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03/10/16 | 13 h 42 min

Emprisonné pour avoir exercé ses droits fondamentaux, le professeur tibétain est libéré en mauvaise santé et souffrant de déformations physiques

Jamyang Kunkhen avait été emprisonné le 22 août 2007 en lien avec des mouvements de solidarité contre la détention arbitraire d’un nomade tibétain, Ronggye Adrak. Kunkhen avait été arrêté à l’âge de 34 ans, en bonne santé. Il a été relâché le 21 août dernier, les lèvres déformées,  et souffrant de problèmes d’audition et de vue, ces derniers susceptibles d’entraîner une cécité. Durant son incarcération, il a été victime d’un AVC pour lequel il n’a reçu aucun suivi médical, et qui l’a laissé avec une déformation marquée des lèvres. Selon certaines sources, Kunkhen aurait aussi subi des passages à tabac et des séances de torture au cours de sa garde à vue. Sa condamnation avait été prononcée par le Tribunal intermédiaire du peuple de Kardze(en chinois, Ghanzi), à Dartsedo (en chinois, Kangding), capitale de la Préfecture autonome du Tibet de Kardze. En même temps que lui, deux autres Tibétains, un moine, Adruk Lopoe, neveu de Ronggye Adrak, et un nomade, Lothok, avaient été condamnés respectivement à des peines de dix et trois ans de prison par cette même cour. Tous trois avaient été reconnus coupables d’espionnage. Kunkhen et Lopoe avaient, par ailleurs,  été condamnés pour incitation au séparatisme pour avoir « écrit et diffusé des tracts sécessionnistes ». L’agence de presse d’état chinoise Xinhua avait confirmé leur inculpation, et prétendu dans un rapport que Kunkhen, Lopoe et Lothok « recevaient leurs instructions de sources extérieures », qu’ils prenaient des photos et faisaient parvenir des CD à des organisations opérant à l’étranger suite aux manifestations organisées en soutien à Ronggye Adrak. Adrak,  un nomade âgé de 52 ans, père de onze enfants, avait été arrêté après avoir manifesté seul, le 1er août 2007 au festival annuel de course de chevaux  du comté de Lithang. Suite à la mise en détention d’Adrak par les policiers du Bureau de la sécurité publique (PSB) de Lithang, des centaines de Tibétains et de nomades de Lithang et des régions avoisinantes avaient organisé des mouvements de protestations au centre de détention  du bureau de la sécurité publique. Des policiers chinois en tenue de combat avaient dispersé les manifestants à l’aide de gaz lacrymogènes et de tirs en l’air. Kunkhen avait été trouvé en possession d’une caméra  vidéo.  S’en était suivi une perquisition à son domicile par des responsables de la sécurité. Bien que Kunkhen ait été libéré, il est à craindre qu’il fasse l’objet d’une surveillance intrusive de la part du gouvernement, ce qui aurait de graves répercussions sur sa liberté de mouvement. Cela pourrait notamment l’empêcher de recevoir les soins dont il a besoin pour recouvrer la santé. Kunkhen est sous le coup de quatre ans de privation de ses droits politiques à compter du jour de sa libération. Il appartient aux autorités chinoises de veiller à ce qu’il n’y ait pas atteinte à ses droits fondamentaux à ce prétexte. Traduction France Tibet]]>