Chine: disparition mystérieuse d’un libraire à Hong Kong
Les touristes chinois venus du continent peuvent trouver dans les librairies de Hong Kong des ouvrages censurés chez eux (Photo d’illustration).AFP PHOTO / Philippe Lopez
L’expulsion de la journaliste française Ursula Gauthier ainsi que des disparitions inquiétantes d’éditeurs et de libraires à Hong Kong, car « politiquement incorrects » aux yeux de Pékin, posent-elles la question de la limitation progressive des libertés par la Chine.
Successivement, depuis cette fin d’année 2015, en Chine et à Hong Kong, plusieurs événements sans lien apparents semble-t-il, interpellent les observateurs et les défenseurs des droits de l’homme, particulièrement en ce qui concerne la liberté d’expression.
Mi novembre, Ursula Gauthier mécontente gravement Pékin ; les autorités chinoises lui refusent donc le renouvellement de son accrédition, au prétexte de n’avoir pas accédé aux volontés du Ministre chinois des Affaires Etrangères, en somme faire son auto-critique publique, suite à l’article produit lors des émeutes au Xinjiang où la journaliste s’était rendue.
Or pas d’accrédition officielle … pas de visa pour travailler en deçà de la Grande Muraille tout autant qu’au delà : le Tibet, aussi bien que l’ ex-Turkestan-Oriental ou la Mongolie chinoise…
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Ursula Gauthier, elle même, voit dans cette décision des signes avant-coureurs d’une période sombre pour les journalistes en poste en Chine et pour la liberté d’expression.
Même inquiétude à Hong Kong, cette fois en direction de l’ édition et de la diffusion d’ouvrages critiques à l’ égard du parti communiste chinois : les disparitions inopinées de plusieurs libraires inquiètent dans cette région dont la semi-autonomie date de 1997 : une poignée de citoyens vient d’oser une manifestation*.
Dernière disparition en date : ce dernier mercredi Lee Bo, responsable d’une maison d’édition de Hong Kong et celle de cinq de ses collègues depuis quelques semaines.
A ce sujet, citons Les Echos :
» Plusieurs libraires de Hong Kong, connus pour vendre des critiques sur le Parti communiste chinois, ont disparu.
L’affaire va-t-elle enflammer les relations avec Pékin ? La police de Hong Kong enquête sur la disparition de Lee Bo, 65 ans, un des responsables de la librairie « Causeway Bay Books » connue pour vendre des livres critiques sur le parti communiste chinois, selon le « South China Morning post ». L’affaire fait grand bruit dans l’île, et a même provoqué des manifestations ce week-end, car la disparition suit de quelques semaines celles de quatre autres personnes en lien avec la librairie ou avec « Mighty Current », la maison d’édition qui la possède. La femme de Lee Bo a déclaré la disparition de son mari le 1er janvier mais a déclaré que son mari l’a appelé par la suite depuis Shenzhen, la grande ville du continent en face de Hong-Kong, lui indiquant qu’il « aidait à une enquête ». Toujours selon le « SCMP », elle a trouvé étrange qu’il s’exprime en mandarin standard et non pas en cantonais (la langue parlée à Hong Kong). Gui Minhai, le propriétaire de « Mighty Current », a également disparu alors qu’il passait des vacances en Thaïlande. Les trois autres cas de disparition ont été signalés après avoir chacun visité le continent séparément. La police de Hong Kong a déclaré avoir pris contact avec son homologue pour savoir si Lee Bo était détenu par ses services mais attend la réponse. »