La Chine demande aux ambassades occidentales à Pékin de retirer les panneaux politiques : Sources
PÉKIN : Les autorités de la capitale chinoise ont demandé cette semaine à plusieurs ambassades occidentales de retirer les panneaux politiques de leurs murs extérieurs, ont indiqué à l’AFP des sources diplomatiques à Pékin.
Plusieurs ambassades occidentales à Pékin arborent des drapeaux ukrainiens en solidarité avec la lutte du pays contre l’invasion russe, certaines accompagnées de messages de soutien en anglais et en chinois.
Cependant, des sources de plusieurs missions européennes ont déclaré à l’AFP avoir reçu cette semaine une notification des autorités chinoises leur demandant de retirer ces panneaux politiques.
Tous ont dit qu’ils refuseraient la demande et qu’ils ne changeraient pas leurs politiques.
Un responsable d’une ambassade européenne a confirmé la demande, affirmant qu’elle était presque certainement liée à l’affichage proéminent d’un drapeau ukrainien par plusieurs missions.
Cependant, un responsable d’une autre ambassade européenne a déclaré qu’il n’était pas clair si la demande était liée à l’Ukraine ou à la Journée internationale contre l’homophobie, la biphobie et la transphobie.
Certaines ambassades étrangères à Pékin ont hissé des drapeaux de fierté en reconnaissance de la campagne, qui sera célébrée mercredi, pour sensibiliser aux violations des droits des LGBT dans le monde.
Le responsable a déclaré qu’ils « adhèrent strictement aux conventions de Vienne. Il n’y a donc aucune raison pour nous de réagir à cette note ou de modifier notre politique d’affichage ».
Interrogé mercredi sur des informations parues à l’origine dans l’agence de presse japonaise Kyodo, Pékin a insisté sur le fait que les ambassades étrangères « ont l’obligation de respecter les lois et réglementations chinoises ».
« La Chine appelle les ambassades de tous les pays en Chine (…) à s’acquitter de leurs fonctions conformément à la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques ou aux accords internationaux pertinents », a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Wang Wenbin.
La convention, tout en soulignant que les émissaires ont le devoir de « ne pas s’immiscer dans les affaires intérieures » de leur pays hôte, n’interdit pas explicitement d’afficher des affiches politiques sur les murs extérieurs des ambassades.
La Chine a cherché à se présenter comme un acteur neutre dans la guerre de la Russie en Ukraine, appelant à un « règlement politique » de la crise.
Mais les récents commentaires de l’ambassadeur de Chine en France remettant en cause la souveraineté des anciens États soviétiques jettent un doute supplémentaire sur sa neutralité.
Un document de position de Pékin sur la fin du conflit a également rencontré le scepticisme des États-Unis et de l’OTAN.
Des rapports locaux de Pékin ont révélé mercredi que le gouvernement chinois avait adressé un avis à plusieurs ambassades étrangères à Pékin leur demandant de retirer la « propagande politisée » de leurs bâtiments, apparemment une référence aux drapeaux ukrainiens que de nombreuses missions ont affichés à l’extérieur depuis la Russie. invasion.
Selon l’agence de presse japonaise Kyodo News, les pancartes indiquant « Stand With Ukraine » en chinois ainsi que le drapeau ukrainien ont été affichés publiquement dans les ambassades du Canada, de Pologne et d’Allemagne en solidarité avec la lutte du pays contre l’invasion russe.
Le mémorandum, consulté par l’agence, indique que le gouvernement chinois a demandé aux missions étrangères « de ne pas utiliser les murs extérieurs de leurs bâtiments à des fins de propagande politique ». Il a ajouté que la décision avait été prise en vue « d’éviter de provoquer des conflits entre les États ». Le document a été envoyé par le ministère chinois des Affaires étrangères le 10 mai, la semaine dernière. Il prétendait que les ambassades étrangères en Chine sont tenues d’adhérer au « lois et règlements ». Cependant, rien n’indiquait que la Chine envisagerait l’immunité diplomatique, établie en vertu de la Convention de Vienne de 1961 sur les relations diplomatiques.
Bien que l’avis ne mentionne pas les drapeaux ukrainiens ni ce qui équivalait à des affichages de « propagande », l’AFP citant plusieurs missions européennes a également confirmé qu’un tel avis avait été envoyé aux responsables. Quatre diplomates basés à Pékin, s’adressant à Reuters sous couvert d’anonymat, ont déclaré que cela était clairement lié aux manifestations de solidarité avec l’Ukraine.
Cela survient alors que les ambassades étrangères à Pékin auraient également levé des drapeaux de fierté en reconnaissance de la campagne qui a été marquée mercredi avant le mois de la fierté en juin pour sensibiliser aux violations des droits des LGBTQ+ dans le monde.
Cette décision a déclenché une réaction violente de la part des diplomates d’Europe et d’autres régions, dont aucun n’aurait enlevé les panneaux.
Un diplomate européen a fait remarquer qu’il n’y avait aucune justification raisonnable à la demande et a déclaré que son ambassade ne se conformerait pas. Pour l’instant, aucun des panneaux n’a été retiré.
Malgré la pression des États-Unis et de leurs alliés pour s’aligner sur l’Occident en s’opposant à la Russie, le gouvernement de Pékin a maintenu sa position et a appelé à une résolution pacifique des hostilités accrues depuis février 2022.
Interrogé sur l’avis, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Wang Wenbin, lors de son point de presse quotidien, a déclaré mercredi que les ambassades de pays étrangers et les bureaux d’organisations internationales en Chine ont l' »obligation » de respecter les « lois et règlements » de Pékin.
Il a ajouté : « La Chine appelle les ambassades de tous les pays en Chine… à s’acquitter de leurs fonctions conformément à la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques ou aux accords internationaux pertinents », a déclaré Wang, sans plus de détails.
Notamment, la convention n’énumère aucune interdiction d’afficher des affiches politiques sur les murs extérieurs des ambassades.