Dharamshala, 27 août : Alors que le Gouvernement tibétain en exil tente de rétablir le dialogue avec Pékin, cette déclaration représente un coup porté à leurs efforts : « la Voie du Milieu proposée par la clique du Dalaï-lama » ne sera jamais acceptée.
« Le Gouvernement Central n’a jamais accepté et n’acceptera jamais la solution de la Voie du Milieu au problème tibétain, » a fait savoir le Département du Front Uni du Travail (UFWD) du Comité central du parti communiste chinois – CPC – en conclusion du 6ème forum sur le Tibet qui vient de se dérouler les 24 et 25 août à Pékin.
Le Département du Front Uni du Travail indique sur son site internet que la principale intention de la Voie du Milieu est de séparer la Chine et que les représentants du Dalaï-lama refusent d’accepter l’idée de souveraineté de la Chine sur le Tibet. Le UFWD accuse également le lauréat du prix Nobel de la Paix de 1989 de « vouloir s’emparer du pouvoir et de mettre en place un régime politique semi-indépendant. »
La branche du Gouvernement central qui s’occupe des relations avec les Chinois d’outre-mer a organisé 9 séries de pourparlers avec le Gouvernement tibétain entre 2002 et 2010.
Le leader tibétain qui a délégué son pouvoir politique à un Gouvernement élu maintient que l’approche de la Voie du Milieu – politique officielle de l’administration centrale tibétaine (CTA) – vise à obtenir une véritable autonomie pour le peuple tibétain sous l’autorité du gouvernement chinois.
Le leader tibétain en exil reste très attaché à son engagement de non-violence et de la Voie du Milieu et croit fermement que la seule façon de résoudre le problème tibétain est le dialogue. « Le leader tibétain considère le fond comme étant la question principale et le procédé secondaire, c’est pourquoi il est prêt à s’engager dans un dialogue significatif, n’importe où et n’importe quand, »
annonçait le CTA en 2012.
De nombreux gouvernements, y compris les USA, ont publiquement encouragé l’approche de la Voie du Milieu et pressé la Chine d’accepter de négocier une solution mutuelle à la question tibétaine.
Les derniers pourparlers entre les représentants du Dalaï-lama et le UFWD se sont tenus en janvier 2010. Depuis, les Chinois ont refusé de rencontrer la délégation tibétaine. Le processus de dialogue a échoué avec les représentants du Dalaï-lama. En 2012, ces derniers, résignés, ont déclaré que de grandes différences existaient toujours sur « les questions fondamentales ».
Pendant ce temps, le président chinois Xi Jinping a appelé les officiels communistes au Tibet à « prendre fermement l’initiative » dans la lutte contre les « forces séparatistes » en exil, un terme souvent utilisé par la propagande chinoise pour parler des Tibétains en exil, « jurant de réprimer toutes les activités visant à séparer le pays et à détruire la stabilité sociale. »
Lors du 6ème forum sur le Tibet, Xi a demandé à ces officiels au Tibet de promouvoir « le patriotisme parmi le cercle des bouddhistes tibétains et de gérer efficacement les monastères en encourageant l’interprétation des doctrines religieuses « compatibles avec une société socialiste ».
Traduction France Tibet
