« C’est une immense honte » : Ouïghours, Tibétains, les minorités opprimées par Pékin dénoncent aussi l’installation de Shein au BHV
La Chine assume de vouloir effacer la culture tibétaine, révèle Human Rights Watch
Dans son dernier rapport, l’ONG Human Rights Watch démontre comment la Chine met en œuvre la disparition de la langue tibétaine, 76 ans après avoir envahi le Tibet.
L’effacement de la culture tibétaine serait-il pleinement assumé par l’administration chinoise ? C’est en tout cas ce qui ressort du rapport que publie, mardi 5 mai, l’ONG Human Rights Watch(Nouvelle fenêtre). Cela passe ainsi par la mise en place d’un « plan d’harmonisation« , lancé dans le pays en 2021 et renforcé ces derniers mois par une nouvelle loi sur « la promotion de l’unité de la Chine », 76 ans après avoir envahi le Tibet.
Les chercheurs de l’ONG se sont intéressés à l’enseignement de la langue chinoise dans les écoles maternelles au Tibet. Il en ressort que Pékin poursuit sa politique d’effacement de la culture du pays du Dalaï-Lama et que, pour mener à bien son projet, les autorités chinoises utilisent les jeunes enfants.
« Des enfants qui, à l’arrivée, vont perdre leur langue »
Dès les premières années d’écoles, les enfants tibétains sont incités à gommer leur langue maternelle au profil du chinois. Pire, pour s’assurer que la langue chinoise entre bien dans les foyers, ils sont incités à l’apprendre à leurs parents. « Les autorités encouragent les enfants à faire des vidéos d’eux-mêmes enseignant à leurs parents le chinois, ou leur demandant de répéter des phrases en chinois et cela chez eux, puis de publier en leurs vidéos« , explique Maya Wang chercheuse pour l’ONG Human Rights Watch.
« Dans les écoles maternelles, les autorités organisent des initiatives appelées ‘grandes mains’ qui tiennent des petites mains. Cela vise à faire passer la langue chinoise de l’école à la maison. Mais vous savez, on comprend bien le danger que représente ce type d’éducation des enfants qui, à l’arrivée, vont perdre leur langue, leur culture ou encore leur religion« , poursuit-elle.
Une répression valable « aussi pour les Ouïghours »
L’oppression chinoise s’immisce donc au cœur des familles tibétaines. Nul besoin de témoignage de dissidents pour le savoir, puisque l’administration chinoise se trahit toute seule, alerte Maya Wang : « Nos recherches s’appuient sur les publications de toutes sortes envoyées par les autorités chinoises elles-mêmes. Je pense aux documents et directives qui décrivent involontairement ces programmes d’assimilations des régions tibétaines ».
« Les textes officiels expliquent comment les autorités locales doivent inciter les parents ou les grands-parents tibétains récalcitrants à envoyer quand même leurs jeunes enfants dans ces écoles maternelles chinoises »
Maya Wang, de Human Rights Watchà franceinfo
« Les textes encouragent les fonctionnaires à faire pression sur eux par exemple en leur rendant visite régulièrement, ajoute-t-elle. Mais nous nous sommes appuyés aussi pour faire notre rapport sur des entretiens avec des personnes, dont des universitaires ayant une expertise ou des compétences en langue tibétaine, et qui confirment ces informations après avoir voyagé au Tibet. » Maya Wang précise que « cette sorte de répression est valable pour les Tibétains mais aussi pour les Ouighours« .
Human Rights Watch rappelle par ailleurs que le droit international oblige la Chine à dispenser un enseignement en langue tibétaine et qu’elle doit aussi respecter la convention relative aux droits de l’enfant.

/2026/05/04/69f9122a83354091959210.jpg)
