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03/01/16 | 20 h 12 min

« La Chine n’a pas changé, elle reste une dictature »… déclare Ursula Gauthier

UG

La correspondante de l’hebdomadaire L’Obs Ursula Gauthier, expulsée de Chine, est arrivée à Paris vendredi 1er janvier au matin. « Cela a été un mois et demi de cirque incroyable, a-t-elle déclaré à son arrivée à l’aéroport, au milieu de la nuit. Tout ça pour un article d’analyse sur une situation, un article fait par tous les autres médias dumonde. »

« On ne doit pas évincer un journaliste qui a juste fait son travail, qui a juste écrit un article, qui connaît la situation. Je suis allée sur place, j’ai fait des reportages, j’ai rencontré des spécialistes du Xinjiang [nord-ouest de la Chine], a déclaré Ursula Gauthier. Je vaiscontinuer à écrire sur la Chine. »

La veille, alors que la journaliste venait de quitter la Chine, le ministère des affaires étrangères a assuré que la France avait « multiplié les démarches, à Paris comme à Pékin », pour tenter de convaincre la Chine de renoncer à l’expulser.

Accusé d’inaction sur ce dossier, le Quai d’Orsay a précisé qu’ont été entreprises « deux démarches successives de notre ambassadeur à Pékin, trois démarches auprès de l’ambassadeur de Chine à Paris, et une déclaration de l’Union européenne à Pékin, à notre initiative », a été faite.

Publiquement, le ministère des affaires étrangères avait jusqu’ici simplement « regretté » la décision de Pékin. Jeudi, il a réitéré ces regrets et appelé les autorités chinoises « à réexaminer la demande de Mme Gauthier afin qu’elle puisse revenir exercer sa mission en Chine ». « La France rappelle son attachement au libre exercice du métier de journaliste partout dans le monde », ajoute le ministère.

« Diplomatie de paillasson »

En poste depuis six ans en Chine, Ursula Gauthier a décollé jeudi soir de l’aéroport de Pékin, en partance pour Paris. Mécontent d’un article du 18 novembre sur les Ouïgours, peuple musulman, Pékin a refusé de lui délivrer une carte de presse, sésame indispensable pourrenouveler son visa. Ursula Gauthier est la première des correspondants étrangers en Chine à faire l’objet d’une mesure d’expulsion depuis celle, en 2012, visant Melissa Chan, qui travaillait pour la chaîne de télévision Al-Jazira.

Lire aussi : Expulsion de la correspondante de L’Obs : comment Pékin contrôle l’information sur les Ouïgours

Les responsables de plusieurs médias français ont publié mercredi une tribune dénonçant l’expulsion de la journaliste et la faiblesse de la réaction de la France, accusée de mener une « diplomatie de paillasson » :

« C’est l’une des rares journalistes en poste à Pékin à se rendre régulièrement dans les régions tibétaines et au Xinjiang, où les autorités chinoises sont confrontées à des mouvements de protestation récurrents qui sont invariablement réprimés. La presse officielle chinoise en souffle rarement mot, tandis que tout est fait pour dissuader les médias étrangers de se rendre sur place pour rendre compte de la situation. (…) Personne ne sait vraiment ce qui se passe non plus dans la région autonome du Tibet, car les reporters ne peuvent y exercer librement leur métier, en particulier depuis de sanglantes émeutes survenues en 2008. Tout indique qu’en raison, entre autres, de son intérêt soutenu pour les régions du Tibet et du Xinjiang, Ursula Gauthier figurait sur une sorte de liste noire de journalistes devenus indésirables, et dont il fallait se débarrasser. »

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2015/12/31/paris-assure-avoir-multiplie-les-demarches-pour-eviter-que-pekin-n-expulse-une-journaliste-de-l-obs_4840486_3216.html#4JOpJ0jIo4gloOrZ.99

Chine: Ursula Gauthier, la journaliste de l’OBS, rentren France

La correspondante en Chine de l’hebdomadaire français L’Obs, Ursula Gauthier, expulsée de facto du pays suite à un article ayant déplu aux autorités chinoises, était aujourd’hui à l’aéroport de Pékin, en partance pour Paris.  Mme Gauthier doit sortir du territoire chinois au plus tard le 31 décembre, les autorités locales ayant décidé que la journaliste n’obtiendrait pas le renouvellement de son visa, l’accusant d’avoir « défendu de manière flagrante » des actes terroristes dans un article, et d’avoir ainsi « provoqué l’indignation du peuple chinois ».

« Depuis un mois et demi, je n’ai pas réussi à établir un dialogue avec la Chine, c’est kafkaïen », a-t-elle déploré depuis son appartement. La correspondante, en poste à Pékin depuis six ans, s’est déclaré « fatiguée » avant, visiblement émue, de charger ses nombreuses valises dans la voiture d’une amie et de partir en direction de l’aéroport international de Pékin, où l’attendaient deux diplomates français chargés de l’assister.
Mme Gauthier devait prendre un vol direct d’Air France en direction de l’aéroport Charles-de-Gaulle de Paris, où elle devrait atterrir vendredi à 05H00 heure française (04H00 GMT).
Le ministère chinois des Affaires étrangères avait informé vendredi Ursula Gauthier que, faute d' »excuses publiques » de sa part, elle n’obtiendrait pas de nouvelle carte de presse, sésame indispensable aux journalistes étrangers afin de renouveler leur visa.

Dans son article publié le 18 novembre dernier sur le site internet de L’Obs, Ursula Gauthier écrivait notamment que l’attaque meurtrière visant des employés d’une mine dans la région troublée du Xinjiang (nord-ouest) « ne ressemble en rien aux attentats du 13 novembre » à Paris, mais était « une explosion de rage localisée » de Ouïghours musulmans, nombreux dans la région, et dont certains se plaignent de la tutelle de Pékin.

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