En route vers le Toit du Monde
Parcours méconnus de femmes exploratrices, touristes, artistes ou missionnaires 19 novembre 2024, Paris (Maison de la Recherche de l’Inalco) Journée d’études ouverte au public et organisée par Pascale Dollfus (ethnologue, CNRS) et Rachel Guidoni (bibliothécaire, BNF, département des Estampes et de la photographie), avec le soutien de l’IFRAE (Institut français de recherche sur l’Asie de l’est) et la SFEMT (Société française d’études du monde tibétain).
Présentation
« Il est des pays qui nous hantent, nous fascinent, nous appellent. Et quand on les a une fois visités, on ne se résigne jamais sans serrement de cœur à ne plus les revoir. Leur attrait vient tantôt de la nature qui les a parés plus généreusement, tantôt des hommes qui les habitent. » Isabelle Massieu, 1910 Dès la fin du XIXe siècle, un nouveau contexte, généré par les premiers mouvements féministes, encourage les femmes à s’affirmer hors de l’espace domestique, et promeut l’image d’une « femme nouvelle » actrice de son destin.
Aventurières, artistes, touristes, premières femmes journalistes, ethnologues de terrain ou missionnaires, elles sont nombreuses à avoir pris la route, seules ou avec leurs époux, mais les récits de leurs voyages, écrits sur le vif ou à leur retour en Europe, longtemps sous-estimés par leurs concurrents masculins, sont souvent restés dans l’ombre. Une exception parmi les femmes présentées ici et auxquelles est rendue la parole : Alexandra David-Neel, connue très tôt pour ses écrits sur le bouddhisme et ses voyages, « à pied, en mendiant, de la Chine à l’Inde à travers le Tibet », mais dont on peut s’étonner que, jusqu’à ce jour, personne ne se soit interrogé sur les détails de son long séjour à Lhasa qui est pourtant l’exploit qui l’a rendue célèbre : un mystère ici dévoilé, cent ans après son arrivée dans la capitale tibétaine.
Cette journée d’études a pour ambition d’apporter un premier coup de projecteur sur la rencontre entre femmes voyageuses occidentales et le monde tibétain. Il s’agit là de la première journée d’étude sur ce thème, qui mettra en valeur des trajectoires individuelles et des voyageuses hors normes aux œuvres restées souvent méconnues.
Programme (sous réserve de modification de l’ordre des communications) (pour chaque intervenant : 40 minutes de présentation + 20 minutes d’échanges avec le public) 19 novembre 2024, 9h30-18h
Maison de la Recherche de l’Inalco – Auditorium Dumézil
2 rue de Lille, 75007 Paris
9h30 : Accueil
9h45 : mot de bienvenue par Pascale Dollfus, organisatrice de la journée
10-11h : Aurélise BOUQUET (chercheuse indépendante) : Les artistes-voyageuses au Ladakh, 1900-1947
11h-12h : Jonathan GUYON LE BOUFFY (chercheur indépendant) : Les femmes dans la mission morave du
« Tibet occidental » (Ladakh, Spiti, Kinnaur)
12-13h30 : pause déjeuner
13h30-14h30 : Rachel GUIDONI (BnF) : Le séjour d’Alexandra David-Neel à Lhasa en 1924 : les parts
d’ombre d’un événement mondialement connu
14h30-15h30 : Pascale DOLLFUS (CNRS-LESC) : « Mon passeport, c’est mon pinceau ». Les voyages de
Léa Lafugie au Ladakh, au Spiti et au Tibet entre 1926 et 1931
15h30-16h : pause-café
16h-17h : Dolores Zoe BERTSCHINGER (Ludwig-Maximilians-Universität München, Allemagne) : Blanche
Christine Olschak (1913-1989), Journalist, Feminist, Tibetologist
17h-18h : Isabelle HENRION-DOURCY (Université Laval, Canada) : Susie Carson Rijnhart (1868-1908) : une
missionnaire canadienne indépendante parmi les Tibétains (en distanciel)
Organisatrices
Pascale DOLLFUS travaille depuis 45 ans au Ladakh et dans les régions voisines du Spiti et du Haut Kinnaur et elle s’y rend chaque année pour des séjours chez l’habitant d’une durée de trois à neuf mois. Elle a travaillé plusieurs années dans les collections du Musée de l’Homme où elle a fait sa première exposition en tant que commissaire scientifique, en collaboration avec Christine Hemmet.
Depuis, elle a continué à travailler étroitement avec plusieurs musées, notamment le musée des Confluences à Lyon et la Maison Alexandra David-Neel à Digne.
Rachel GUIDONI a une double formation en tibétain et en ethnologie, et a enseigné pendant quinze ans l’ethnologie et la géographie du Tibet à l’INALCO. Elle a travaillé dans des bibliothèques universitaires et de recherche et est devenue une documentaliste experte des fonds himalayens en France. Elle collabore actuellement avec la Maison Alexandra David-Neel de Digne pour classer et traduire leurs archives, et aussi avec l’Institut de France dont elle prépare l’inventaire du fonds tibétain.

