s’entretenir au téléphone avec la présidente taïwanaise, rompant avec une ligne diplomatique vieille de 40 ans. Après avoir laissé entendre qu’il pourrait remettre en cause la pierre angulaire des relations diplomatiques avec la Chine, le président américain affirme aujourd’hui qu’il respectera «le principe de la Chine unique». Il l’a fait savoir à son homologue chinois, Xi Jinping, lors du premier contact téléphonique entre les deux hommes, jeudi. En décembre, c’est un autre coup de téléphone qui avait provoqué l’ire de Pékin. Celui de la présidente taïwanaise au président élu Donald Trump. Tsai Ing-wen souhaitait féliciter le milliardaire pour son élection. Ce dernier s’était alors fendu d’un tweet pour rendre la conversation publique. Tandis que l’Administration Obama, à son crépuscule, s’empressait de rassurer la Chine, le président élu enfonçait le clou sur la chaîne ultra-conservatrice Fox news. Avec l’idée de faire de Taïwan une monnaie d’échange diplomatique comme une autre: «Je ne sais pas pourquoi nous devons être liés à une politique d’une Chine unique, à moins que nous passions un accord avec la Chine pour obtenir d’autres choses, y compris sur le commerce», avait asséné Donald Trump. Sauf que pour la Chine, le sujet de Taïwan se saurait être discuté. Pékin exige comme principe préalable à toute relation diplomatique et commerciale la reconnaissance de la «Chine unique». Ce principe revient à nier l’indépendance de Taipei, pourtant séparée de facto de Pékin depuis 1949 et la fin de la guerre civile chinoise, lorsque les forces nationalistes de Tchang Kai-chek se sont réfugiées sur l’île. Lorsque les États-Unis ont reconnu la République populaire, ils ont dû rompre par la même occasion leurs relations avec Taïwan. Depuis 1979, aucun président américain n’avait parlé à un dirigeant taïwanais jusqu’au coup de fil de décembre. Depuis deux mois, la Chine avait exprimé à plusieurs reprises sont mécontentement. La concession de Donald Trump ne signifie pas qu’il lâche sur tous les sujets qui fâchent face à Pékin, notamment commerciaux et militaires. Mais c’est un préalable pour en discuter. Les deux chefs d’État se sont d’ailleurs invités dans leurs pays respectifs. image : © Evan Vucci/AP Donald Trump, le 9 février.Donald Trump rentre dans le rang. Le Figaro Julien Licourtont]]>

