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04/01/16 | 10 h 04 min par Ellecram Xuor

PEKIN / HONG KONG : Nuages noirs sur la liberté d’expression…

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L’expulsion de la journaliste française Ursula Gauthier ainsi que  des disparitions inquiétantes d’éditeurs et de libraires à Hong Kong, car « politiquement incorrects  »  aux yeux de Pékin, posent-elles la question de la limitation progressive des libertés par la Chine. 

Successivement, depuis cette fin d’année 2015, en Chine et à Hong Kong, plusieurs événements sans lien apparents semble-t-il, interpellent les observateurs et les défenseurs  des droits de l’homme, particulièrement en ce qui concerne la liberté d’expression.

 Mi novembre, Ursula Gauthier mécontente gravement Pékin  ; les autorités chinoises lui refusent donc le renouvellement de son accrédition, au prétexte de n’avoir pas accédé aux volontés du Ministre chinois des Affaires Etrangères, en somme faire son auto-critique publique, suite à l’article produit lors des émeutes au Xinjiang où la journaliste s’était rendue.

 Or pas d’accrédition officielle … pas de visa pour travailler en deçà de la Grande Muraille tout autant qu’au delà : le  Tibet, aussi bien que l’ ex-Turkestan-Oriental ou la Mongolie chinoise…

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 Ursula Gauthier, elle même, voit dans cette décision des signes avant-coureurs d’une période sombre pour les journalistes en poste en Chine et pour la liberté d’expression.

  Même inquiétude à Hong Kong, cette fois en direction de l’ édition  et de la diffusion d’ouvrages critiques à l’ égard du parti communiste chinois : les disparitions inopinées de plusieurs libraires inquiètent  dans cette région dont la semi-autonomie date de 1997 : une poignée de citoyens vient d’oser une manifestation*.

Dernière disparition en date : ce dernier mercredi Lee Bo, responsable d’une maison d’édition de Hong Kong  et celle de cinq de ses collègues depuis quelques semaines.

 A ce sujet, citons Les Echos :

 » Plusieurs libraires de Hong Kong, connus pour vendre des critiques sur le Parti communiste chinois, ont disparu.

L’affaire va-t-elle enflammer les relations avec Pékin ? La police de Hong Kong enquête sur la disparition de Lee Bo, 65 ans, un des responsables de la librairie « Causeway Bay Books » connue pour vendre des livres critiques sur le parti communiste chinois, selon le « South China Morning post ». L’affaire fait grand bruit dans l’île, et a même provoqué des manifestations ce week-end, car la disparition suit de quelques semaines celles de quatre autres personnes en lien avec la librairie ou avec « Mighty Current », la maison d’édition qui la possède.

La femme de Lee Bo a déclaré la disparition de son mari le 1er janvier mais a déclaré que son mari l’a appelé par la suite depuis Shenzhen, la grande ville du continent en face de Hong-Kong, lui indiquant qu’il « aidait à une enquête ». Toujours selon le « SCMP », elle a trouvé étrange qu’il s’exprime en mandarin standard et non pas en cantonais (la langue parlée à Hong Kong).

Gui Minhai, le propriétaire de « Mighty Current », a également disparu alors qu’il passait des vacances en Thaïlande. Les trois autres cas de disparition ont été signalés après avoir chacun visité le continent séparément. La police de Hong Kong a déclaré avoir pris contact avec son homologue pour savoir si Lee Bo était détenu par ses services mais attend la réponse. »

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/monde/asie-pacifique/021593554678-cette-nuit-en-asie-tres-mauvais-demarrage-pour-les-bourses-asiatiques-1189241.php?EKegryqkDOwtaW3x.99

Les ONG expriment leurs inquiétudes

Parmi les quatre autres personnes disparues à l’automne, figurait Gui Minhai, copropriétaire suédois de la maison d’édition Mighty Current qui, selon des médias hongkongais, n’est pas rentré chez lui depuis un voyage en Thaïlande en octobre.

Le directeur général de Mighty Current, Lui Bo, un employé, Cheung Jiping et un gérant de librairie, Lam Wing-Kei, auraient de leur côté disparu en octobre dans le sud de la Chine.

Des organisations de défense des droits de l’homme ont exprimé leur inquiétude après ces disparitions, Human Rights Watch dénonçant « un effort concerté des autorités de Chine continentale pour empêcher certains livres politiques de passer de Hong Kong en Chine ».

* Manifestation à Hong Kong contre la disparition de plusieurs libraires.

consultez la video

http://www.rts.ch/info/monde/7380743-manifestation-a-hong-kong-contre-la-disparition-de-plusieurs-libraires.html

Chine: disparition mystérieuse d’un libraire à Hong Kong

mediaLes touristes chinois venus du continent peuvent trouver dans les librairies de Hong Kong des ouvrages censurés chez eux (Photo d’illustration).AFP PHOTO / Philippe Lopez

A Hong Kong, un employé spécialisé dans la vente et l’édition d’ouvrages critiques du gouvernement chinois n’a pas donné signe de vie depuis mercredi 30 décembre. Sa disparition intervient un mois et demi après celle de quatre de ses collègues, mi-novembre. Selon sa famille, il pourrait s’agir de représailles des autorités chinoises.

Avec notre correspondante à PékinDelphine Sureau

La librairie Causeway Bay édite et vend des livres politiques, hostiles au régime communiste. Et elle est très populaire chez les touristes du continent, qui viennent y trouver des ouvrages censurés chez eux.

Lee Bo, responsable de la branche édition de la librairie, n’est pas rentré chez lui mercredi soir. L’un de ses collègues assure l’avoir vu partir avec un inconnu. Son épouse dit avoir reçu un dernier coup de fil vers 22h le même jour. L’appel provenait d’un numéro chinois enregistré à Shenzhen, de l’autre côté de la frontière.

Les proches de Lee Bo, 65 ans, y voient la marque d’agents de Pékin, qui s’introduirait en territoire hongkongais pour mener des opérations punitives. L’éditeur pourrait être détenu sur le continent, à l’image de quatre de ses collègues dont on est sans nouvelle depuis la mi-novembre.

Depuis sa rétrocession à la Chine en 1997, Hong Kong a conservé sa liberté d’expression et sert de refuge à de nombreux dissidents. Mais Pékin a amorcé une reprise en main. L’an dernier, l’éditeur d’un livre explosif sur le président Xi Jinping, a été condamné à dix ans de prison en Chine pour contrebande. Une affaire montée de toute pièce, assurent ses proches.

http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20160102-chine-disparition-mysterieuse-libraire-hong-kong