de Pékin ne passe plus seulement par ses diplomates. Elle s’exprime aussi à travers certaines voix occidentales, notamment françaises, comme celles de Jean-Luc Mélenchon, Jean-Pierre Raffarin, Sophia Chikirou ou Dominique de Villepin. Chez Dominique de Villepin, cette influence prend une dimension particulière. Son discours géopolitique épouse de manière troublante les priorités et les silences de la politique chinoise. On n’est plus simplement dans l’analyse internationale, mais dans une parole qui, de fait, fonctionne comme un relais du narratif du Parti communiste chinois.

Est-il rémunéré pour cela ? La question mérite d’être posée. Et elle ne sort pas de nulle part. Car des faits existent. Depuis son départ de Matignon, il a développé de multiples activités en Chine, multipliant les conférences et les interventions. Une enquête de la cellule investigation de Radio France a recensé des dizaines de prestations, dont certaines rémunérées directement par des structures liées aux autorités chinoises, avec par exemple près de 94 000 euros pour deux interventions.

Il a également conseillé des entreprises et des institutions chinoises, et préside depuis 2017 une organisation présentée comme une structure de coopération, mais qui s’inscrit en réalité dans un dispositif soutenu par les autorités chinoises et participe à leur stratégie d’influence. Pour cette fonction, il perçoit une indemnité dont le montant n’est pas rendu public. À cela s’ajoute sa présence dans des cercles économiques liés à de grands groupes chinois, ainsi que des activités d’intermédiation entre intérêts chinois et européens. On n’est plus dans la diplomatie classique, mais dans des logiques de réseaux, d’influence et de circulation d’intérêts. Ces éléments ne relèvent pas de l’interprétation, ils sont établis.

Et parfois, ces liens prennent une forme encore plus directe. Lors de déplacements en Chine, Dominique de Villepin intervient dans des événements organisés avec le soutien des autorités locales. À Chengdu, dans le Sichuan, il participe à un sommet international réunissant dirigeants économiques et responsables politiques. Pour deux prestations de ce type, il a été rémunéré à hauteur de 900 000 yuans, soit environ 94 000 euros, via une structure financée par des entités publiques chinoises. Nous ne sommes pas dans l’hypothèse. Nous sommes face à un fait simple. Un ancien Premier ministre français a été rémunéré pour intervenir dans des événements organisés et financés par des autorités chinoises. Et ce fait change la nature du débat.

Car dans le même temps, son discours public suit une ligne remarquablement constante. Sur les grandes crises internationales, il adopte des positions qui relativisent les responsabilités des régimes autoritaires et déplacent la critique vers les démocraties occidentales. Il se montre élogieux à l’égard de Xi Jinping, qu’il décrit comme un homme de paix, tout en présentant les États-Unis comme la principale source de déséquilibre mondial. Sur l’Iran, sur Israël, sur l’Ukraine, la grille de lecture est la même. Les priorités, les silences, les angles d’analyse correspondent, point par point, à ceux que défend Pékin. Ce n’est pas un accident. C’est une cohérence.

Peut-on parler de paix, d’équilibre et de multilatéralisme en laissant hors champ le Tibet, le Turkestan oriental, Hong Kong, en brandissant le droit international tout en criant à l’ingérence, en fermant les yeux sur le peuple iranien écrasé par la dictature des mollahs, et sur la répression exercée contre les dissidents chinois ?

On ne peut pas parler de paix en attisant une hostilité systématique envers des peuples entiers, qu’ils soient américains ou juifs. Oui, Monsieur de Villepin, les peuples ont le droit d’exister, en tant que peuples.

Le problème n’est pas son talent. Il est réel. Le problème n’est pas son expérience. Elle est indiscutable. Le problème, c’est l’usage de ce talent et de cette expérience. Dominique de Villepin n’est plus seulement un ancien diplomate. Il est devenu un acteur de ces espaces où se croisent intérêts économiques, stratégies d’influence et discours politiques. Là où certains utilisent une propagande frontale, il apporte une forme plus subtile, plus élégante, plus acceptable dans nos démocraties. Mais le fond, lui, ne change pas.

Et pendant ce temps, les peuples opprimés disparaissent du récit. Les Tibétains, les Ouïghours du Turkestan oriental, les Hongkongais, les Mongols du Sud, les dissidents chinois, tous ceux qui subissent la réalité du régime, n’existent pas dans cette vision du monde. Ils sont relégués au silence, au nom de l’équilibre ou du réalisme.

Alors la question devient simple. Faut-il troquer une dépendance imparfaite à Washington contre une complaisance assumée envers Pékin ? Faut-il remplacer une alliance critiquable par une autre, plus silencieuse, mais tout aussi contraignante ? C’est cela, aujourd’hui, la diplomatie version Villepin, une diplomatie poétique, sans doute, mais une diplomatie qui, derrière le verbe, s’inscrit dans des rapports de puissance bien réels.

Je n’ai pas sa voix. Je n’ai pas son réseau. J’ai simplement une plume, forgée entre la République française et la sagesse bouddhiste tibétaine. Et avec cette plume, je pose une question que personne ne peut esquiver.

Jusqu’où une démocratie peut-elle accepter que ses anciens dirigeants deviennent des vecteurs d’influence d’une puissance autoritaire étrangère ?

P’tit Bêtain Ugen

གུས་བོད་པའི་གླེན་ཆུང་ནུབ་པ་ཨོ་རྒྱན་ནས།

Vive le Tibet

Vive le peuple tibétain

Solidarité avec tous les peuples opprimés par le PCC

NB:

En ce 1er mai, jour du Kalachakra et de pleine lune, justice pour les travailleurs et les peuples !

Je vous rajoute ce complément :

https://www.france.tv/france-2/complement-d-enquete/8383074-l-intrigant-dominique-de-villepin.html

https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/revelations/revelations-du-vendredi-05-decembre-2025-5812818

 

 

DOMINIQUE DE VILLEPIN, FROM WORDS TO INFLUENCE

When the voice of a former Prime Minister aligns with Beijing’s interests, the story of a loudspeaker!

Tashi Delek,

To those who refuse domination and the colonial policies of the Chinese Communist Party, to those who remain attentive to the new forms of influence within our democracies, it is time to face reality.

Beijing’s influence no longer operates only through its diplomats. It is also expressed through certain Western voices, particularly French ones, such as Jean-Luc Mélenchon, Jean-Pierre Raffarin, Sophia Chikirou or Dominique de Villepin. In the case of Dominique de Villepin, this influence takes on a particular dimension. His geopolitical discourse aligns in a troubling way with the priorities and silences of Chinese policy. This is no longer simply international analysis, but a voice that, in practice, functions as a relay of the Chinese Communist Party’s narrative.

Is he being paid for this? The question deserves to be asked. And it does not come out of nowhere. Facts exist. Since leaving Matignon, he has developed extensive activities in China, multiplying conferences and interventions. An investigation by the Radio France investigative unit has identified dozens of such engagements, some of which were directly paid by structures linked to Chinese authorities, with, for example, nearly 94,000 euros for two appearances.

He has also advised Chinese companies and institutions, and since 2017 he has chaired an organization presented as a cooperative structure, but which in reality is part of a framework supported by Chinese authorities and contributing to their influence strategy. For this role, he receives an “indemnity,” the amount of which has not been disclosed. Added to this is his presence in economic circles linked to major Chinese groups, as well as activities involving mediation between Chinese and European interests. This is no longer traditional diplomacy, but networks of influence and the circulation of interests. These elements are not interpretations, they are established facts.

And sometimes these connections take an even more direct form. During trips to China, Dominique de Villepin has participated in events organized with the support of local authorities. In Chengdu, in Sichuan, he took part in an international summit bringing together business leaders and political officials. For two such engagements, he was paid 900,000 yuan, around 94,000 euros, through a structure funded by Chinese public entities. This is not speculation. It is a simple fact. A former French Prime Minister was paid to speak at events organized and financed by Chinese authorities. And that fact changes the nature of the debate.

At the same time, his public discourse follows a remarkably consistent line. On major international crises, he adopts positions that relativize the responsibilities of authoritarian regimes and shift criticism toward Western democracies. He speaks positively of Xi Jinping, describing him as a man of peace, while portraying the United States as the main source of global imbalance. On Iran, on Israel, on Ukraine, the analytical framework is the same. The priorities, the silences, the angles of interpretation correspond, point by point, to those promoted by Beijing. This is not accidental. It is a coherence.

Can one speak of peace, balance and multilateralism while leaving Tibet, East Turkestan and Hong Kong out of the picture, while invoking international law and denouncing interference, while turning a blind eye to the Iranian people crushed by the dictatorship of the mullahs, and to the repression of Chinese dissidents?

One cannot speak of peace while fueling a systematic hostility toward entire peoples, whether they are American or Jewish. Yes, Mr. de Villepin, peoples have the right to exist, as peoples.

The problem is not his talent. It is real. The problem is not his experience. It is undeniable. The problem lies in how that talent and experience are used.

Dominique de Villepin is no longer simply a former diplomat. He has become an actor within spaces where economic interests, influence strategies and political discourse intersect. Where others use blunt propaganda, he brings nuance, elegance, and a form more acceptable within our democracies. But the substance remains unchanged.

And in the meantime, oppressed peoples disappear from the narrative. Tibetans, Uyghurs in East Turkestan, Hongkongers, Southern Mongolians, Chinese dissidents, all those who live under the reality of this regime, have no place in this vision of the world. They are pushed into silence in the name of balance or realism.

So the question becomes simple. Should an imperfect dependence on Washington be replaced by a complacent attitude toward Beijing? Should one alliance be traded for another, quieter, more disciplined, yet equally constraining? That is what diplomacy à la Villepin looks like today, poetic perhaps, but rooted in very real power dynamics.

I do not have his voice. I do not have his network. I have only a pen, shaped by the French Republic and Tibetan Buddhist wisdom. And with that pen, I ask a question that cannot be avoided.

How far can a democracy accept that its former leaders become vectors of influence for a foreign authoritarian power?

The Little Silly Tibetan Ugen

གུས་བོད་པའི་གླེན་ཆུང་ནུབ་པ་ཨོ་རྒྱན་ནས།

Long live Tibet

Long live the Tibetan people

Solidarity with all peoples oppressed by the Chinese Communist Party

NB:

This May 1st, on the day of Kalachakra and the full moon, justice for workers and for all peoples!