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21/07/26 | 7 h 15 min par Zheng Liqin

La bataille pour les morts en Chine : des villageois du Guangdong s’opposent à un projet de crématorium et s’affrontent avec la police

Des manifestants lancent des pierres sur la police dans la ville de Shuikou.

La bataille pour les morts en Chine : des villageois du Guangdong s’opposent à un projet de crématorium et s’affrontent avec la police

 

Les habitants de la ville de Shuikou manifestent depuis plusieurs jours face au déploiement des forces anti-émeutes et au renforcement du contrôle par les autorités. C’est un nouvel épisode dans le conflit qui oppose les habitants des campagnes chinoises aux populations autochtones.

 

Du 17 au 19 mars 2026, des centaines d’habitants de Shuikou , dans la ville de Xinyi (province du Guangdong) ont manifesté pendant trois jours après avoir appris que les autorités locales prévoyaient de construire un crématorium près de leur village . Ce projet, s’inscrivant dans le cadre de la réforme funéraire menée en Chine, a suscité une vive indignation au sein de cette communauté où les pratiques funéraires traditionnelles sont essentielles à l’identité culturelle. Les villageois ont exigé l’abandon du projet, arguant que l’installation violerait les coutumes ancestrales, nuirait à l’environnement et alourdirait le fardeau financier de familles déjà confrontées à l’augmentation des coûts funéraires.

Pour les communautés rurales Han, l’inhumation est plus qu’une coutume ; c’est un devoir spirituel profondément ancré, lié à l’honneur de la famille et à la pérennité des lignées. La croyance que le corps doit rester intact et être enterré dans la terre ancestrale est essentielle au respect des défunts et au maintien de l’harmonie entre les vivants et leurs ancêtres. La crémation, surtout lorsqu’elle est imposée par l’État, est perçue comme une violation qui rompt ce lien sacré.

La foule fait face à la police.
La foule fait face à la police.

Les campagnes gouvernementales en faveur de la crémation ont été plus ou moins bien acceptées dans les grandes villes, mais rencontrent une forte résistance dans les campagnes. En imposant la crémation et en implantant des crématoriums à proximité des villages sans consentement, les autorités sont perçues comme violant non seulement les traditions, mais aussi les fondements religieux et moraux de la vie rurale.

Les manifestations ont rapidement dégénéré. À deux reprises, des affrontements ont éclaté entre les villageois et la police, cette dernière tentant de disperser les manifestants. Des vidéos diffusées en ligne avant la censure montraient des habitants lançant des pierres tandis que la police avançait, munie de boucliers et de matraques. Des témoins ont rapporté que plusieurs villageois avaient été blessés lors de ces affrontements, mais le nombre exact reste incertain. Malgré ces troubles, les autorités ont poursuivi les préparatifs de construction, exacerbant le ressentiment de la population locale.

La police attaque les manifestants.
La police attaque les manifestants.

Dans les jours qui suivirent, le gouvernement réagit en déployant un important dispositif de sécurité. Des unités spéciales de police furent envoyées dans les villages et des points de contrôle furent établis aux principaux carrefours, notamment sur la route menant au crématorium. Les véhicules étaient arrêtés et contrôlés, et des habitants signalèrent que la rue Renmin, devant la mairie de Xinyi, restait bloquée par la police. La tension monta à Shuikou, les forces de l’ordre surveillant les rues et les déplacements, instaurant un climat d’intimidation afin de prévenir toute nouvelle manifestation.

Pourtant, le 25 mars, les villageois se sont de nouveau rassemblés pour protester, refusant de se laisser réduire au silence. Leur manifestation a été une fois de plus violemment réprimée, et le projet de crématorium semble désormais presque assuré d’être mené à bien. Néanmoins, la détermination des habitants de Shuikou a mis en lumière une lutte plus vaste qui se déroule dans toute la Chine rurale.

Nouvelles manifestations et arrestations le 25 mars.
Nouvelles manifestations et arrestations le 25 mars.

Les événements de Xinyi font écho à des incidents antérieurs, notamment la confrontation largement médiatisée de 2025 dans le village de Mushan, au Guizhou , où les habitants ont résisté avec succès aux tentatives d’exhumation et de crémation d’un villageois récemment décédé. Auparavant, comme le rapportait le Taipei Times , « en 2016, des personnes âgées d’Anqing, ville de la province d’Anhui , se seraient suicidées pour être enterrées avant l’entrée en vigueur d’une nouvelle loi imposant la crémation. Une campagne menée en 2018 contre les inhumations dans la province du Jiangxi a suscité l’indignation, y compris dans les médias d’État, après la diffusion de vidéos montrant des responsables détruisant des cercueils. »

Même si les villageois de Shuikou ne parviennent pas à faire fermer le crématorium, leur détermination révèle une vérité que la censure chinoise s’efforce de dissimuler. Malgré d’énormes pressions, des citoyens ordinaires continuent de défendre leurs foyers, leurs coutumes et leur dignité.

 

https://www.visiontimes.com/2026/03/19/mass-protests-erupt-in-guangdong-as-residents-clash-with-police-over-crematorium-project.html

 

https://www.instagram.com/reel/Da_6WiQOri4/?igsh=MW52eDZqcWZ3NjZidw%3D%3D

 

 

Guangdong Xinyi villagers storm city hall over plans to build a large funeral home near their residential area
byu/shenzhendasha inADVChina