Mais, que nenni, les us et coutumes et autres terminologies d’harmonisation des dénominations, la Chine qui ne reconnait pas le Tibet, et d’ailleurs, au vu des pressions qu’elle exerce sur les chancelleries des pays du reste du monde qu’elle considére comme des dépendances, semble chaque jour un peu plus méconnaitre quelque autre pays que ce soit sur la planète et le temps n’est pas loin où il nous faudra, à notre tour, tous autant que nous sommes, être harmonisés – Il en va ainsi de la diplomatie à la chinoise – la Chine poursuit sa politique proprement ahurissante de destruction systématique de la culture tibétaine et de tout ce qui peut lui paraître, un tant soit peu, frappé, quand bien même en insoupçonnable filigrane, du sceau de cette culture.
Et ne trouvent grâce à leurs yeux que l’enduit d’imitation tibétaine, dont ils recouvrent et ornementent tous leurs complexes d’industrieuses moissonneuses à yuans, dont ils truffent peu à peu le pays qu’ils occupent.
L’écrivain tibétain et professeur Gangkye Drupa Kyab a été, à nouveau, arrêté le 17 septembre, soit un jour après sa sortie de prison. Il avait été incarcéré pendant plus de quatre ans et demi pour s’être tout simplement un peu laissé aller à exercer son droit à la liberté d’expression et de … pensée.
Son ami, Samdup, libéré le 19 août, après avoir purgé plus de quatre ans, a également été arrêté le 18 septembre.
Les deux jeunes Tibétains Gangkye Drupa Kyab et Samdup ont été arrêtés à Serthar (Ch : Seda), et conduits au Centre de Détention du Comté de Kardze (Ch : Ganzi), Préfecture autonome tibétaine (TAP), dans la province du Sichuan.
Les sources tibétaines en exil ont rapporté que Gangkye Drupa Kyab avait été condamné à purger une détention de 15 jours. Il a été averti qu’il serait remis en prison s’il n’adoptait pas la ligne politique officielle ou ne veillait pas à apporter des améliorations – qu’on imagine conséquentes – à sa position politique. Invité, le 17 septembre, à se présenter au Bureau de sécurité publique du Comté, il n’est plus réapparu.
Comme rapporté précédemment par le T.C.H.R.D. – Tibetan Center for Human Rights and Democracy – Gangkye Drupa Kyab a été libéré le 16 septembre de la prison de Rangakha Minyak, après y avoir purgé quatre ans et sept mois de sa peine de cinq ans.
Pour célébrer sa libération, les membres de la famille et les autres villageois ont organisé une grande cérémonie où l’écrivain et professeur bien connu fut accueilli en héros à Ragtam, dans le canton de Serthar (Ch: Seda).
Des photos de lui, – Gangkye Drupa Kyab – brandissant un portrait du Chef spirituel tibétain absolument honni, Sa Sainteté le Dalaï-Lama – actuellement en visite dans les pays de la communauté européenne – ont été retrouvés, plus tard, circulant sur les médias sociaux.
Alors qu’au Sichuan, sévit la grande chasse aux photographies de Sa Sainteté le Dalaï-lama, que les autorités chinoises comparent à l’ancien Raïs Irakien.
« Accrocher son portrait à la vue des Chinois, c’est comme accrocher le portrait de Saddam Hussein à la vue des Américains », a avancé cet expert, Lian Xiangmin, du Centre de recherches en tibétologie de Chine, basé à Pékin.
Portrait de Sa Sainteté au Sichuan
« Les habitants sont plutôt invités à accrocher des portraits des dirigeants passés et actuels du pays » a indiqué le responsable régional de la propagande, en allusion à Mao Tsé-toung et tous ses honorables successeurs.
Le Centre Tibétain pour les Droits de l’Homme et la Démocratie (TCHRD) craint que les deux Tibétains, Gangkye Drupa Kyab et Samdup ne soient illégalement détenus, sous le prétexte que leur soient dispensés un enseignement d’ « éducation juridique », un doux euphémisme populaire pour » classe de lavage de cerveau « , au cours de laquelle classe à enseignement intensif et continu, les défenseurs des droits de l’homme et les apôtres de critiques des politiques officielles soient soumis à toutes sortes de tortures et, physiques, et psychologiques afin de les briser, de briser leurs esprits et de les forcer à suivre officiellement les instructions du Gouvernement chinois.
Au fil des ans, les activistes et militants chinois des droits de l’homme et des experts juridiques ont pu noter un recours systématique de la puissance occupante à l’utilisation flagrante et généralisée de 15 jours de « détention administrative » pour faire taire les militants et étouffer les critiques.
En fait d’éducation juridique, ce sont les pires tortures qui sont au programme de ces soi-disant « centres d’éducation juridique » et auxquelles sont soumis les détenus et dont ils sont victimes.
Sous la direction du président Xi Jinping, le gouvernement de la République Populaire de Chine a fait, en décembre 2013, un grand show spectaculaire, avec force démonstration et bruit, de l’abolition de la redoutée et redoutable » Rééducation par le Système du Travail » (R.T.L.) .
Mais à l’échelle internationale, de nombreux États, ONG et organisations internationales, y compris les Nations Unies ont dénoncé et abondamment critiqué les camps de rééducations (R.T.L.) pour violation du droit international des droits de l’homme.
Sur le plan intérieur, les juristes chinois ont critiqué le système R.T.L, le dénonçant comme illégal, en vertu et au regard même de la Constitution de la République Populaire de Chine, et, en 2012, 87% des citoyens chinois prirent fait et cause pour l’abolition du système de rééducation, RTL.
Le système R.T.L. a permis de conférer à la police des pouvoirs discrétionnaires qui lui permettent de détenir des personnes sur des périodes allant jusqu’à quatre ans, sans aucune procédure juridique légale. La détention de 15 jours de Gangkye Drupa Kyab et Samdup est juste une autre forme de détention arbitraire qui s’apparente au système de rééducation RTL, mais autrement nommé.
Le T.C.H.R.D. condamne fermement la détention illégale de Gangkye Drupa Kyab et Samdup et demande leur libération immédiate et inconditionnelle. Leur détention est juste une autre tactique, une pratique employée par les autorités chinoises pour répandre la peur et provoquer l’intimidation au sein de la communauté tibétaine dans son ensemble.
Les autorités chinoises doivent se rendre compte que l’utilisation de la force comme un outil pour assurer la stabilité est à courte vue et non durable, et ne fait que prolonger le cycle de la répression et de la résistance.
Le TCHRD a précédemment rapporté que l’arrestation arbitraire de Gangkye Drupa Kyab, Samdup, Sheygyal, Drensel et Yudrang était consécutive à une prétendue appartenance des cinq Tibétains incriminés à l’association » Marshog Ngogol Tsogpa « (Association Anti-Parti communiste).
Comme quoi, si besoin était, il semble que la rééducation à la Han ne parvienne guère à atténuer, et les volontés, et l’expression comme l’organisation de revendications multiples et très diversifiées de la population tibétaine.
Il y a trois ans, le 1er août 2013, le Nyagchu (Ch: Yajiang) la Cour populaire du Comté, avait condamné Gangkye Drupa Kyab à cinq ans et six mois, Samdup à cinq ans, Sheygyal etYudrang à deux ans chacune, et Drensel à trois ans.
Samdup au sortir de son incarcération
Samdup, 35 ans, fils de M. et Mme Soegyal Chede du village Gonchok dans le Comté de Serthar, avait été arrêté le 13 juin 2012, après avoir organisé une manifestation contre le Gouvernement chinois. Il avait crié des slogans et émis des protestations, jeté des tracts aux empreintes du drapeau national tibétain interdit qu’il avait lancé, tout en gesticulant, depuis le toit d’un bâtiment de restaurant dans la ville du Comté. Il avait été arrêté par la police locale et emmené au Dartsedo (Ch: Kangding), Centre de Détention où il a été enfermé pendant plus d’un an.
Une de ses proches, qui vit en Inde a récemment partagé avec T.C.H.R.D une esquisse – plutôt trés explicite – faite par Samdup, alors en prison.
Gangkye Drupa Kyab a publié essais et poèmes, a contribué à diverses revues, livres et sites Web. Certains de ses écrits traitent des questions actuelles auxquelles sont confrontées les Tibétains au Tibet. Un essai intitulé « Sur l’Urbanisation et les Tibétains » dépeint les problèmes rencontrés par les Tibétains dans les villes.
Dans les poèmes tels que « L’âme dans la neige », « The Call of Fate », « Les Couleurs du Temps », « La douleur de l’époque » et « Larmes sur le passé », il a exprimé les souffrances et les aspirations du peuple tibétain au Tibet occupé.
Aujourd’hui 27 septembre, c’est donc le 29ème anniversaire de la protestation indépendantiste de 1987 qui a embrasé Lhassa, la capitale du Tibet-occupé et a duré pendant plusieurs semaines.
C’était la première grande manifestation depuis le soulèvement de 1959.
Et la gloire resplendit sur toutes nos larmes
» Ils ne vieilliront pas comme nous, qui sommes restés, vieillirons : L’âge ne les usera pas, ni même le poids des années. Au coucher du soleil et le matin, Nous nous souviendrons d’eux. «
Sur la photo : 20 à 30 moines du monastère de Drepung font plusieurs fois le tour du Jokhang en arborant des drapeaux tibétains faits maison (dont la possession est interdite) et en criant des slogans. Ils seront rejoints par 150 à 200 autres personnes peu aprés. merci à Te Nam For the Fallen Laurence Binyon Le Club est l’espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n’engagent pas la rédaction.]]>

