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14/06/26 | 11 h 01 min par Ugen-Tenzing NOUBPA

Hommage à Lhasang Tsering-la (1952-2026) : À mes ami-es qui ont connu Lhasang Tsering-la,

Saying ‘No’ to His Holiness the Dalai Lama - Tibetan Review

À mes ami-es qui ont connu Lhasang Tsering-la, et avec mes plus sincères pensées de condoléances à sa famille,
Hommage à Lhasang Tsering (1952-2026)
(VERSION ANGLAISE CI-DESSOUS)
Le décès de Lhasang Tsering marque la disparition d’une génération. Il faisait partie de ces Tibétains qui avaient connu directement les premières décennies de l’exil et consacré leur vie à la cause du Tibet et du Peuple Tibétain. Chaque disparition emporte avec elle une part de la mémoire collective des Tibétains engagés.
Dans les années 1980, je travaillais dans une discrétion presque totale. Cette discrétion m’assurait une certaine liberté d’action ainsi qu’une forme de sécurité. J’évitais autant que possible que mes activités deviennent publiques. Pour réaliser toutes ces activités, j’ai bénéficié du soutien financier, sans compter, d’un ami, grand chef d’entreprise français, avec qui j’avais alors, et avec qui j’ai toujours aujourd’hui, une relation quasi fraternelle. Je ne le remercierai jamais assez pour sa confiance, sa générosité et son amitié fidèle. Merci à lui. Après le Printemps de Pékin, j’ai notamment organisé à Paris une rencontre entre plusieurs responsables de la dissidence démocratique chinoise et le Tibetan Youth Congress, représenté par Lhasang Tsering, alors président du TYC, et Tashi Phuntsok, son secrétaire général. J’ai également contribué à l’organisation des visites de Sa Sainteté le Dalaï-Lama en France.
Avec le temps, je réalise que les récits publics retiennent souvent celles et ceux qui prennent la parole, signent les déclarations ou apparaissent sur les photographies. Ils oublient parfois celles et ceux qui ont travaillé dans l’ombre pour rendre ces rencontres possibles.
Je ne défends pas seulement une idée du Tibet.
Je défends aussi une mémoire vivante.
La mémoire d’une époque où personne n’avait honte de nommer le Tibet par son nom, où le Tibet était simplement le Tibet, et où le droit d’un peuple à exister n’était pas encore quelque chose qu’il fallait sans cesse justifier.
Aujourd’hui, j’allume une lampe à beurre en sa mémoire et je lui dédie des prières de bardo pour son voyage.
Merci, Lhasang-la.
Comme pour moi, pour celles et ceux qui croient en la réincarnation, ce n’est pas un adieu, mais simplement UN AU-REVOIR.
Humblement,
Ugen-Tenzing Noubpa
To my friends who knew Lhasang Tsering-la, and with my deepest condolences to his family,
Tribute to Lhasang Tsering (1952–2026)
The passing of Lhasang Tsering marks the passing of a generation. He belonged to those Tibetans who had directly experienced the first decades of exile and dedicated their lives to the cause of Tibet. With each such loss, a part of the collective memory of committed Tibetans disappears as well.
During the 1980s, I worked in almost complete discretion. That discretion gave me a certain freedom of action, as well as a measure of security. Whenever possible, I avoided making my activities public. To carry out all these activities, I benefited from the unwavering financial support of a close friend, a prominent French business leader, with whom I had then, and still have today, a relationship that is almost brotherly. I can never thank him enough for his trust, generosity, and faithful friendship. My heartfelt thanks go to him. After the Beijing Spring, I notably organized in Paris a meeting between several leaders of the Chinese democratic dissident movement and the Tibetan Youth Congress, represented by Lhasang Tsering, then President of the TYC, and Tashi Phuntsok, its General Secretary. I also contributed to organizing the visits of His Holiness the Dalai Lama to France.
With time, I have come to realize that public narratives often remember those who speak, sign declarations, or appear in photographs. They sometimes forget those who worked behind the scenes to make such encounters possible.
I do not defend only an idea of Tibet.
I also defend a living memory.
The memory of a time when no one was ashamed to call Tibet by its name, when Tibet was simply Tibet, and when a people’s right to exist was not yet something that had to be constantly justified.
Today, I light a butter lamp in his memory and dedicate bardo prayers for his journey.
Thank you, Lhasang-la.
As for me, and for those who believe in reincarnation, this is not a farewell, but simply UNTIL WE MEET AGAIN.
Humbly,
Ugen-Tenzing Noubpa