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03/07/26 | 21 h 15 min par Campagne internationale pour le Tibet

GENÈVE / « La nouvelle loi chinoise sur l’« unité ethnique » : « Une menace pour les droits de l’homme et la survie culturelle »

Lors d’un événement parallèle à la session actuelle du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à Genève, des experts ont vivement critiqué la nouvelle loi chinoise sur « l’unité ethnique ». Leur conclusion unanime était que cette loi ne vise pas l’unité ethnique, mais l’anéantissement des groupes ethniques.

Même après son adoption le 12 mars, la Campagne internationale pour le Tibet (ICT) a mis en garde contre les conséquences de la loi chinoise . Le directeur exécutif de l’ICT, Kai Müller, l’a condamnée comme une atteinte massive aux droits culturels de la population tibétaine. Il a déclaré qu’une fois entrée en vigueur le 1er juillet, elle « consolidera et accélérera » la politique d’assimilation forcée du Parti communiste, notamment au Tibet.

Table ronde très suivie

L’événement du 26 juin avait pour thème « La nouvelle loi chinoise sur l’« unité ethnique » : une menace pour les droits de l’homme et la survie culturelle ». L’organisateur principal était la Fondation d’Helsinki pour les droits de l’homme, avec le Service international pour les droits de l’homme (ISHR) comme co-organisateur de l’événement parallèle.

 

Kai Müller, directeur général d’ICT, Bhuchung K. Tsering, responsable de l’unité de recherche et de veille d’ICT aux États-Unis, et Thinlay Chukki, représentant du dalaï-lama à Genève (de gauche à droite). (Photo : ICT)

 

Raphael Viana David, également de l’ISHR, a animé la table ronde qui a connu un vif succès. Parmi la cinquantaine de participants figuraient, fait encourageant, des représentants d’une quinzaine de pays.

« Légaliser l’effacement de l’identité tibétaine »

Thinlay Chukki, représentante du dalaï-lama à Genève, a critiqué la nouvelle loi chinoise, la qualifiant de « légalisation de l’effacement de l’identité tibétaine ». Elle a affirmé qu’elle consoliderait et intensifierait davantage les politiques déjà rigides et répressives du Parti communiste chinois au Tibet. Selon elle, la politique de Pékin vise à saper des éléments essentiels de la société tibétaine, notamment la religion, la langue et le mode de vie.

Bhuchung K. Tsering a également participé à la table ronde au nom de la Fondation Helsinki pour les droits de l’homme. M. Tsering dirige l’unité de recherche et de suivi du bureau de l’ICT à Washington. Selon lui, la nouvelle loi marque une rupture formelle avec le traitement préférentiel, certes de façade, que l’État chinois accordait auparavant aux minorités.

« Leurs citoyens sont touchés par cela. »

Tsering s’est adressé directement aux représentants des États présents dans la salle. Il a fait valoir que, puisque la loi criminalise les opinions dissidentes même en dehors de la République populaire de Chine, elle porte atteinte à la souveraineté des autres États. « Vos citoyens sont touchés par cette loi », a-t-il souligné.

 

Kai Müller, directeur général d’ICT, Bhuchung K. Tsering, responsable de l’unité de recherche et de suivi d’ICT aux États-Unis, Thinlay Chukki, représentant du dalaï-lama à Genève, et Raphael Viana David (ISHR/Modérateur) (de gauche à droite). (Photo : ICT)

 

Zumretay Arkin, vice-présidente du Congrès mondial ouïghour (CMO), est intervenue par le biais d’un message vidéo préenregistré. Elle a exposé les conséquences que cette loi aurait pour les Ouïghours vivant au Turkestan oriental (Xinjiang). Mme Arkin a exhorté les États à accorder la priorité à l’examen prochain de la situation en Chine par le Comité des droits de l’enfant des Nations Unies.

Par ailleurs, compte tenu de la nouvelle loi, elle a demandé une mise à jour urgente et un suivi du rapport 2022 du HCDH sur le Turkestan oriental. Enfin, Mme Arkin a souligné la nécessité d’une analyse plus approfondie par le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme.

Des critiques ont également été formulées par le Parlement européen et des experts de l’ONU.

Le 30 avril, le Parlement européen s’est également prononcé sur la nouvelle loi chinoise. Dans une résolution, les députés ont appelé Pékin à abroger cette loi. Ils ont averti que son application aurait de « graves conséquences » sur les relations entre l’UE et la Chine.

Les députés européens condamnent également son application extraterritoriale et appellent l’UE et ses États membres à protéger les personnes menacées de répression transfrontalière. Concernant le Tibet, le texte réaffirme le rejet par le Parlement de l’ingérence de la Chine dans la succession du dalaï-lama.

 

Kai Müller, directeur général d’ICT, et Bhuchung K. Tsering devant le siège du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à Genève. (Photo : ICT)

 

Auparavant, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme et un groupe d’ experts indépendants des Nations Unies en matière de droits de l’homme avaient déjà exprimé leurs inquiétudes concernant cette loi.

* Image du haut : Zumretay Arkin, vice-président du Congrès mondial ouïghour (CMO), apparaît à l’écran par liaison vidéo. Ci-dessous (de gauche à droite) : Kai Müller, directeur général d’ICT ; Bhuchung K. Tsering, responsable de l’unité de recherche et de suivi d’ICT aux États-Unis ; et Thinlay Chukki, représentant du dalaï-lama à Genève.