L’avenir du Tibet : les plans stratégiques de la Chine 2025-2049
Résumé exécutif
La stratégie de la Chine pour le Tibet jusqu’en 2049 révèle une approche globale et multidimensionnelle visant à assimiler le Tibet à l’État-nation chinois, un changement majeur par rapport au cadre d’autonomie nominale qui autorisait certaines protections dans la préservation de la langue et de la culture.
Les jeunes Chinois et Tibétains sont contraints d’apprendre une caricature simplifiée de l’histoire de la Chine, qui présente le Tibet comme faisant partie de la Chine depuis les temps anciens. Dans le cadre d’une stratégie à long terme visant à urbaniser la plupart des Tibétains, les réduisant à un simple groupe ethnique parmi d’autres se mêlant dans des municipalités où aucune nationalité ne bénéficie de droits particuliers, les Tibétains sont confrontés au déplacement et à la réinstallation dans des villages frontaliers et des immeubles d’habitation en béton. Le paysage tibétain, désormais destination de choix pour le tourisme haut de gamme et échappatoire aux pressions urbaines pour les jeunes Chinois, présente une juxtaposition déconcertante de centres commerciaux design et d’un système omniprésent de surveillance et de sécurisation totales.
Cette note d’orientation analyse les politiques de la Chine au Tibet, qui impliquent, comme aspects d’un plan cohérent, la répression impitoyable de toute critique même modérée de la politique du Parti ; l’imposition d’une campagne de « sinisation » dans l’éducation et l’intégration de la langue chinoise ; la construction d’infrastructures à grande échelle pour un double usage civil et militaire ; une expansion spectaculaire du tourisme qui augmentera avec l’achèvement de la ligne de chemin de fer Chengdu-Lhassa ; le déplacement massif de la population rurale tibétaine de ses terres, y compris le déplacement des éleveurs des zones désignées comme parcs nationaux ; la construction et la réinstallation de villages frontaliers ; les grands centres de données ; l’extraction de minéraux, y compris d’importantes réserves de lithium et de cuivre ; la construction de barrages hydroélectriques dans certaines des zones les plus instables sur le plan sismique de la planète, risquant des conséquences dangereuses en aval.
Même s’il peut y avoir des variations régionales dans la mise en œuvre, les politiques allant de la réforme de l’éducation à l’urbanisation œuvrent en faveur des années charnières de la Chine : 2035 (« modernisation socialiste ») et 2049 (« grand pays socialiste moderne »).
Principales conclusions :
- Xi Jinping a placé la sécurité nationale au-dessus de tous les autres objectifs, et le Tibet revêt une grande importance stratégique pour le Parti communiste chinois (PCC) en raison de facteurs tels que ses importantes zones frontalières, son eau, ses ressources minérales et naturelles.
- La Chine utilise une série de stratégies interconnectées, notamment la réforme de l’éducation, le dépeuplement rural, le développement du tourisme, l’extraction des ressources et l’urbanisation pour atteindre ses objectifs stratégiques au Tibet.
- D’ici 2035, le Tibet devrait être pleinement intégré en tant que fournisseur de ressources et destination touristique.
- D’ici 2049, les projections indiquent que la plupart des Tibétains seront urbanisés et leur identité culturelle sera diminuée.
- La Chine souhaite transformer le Tibet d’un « centre de coûts » en un « centre de profits » tout en résolvant le « problème tibétain » par la reconstruction de l’identité.

