Successivement, depuis cette fin d’année 2015, en Chine et à Hong Kong, plusieurs événements sans lien apparents semble-t-il, interpellent les observateurs et les défenseurs des droits de l’homme, particulièrement en ce qui concerne la liberté d’expression.
Mi novembre, Ursula Gauthier mécontente gravement Pékin ; les autorités chinoises lui refusent donc le renouvellement de son accrédition, au prétexte de n’avoir pas accédé aux volontés du Ministre chinois des Affaires Etrangères, en somme faire son auto-critique publique, suite à l’article produit lors des émeutes au Xinjiang où la journaliste s’était rendue.
Or pas d’accrédition officielle … pas de visa pour travailler en deçà de la Grande Muraille tout autant qu’au delà : le Tibet, aussi bien que l’ ex-Turkestan-Oriental ou la Mongolie chinoise…
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Ursula Gauthier, elle même, voit dans cette décision des signes avant-coureurs d’une période sombre pour les journalistes en poste en Chine et pour la liberté d’expression.
Même inquiétude à Hong Kong, cette fois en direction de l’ édition et de la diffusion d’ouvrages critiques à l’ égard du parti communiste chinois : les disparitions inopinées de plusieurs libraires inquiètent dans cette région dont la semi-autonomie date de 1997 : une poignée de citoyens vient d’oser une manifestation*.
Dernière disparition en date : ce dernier mercredi Lee Bo, responsable d’une maison d’édition de Hong Kong et celle de cinq de ses collègues depuis quelques semaines.
A ce sujet, citons Les Echos :
» Plusieurs libraires de Hong Kong, connus pour vendre des critiques sur le Parti communiste chinois, ont disparu.
L’affaire va-t-elle enflammer les relations avec Pékin ? La police de Hong Kong enquête sur la disparition de Lee Bo, 65 ans, un des responsables de la librairie « Causeway Bay Books » connue pour vendre des livres critiques sur le parti communiste chinois, selon le « South China Morning post ». L’affaire fait grand bruit dans l’île, et a même provoqué des manifestations ce week-end, car la disparition suit de quelques semaines celles de quatre autres personnes en lien avec la librairie ou avec « Mighty Current », la maison d’édition qui la possède.
La femme de Lee Bo a déclaré la disparition de son mari le 1er janvier mais a déclaré que son mari l’a appelé par la suite depuis Shenzhen, la grande ville du continent en face de Hong-Kong, lui indiquant qu’il « aidait à une enquête ». Toujours selon le « SCMP », elle a trouvé étrange qu’il s’exprime en mandarin standard et non pas en cantonais (la langue parlée à Hong Kong).
Gui Minhai, le propriétaire de « Mighty Current », a également disparu alors qu’il passait des vacances en Thaïlande. Les trois autres cas de disparition ont été signalés après avoir chacun visité le continent séparément. La police de Hong Kong a déclaré avoir pris contact avec son homologue pour savoir si Lee Bo était détenu par ses services mais attend la réponse. »
En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/monde/asie-pacifique/021593554678-cette-nuit-en-asie-tres-mauvais-demarrage-pour-les-bourses-asiatiques-1189241.php?EKegryqkDOwtaW3x.99
Les ONG expriment leurs inquiétudes
Parmi les quatre autres personnes disparues à l’automne, figurait Gui Minhai, copropriétaire suédois de la maison d’édition Mighty Current qui, selon des médias hongkongais, n’est pas rentré chez lui depuis un voyage en Thaïlande en octobre.
Le directeur général de Mighty Current, Lui Bo, un employé, Cheung Jiping et un gérant de librairie, Lam Wing-Kei, auraient de leur côté disparu en octobre dans le sud de la Chine.
Des organisations de défense des droits de l’homme ont exprimé leur inquiétude après ces disparitions, Human Rights Watch dénonçant « un effort concerté des autorités de Chine continentale pour empêcher certains livres politiques de passer de Hong Kong en Chine ».
* Manifestation à Hong Kong contre la disparition de plusieurs libraires.
consultez la video
http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20160102-chine-disparition-mysterieuse-libraire-hong-kong