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17/07/25 | 11 h 09 min par Entrevue

INDE / TIBET : Depuis 1950, la colonisation chinoise du Tibet est toujours d’actualité comme la colonisation française de l’Algérie à la même date avec la Conférence de Bandung de 1955…

La Chine qualifie la succession du Dalaï Lama de « pierre d’achoppement » dans ses relations avec l’Inde

La Chine qualifie la succession du Dalaï Lama de « pierre d’achoppement » dans ses relations avec l’Inde

La Chine a déclaré que la question de la succession du Dalaï Lama restait une « épine » dans ses relations bilatérales avec l’Inde, accentuant les tensions diplomatiques autour du futur chef spirituel du bouddhisme tibétain. Cette déclaration a été faite par l’ambassade de Chine en Inde, alors que les deux pays tentent de relancer un dialogue bilatéral, au moment où le ministre indien des Affaires étrangères effectue une rare visite à Pékin, la plus importante depuis cinq ans.

Dans un communiqué, l’ambassade a rappelé que la succession du Dalaï Lama était, selon Pékin, « une affaire purement interne à la Chine », affirmant qu’aucune ingérence étrangère ne serait tolérée dans ce processus. Cette déclaration intervient une semaine après les célébrations du 90e anniversaire du 14e Dalaï Lama à Dharamsala, dans le nord de l’Inde, où il vit en exil depuis plus de six décennies.

Pour les autorités chinoises, l’enjeu est stratégique. Elles considèrent que le prochain Dalaï Lama doit être désigné selon leurs propres mécanismes, via notamment l’usage contesté de la « boîte d’or », un procédé ancien permettant au Parti communiste de valider un choix religieux. Le gouvernement indien, quant à lui, ne s’est pas officiellement prononcé, mais l’accueil réservé au Dalaï Lama sur son sol reste un point sensible dans les relations sino-indiennes.

La question tibétaine, toujours non résolue, alimente depuis longtemps les frictions entre les deux géants asiatiques, en particulier depuis les affrontements militaires de 2020 dans la région frontalière du Ladakh. Pékin reproche régulièrement à New Delhi d’abriter ce qu’elle considère comme un mouvement séparatiste dirigé par le Dalaï Lama et son gouvernement en exil.

Le chef spirituel tibétain a quant à lui toujours affirmé qu’il déciderait lui-même des modalités de sa succession, en précisant que celle-ci pourrait se dérouler en dehors du Tibet ou même ne pas avoir lieu du tout si les circonstances ne le permettaient pas. Cette position est jugée inacceptable par Pékin, qui entend exercer un contrôle total sur le processus, afin d’éviter l’émergence d’une autorité religieuse indépendante en dehors de sa sphère d’influence.

Alors que les discussions diplomatiques reprennent timidement entre l’Inde et la Chine, cette divergence profonde risque de compliquer davantage les efforts de normalisation. Pour Pékin, toute reconnaissance implicite ou explicite du Dalaï Lama par New Delhi constitue une atteinte à sa souveraineté. Pour l’Inde, qui doit gérer à la fois ses intérêts stratégiques et les sensibilités religieuses de sa population, la marge de manœuvre reste étroite.